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 Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD

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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 28 Juil - 23:36

Je caresse délicatement la tête de Moon tandis que la voix de Flash s'élève, résonnant entre les immeubles qui bordent la petite rue :

- Je... euh... c'était aussi de ma faute Kate. Je suis... désolée.

Je relève la tête et croise son regard bleu brillant. J'esquisse un léger sourire, sans cesser de câliner Moon qui, ravie, laisse pendre sa langue en remuant vivement la queue. D'une petite voix, Flash ajoute :

- On rentre ?

J'acquiesce en silence. Moon répète d'une voix triste :

- Rentrer... Rentrer à la maison... Elle me manque, Kate... La maison de papa...
- La nature est notre maison, à présent, je réponds doucement.
- Oui... Et bientôt, on...


Elle s'interrompt soudain, apercevant quelque chose qui la fait rester gueule bée. Étonnée, je suis son regard, qui pointe vers la lune. Pleine, toute ronde, ballon de lumière qui flotte parmi les nuages assombris du ciel nocturne. Nimbée d'une vive lueur rougeâtre. Mes yeux s'écarquillent de stupéfaction. Moon souffle, aussi surprise que moi :

- La Lune Rouge ! C'est... ce soir ?! Ce soir... Pakteilu se tient cette nuit, en ce moment-même !
- J'avais complètement oublié que c'était ce soir...
- Quelles seront les nouvelles, à ton avis ?
- Aucune idée. J'espère qu'elles seront bonnes.
- Moi aussi. On le saura bientôt !


Je hoche la tête d'un air songeur, puis, détournant notre regard de la lune auréolée de rouge-orangé, nous suivons Flash jusque chez elle. Le peu de chemin qui nous reste à faire est relativement silencieux. Cette fois-ci, Moon ne rechigne pas du tout pour monter les marches menant à l'appartement, excitée par la pleine lune et la perspective de Pakteilu. Nous entrons, soulagées que cette fois, personne ne nous attende à l'intérieur. La pénombre fraîche de l'appartement nous entoure agréablement. En guise de dîner, Moon et moi engloutissons quelques baies, j'en glisse d'ailleurs quelques unes à Flash, et Moon profite de l'eau courante pour boire jusqu'à plus soif. Puis nous nous couchons. Comme la veille, je retire mes chaussures, ma veste et mon pantalon, et je m'allonge sur le canapé, Moon étalée sur moi, le museau enfoui dans mon cou. Je souhaite bonne nuit à Flash, puis à Moon qui me le retourne mentalement, et nous fermons les yeux.

Je rêve. Derrière mes paupières closes apparaissent des images successives aux couleurs incertaines, teintées du sépia des vieilles photos jaunies. Je vois des scènes de moi bébé avec mes parents, des scènes qui étaient tapies au plus profond de ma mémoire. A moins qu'il ne s'agisse que de fantasmes et que rien n'ait été réel... Mais certaines images sont vraies, j'en suis persuadée, je le sens.
Je vois le visage de ma mère, son timide sourire à fossettes, ses longs cheveux ébouriffés et ses yeux pétillants. Je vois également mon père, ses grandes mains douces, son sourire éclatant et son regard rieur. Je les vois me porter, me sourire tendrement. Je n'entends pas leurs paroles ; je ne capte qu'un joyeux gazouillis. Je vois ma mère, assise à un grand piano, mon père à son côté, qui chante. Des oiseaux les écoutent attentivement depuis l'arbre du jardin ; certains, plus intrépides, s'aventurent à l'intérieur pour mieux entendre leur belle harmonie. Je revois plusieurs scènes. Leur bonheur... Notre bonheur est indéniable.
Puis, d'un coup, tout s'assombrit. La maison est soudainement plongée dans l'obscurité. La porte d'entrée, ouverte et battante, révèle un ciel furieux de tempête. Mais l'orage, bien visible, reste parfaitement silencieux. Le seul son qui perce le calme endeuillé de la bâtisse sont les pleurs d'un bébé.
Puis soudain, le décor change. De la maison vide et triste, j'arrive au pied d'une petite colline piquée de pins rendue jaunâtre par le rêve trouble. Au sommet, un bâtiment en briques, d'où s'élèvent des voix indistinctes d'enfants. L'orphelinat. Je ne veux pas y retourner, même en rêve. Mais celui-ci ne me laisse pas le choix et je me retrouve bientôt à l'intérieur. Je revois ces longs corridors entrecoupés de portes que j'ai si souvent arpentés. Et soudain, c'est comme si mon rêve décidait de me laisser le contrôle, m'abandonnant devant un couloir infini où défilent les portes fermées. Je tends la main sur la première poignée qui m'arrive, et derrière je me vois. Âgée d'environ 5 ans, seule, accroupie au pied du saule de l'orphelinat. Quelques rires et murmures me parviennent. J'ouvre une seconde porte. Là je me vois plus âgée, 8 ans environ, montrant mon bras couvert d'hématomes à un groupe d'adultes qui m'écarte négligemment. Troisième porte, je les vois eux. Et là, je dois avouer que mon inconscient me connaît bien. Il aurait pu les représenter sous forme de démons grimaçants ou de bêtes velues avec des griffes, mais il a préféré les laisser normaux, et accentuer simplement leurs sourires. Les rendant encore plus pervers et cruels. Encore plus terrifiants, à mes yeux. Je referme la porte à la volée dans un accès de rage, puis tout s'enchaîne. Les images défilent à l'insu de ma volonté. Je revois tout, une fois de plus, mais cette fois, tous mes sens sont mobilisés par cet affreux rêve qui tourne lentement au cauchemar.
L'odorat. Je sens une douce odeur de nourriture qui s'échappe des cuisines, la senteur du saule au printemps, les effluves fraîches et pures portées par le vent. L'odeur de la poussière, celle moite de la sueur. L'odeur âcre du sang, qui m'emplit les narines. Puis l'odeur épouvantable et suffocante de la chair brûlée.
Le goût. La saveur doucereuse des litchis que j'avais un jour volés dans les cuisines, le goût tendre et moelleux du pain chaud. Puis le goût du sang. Qui m'envahit le palais et me donne envie de vomir.
La vue. Je revois chaque détail. Un pissenlit couvert de rosée, une feuille tachée de mille nuances de vert, un flocon de neige. Une toile d'araignée, une vieille chaise grinçante et la noirceur inattendue d'un cagibi. Des éclats de verre. Des jets de sang. Des visages hilares qui me fixent. Des flammes rougeoyantes, qui m'aveuglent.
Le toucher. La caresse de l'herbe neuve, la douce froideur de la jeune neige. Et les douleurs. Les coups, les entailles. Et toutes les autres...
Et l'ouïe. J'entends de nouveau la cloche annonçant le dîner, les grillons qui bruissaient dans l'herbe haute. Et les voix. Les moqueries, les insultes. Les cris. Tous les cris.
Tout se mélange, s'entremêle, s'enchaîne si vite... Soudain, j'entends deux sons. Si mêlés mais si étrangement distincts. Un claquement, comme un fouet qui se tendrait avant de frapper, et un petit clic, comme un briquet qu'on allumerait. Je suffoque, ma vue se brouille et la douleur déferle à nouveau dans mon corps, aussi vive qu'autrefois. Je hurle. A m'en perforer les poumons.
J'ouvre brusquement les yeux tandis que mon cri meurt dans ma gorge sèche. Affolée, le visage trempé de sueur et de larmes, je regarde vivement autour de moi. A travers le voile trouble qui recouvre mes yeux, je reconnais avec soulagement la pénombre presque familière de l'appartement de Flash. Je halète, je hoquète. La boule de chagrin et de peur tapie dans mon estomac est en train d'éclater. Le passé me rattrape, moi qui ne voulais que le fuir. J'aperçois... non, je sens en esprit que Moon est réveillée, elle aussi. Mon hurlement l'a réveillée en sursaut. D'ailleurs j'ai fort probablement réveillé Flash aussi. Je m'excuse brièvement auprès de Moon, mais elle ne m'en veut pas, elle aussi faisait un cauchemar et aurait fini par se réveiller de la même façon. Je sais que nos regards sont hantés par la même noirceur, et Moon halète beaucoup aussi, mais elle c'est pour évacuer la sueur. Je sens peu à peu son esprit se clarifier, tandis que le mien est toujours tourmenté. Moon va déjà mieux, alors que les larmes qui couvrent mes joues continuent de couler tel un flot instoppable. Bientôt, des fragments de rêve reviennent me narguer. Les voix aussi. Les cris résonnent à nouveau dans mes oreilles et envahissent mon esprit. Moon tente de les éloigner, mais sans succès ; les cris semblent la repousser. Elle me regarde et pousse un petit gémissement d'encouragement. Je sens que les sombres pensées et les cauchemars ont déjà déserté son esprit. Elle a toujours été la plus forte de nous deux.
Soudain, les échos des hurlements se font de plus en plus sonores. De plus en plus insoutenables. Je plaque violemment mes mains sur mes oreilles, dans une tentative désespérée pour faire taire les voix qui me harcèlent et me rendent folle. Je sens la présence de Flash, réveillée comme je m'en doutais, mais je l'ignore. Je hurle d'un ton hystérique, les yeux fous, les mains toujours appuyées sur les oreilles et les larmes coulant toujours à flot :

- LES VOIX !!! FAIS-LES TAIRE !!! FAIS-LES TAIRE, PAR PITIÉ !!!

Je ne sais à qui je m'adresse. A Moon, à Flash ou à moi-même, peu importe. Si tous ces cris, si toutes ces voix ne s'arrêtent pas bientôt, je deviendrai probablement folle. Soudain, je m'aperçois d'une chose. Si ce sont bien des cris, ce ne sont pas des voix. Ce n'en est qu'une. Une voix, une seule, pour des milliers de cris. La mienne.
Je m'effondre en avant sur le canapé, aux pattes de Moon, recroquevillée la tête entre les mains, en sanglotant misérablement :

- Fais-les taire... Fais que ça s'arrête...

Moon me regarde d'un air désespéré, incapable de me soulager. Elle jette un regard implorant à Flash et pousse un gémissement déchirant.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 15:04


Nous rentrons toutes les trois. Aussi silencieuses que la nuit. La lune est ronde avec des reflets rouges. Moon et Kate lui jette des coups d'œil, comme envoûtée par cette apparition spectrale. Je sais que la lune à un impact sur tout surtout chez les canidés mais à voir l'expression de Kate je songe qu'elle aussi est reliée à la lune d'une manière ou d'une autre. Je me tais, évitant les réflexions douteuses après l'épisode de cet après-midi. Lorsque nous arrivons enfin dans la fraîcheur de mon appartement nous mangeons. Essentiellement des baies. Kate m'en donne d'ailleurs quelques unes et je lui sourie en retour. Moon bu jusqu'à plus soif et me fit même rire. Nous nous couchons et nous laissons aller dans les bras de Morphée.

Je dors d'un sommeil agité, remuant dans tous les sens jusqu'à ce que je l'entende crier. Kate hurle de terreur et me fait faire un bon. Les draps s'envolent et je la vois se raidir sur le canapé malgré l'obscurité. Moon aussi est réveillée j'entends les deux respirations saccadées de mes invités. Je fronce les sourcils, quelque chose d'anormal. J'allai me rendormir pendant qu'elle avait fait un banal cauchemar quand je sens que les respirations irrégulières ne s'arrêtent pas. Je me lève. Je ne porte que mes sous-vêtements alors je chope mon débardeur au passage et l'enfile vite fait.

Quelques rayons de lumière filtrent, réfléchissant les larmes de Kate. Elle a les mains plaqué sur ses oreilles. Comme si un démon lui torturait la tête. Ses yeux exorbités confirment tout ça. Elle crie alors :

- LES VOIX !!! FAIS LES TAIRE !!! FAIS LES TAIRE, PAR PITIÉ !!!!

Il me faut deux secondes pour savoir que c'est plus qu'un mauvais rêve. Je me précipite dans ma salle de bain chercher une bassine et je la remplie d'eau glacée. Je chope un linge au passage que je mets dedans. Je sais ce que Kate a : son passé revient la torturer. Il me l'a déjà fait et je sais maintenant désormais plus ou moins gérer ces crises. Enfin ça dépend quelle partie remonte. Celle du parc... elle n'a toujours pas été digéré. En tous cas c'est pas de moi qu'il est question mais de Kate. Depuis qu'on s'est rencontrées hier soir, elles n'ont fait que m'aider, à moi de lui rendre la pareille. Le temps que je revienne Kate est tombée en avant, sur les pattes de Moon, elle supplie :

- Fais les taire... Fais que ça s'arrête...

J'ai envie de lui rétorquer « j'peux pas aller plus vite que la musique » mais ce n'est pas le moment. Moon me dévisage alors, comme si j'allai pouvoir faire quelque chose et gémi de douleur. Comme si elle était liée à Kate... en tous cas je compte bien l'aider !

J'allume la lumière sur la table à côté du canapé. Sa faible lumière jaunâtre est soudain rassurante par rapport aux violents raids de lumières blancs fantomatiques qui infiltrés la pièce auparavant. Je pose brusquement la bassine au sol et un peu du liquide se répand sur le sol. Je cours ouvrir une fenêtre laissant entrer de l'air frais dans la pièce soudain étouffante. J'attrape le linge trempé dans la bassine tandis que je pousse doucement Moon pour prendre sa place. Je redresse Kate sur le canapé et plaque le linge sur son front. Je m'accroupis, étant un tout petit peu plus bas que Kate. Je grince des dents, ce n'est pas facile à vivre ces situations alors j'espère pouvoir l'aider comme il faut. Je remets le linge dans l'eau pour lui procurer un peu plus de fraîcheur. Des gouttelettes d'eau se mélangent maintenant à la sueur de Kate et je parle alors. Doucement, rassurante de ma grave si caractéristique :

-Eh eh... c'est fini Kate. Il y a longtemps qu'elles se sont tues ces voix. Elles n'ont plus le droit de te tourmenter d'accord ? Ne les écoutent plus, tu n'es plus dans ton enfer.

Je la sens encore tendue alors je retrempe le linge dans la bassine pour lui remettre sur le front et tamponner des joues. Tout ce que je veux c'est être rassurante. C'est une personne comme ça qui me manque par moment... je n'y songe plus et replante mon regard dans celui perdu de Kate.

-Où que tu étais ses voix ne te trouveront plus. Tu n'as aucuns ennemis ici, O.K ? J'y veillerai... alors cesse de regarder le passé. Ça va aller maintenant. Tu veux que je t'apporte quelque chose à boire ?

Je me mords tout de même la lèvre. C'est en partie de ma faute si elle a fait un cauchemar. Je ne pensais pas qu'il prendrait d'aussi grandes proportions... je lui sourie et attends patiemment ses ordres. Je jette un coup d'œil à Moon qui est un peu moins paniquée maintenant et lui caresse sa tête. C'est une brave chienne, comme sa maîtresse. Elle va réussir à vaincre ses peurs j'en suis certaine !
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 15:05

Les larmes coulent sur mes joues tandis que dans mon esprit les hurlements se déchaînent. Je sanglote misérablement sur le canapé, tandis que Moon, près de moi, pousse des petits gémissements. L’atmosphère semble soudain se rafraîchir, et les bruits extérieurs s’accentuent. Mais je ne les entends, ils sont trop faibles pour être noyés sous le volume bien trop élevé des cris qui me perforent le crâne. Soudain, je sens que Moon s’éloigne un peu, et c’est Flash qui prend sa place sur le canapé. Elle m’agrippe par les épaules et me redresse. Je ne résiste pas ; je n’en ai ni la force, ni l’envie. Elle me plaque un chiffon froid et humide sur le front. La fraîcheur est agréable, mais les hurlements, bien qu’un peu atténués, ne cessent pas pour autant. La voix de Flash me parvient, douce mais lointaine ; je ne capte pas tout, mais je devine qu’elle veut m’aider. Je tente de retenir le flot de larmes de mon mieux, pour lui montrer, je ne sais pas, que je comprends ses intentions. Je sens le linge maintenant tiède se retirer de mon front, puis revenir plus frais. Mon esprit se clarifie un peu, et si les cris continuent de plus belle, lorsque Flash parle, je l’entends plus clairement :

- Où que tu étais, ces voix ne te trouveront plus. Tu n’as aucun ennemi ici, OK ? J’y veillerai… alors cesse de regarder le passé. Ça va aller maintenant. Tu veux que je t’apporte quelque chose à boire ?

Les paroles mettent quelques secondes à me percuter. Je secoue alors négativement la tête. Parce que je sais, au fond de moi, que ces cris, ces souvenirs, ne me quitteront jamais. Et aussi parce que je n’ai pas soif. Les cris s’accentuent à nouveau ; la douleur qui m’arrache la tête fait trembler mes mains. Je tente vainement de les repousser, et Moon décide de prendre les choses en m… pattes. Elle pousse soudainement un aboiement puissant et sonore, qui résonne dans le petit appartement. Je sursaute, et la surprise fait s’évanouir les cris quelques instants. Moon en profite. Elle plonge son regard dans mes yeux tandis que son esprit envahit le mien comme une furieuse coulée de miel chaud. Elle repousse brutalement quelques cris, et m’envoie mentalement une seule chose. Sa respiration. Calme et profonde, elle couvre les hurlements de douleur. Je reconnais cette façon de faire. Nous utilisons souvent ce petit procédé pour apaiser l’esprit de l’autre. Alors je m’applique à le réaliser. Prenant exemple sur son souffle, je tente de le recopier. Peu à peu, ma respiration hoquetante se fait plus profonde et lente. Les hurlements, comme endormis, semble s’apaiser et s’évaporer doucement. Moon me renvoie d’une voix douce en écho les paroles de Flash :

- C’est fini, ça va aller maintenant.

Les cris se taisent. Ce silence, cette paix, c’est… merveilleux. Je retire prudemment les mains de mes oreilles et constate que les cris se sont bel et bien tus. Présents, toujours en moi, mais silencieux, tels l’orage de mon rêve. Je me tasse un peu plus dans le canapé, ferme les yeux et souffle d’une voix rauque :

- Merci… J’espère… Qu’il durera… ce silence…

Moon, toute heureuse, m’envoie toute son énergie positive en esprit, et j’ai l’impression de recevoir en plein visage une boule de poils électrifiée. Boule de poils qui bondit sur le canapé malgré le manque de place pour me lécher abondamment le visage. Je tente de protester à voix haute, sans vraiment de conviction :

- Moon, arrête ! Je suis suffisamment trempée comme ça !
- D’accord ! lance-t-elle joyeusement. Je me trouverai une autre victime à noyer sous mes léchouilles !

Victime qui se trouve être Flash. Bondissant de nouveau, Moon s’écroule sur Flash et la couvre de coups de langue. Enfin, disons plutôt qu’elle la couvre de remerciements baveux. La scène est tellement ridicule, tellement comique, que je ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 15:08

Kate secoue la tête, donc pas de verre d’eau. Cependant je suis toujours inquiète car elles donnent l’impression de toujours entendre les voix. Je me mords la lèvre inférieure. Qu’est-ce que je peux faire ? C’est alors que Moon réagi. Elle se met à aboyer très fort et plante son regard dans celui de Kate. Je me lève, laissant leur étrange connexion faire son œuvre. Je les entends alors respirer à l’unisson. La respiration de Kate se calant sur celle profonde et calme de Moon. Je suis sidérée. Comment arrivent-elles à faire ça ? A être aussi liées ? C’est incroyable, magnifique et… bizarre. Soudainement calmée, Kate me dit d’une voix rauque :

-Merci… J’espère… qu’il durera… ce silence.

Je murmure à mi-voix dans un sourire :

-Il durera ne t’inquiète pas.

Moon semble soudain joyeuse. Normal me dirais-tu, sa maîtresse vient de sortir haut la main d’une torture émotionnelle. Elle bondit sur le canapé alors qu’il ne reste même pas de place et lèche le visage de Kate. Cela me fait légèrement rire et j’entends cette dernière rouspéter. La chienne semble comprendre et se tourne vers moi, le regard rempli de malice. J’ai à peine le temps d’éprouver une curiosité que la chienne me saute dessus. Je ploie sous son poids et j’atterris sur la bassine qui s’envole sur Moon et moi, nous trempant. La chienne tient fermement sa prise sur mon corps et je supplie de lui arrêter de me lécher le visage en riant aux éclats. Après une ou deux minutes à être coincée sous la chienne j’arrive à user de ma force et à la renverser sur le dos.

-Cette fois-ci, c’est toi qui te tordre ma belle !

Je la bloque en lui chatouillant le ventre. Elle se tortille, se débat pendant le même temps que ma torture et puis je lâche enfin. Après qu’elle met fait une dernière léchouille sur le visage, elle rejoint sa maîtresse sur le canapé. Je souris et me relève. Je glisse à Kate et à Moon avec un regard taquin :

-J’vais rincer vite fait le carnage et nous servir un verre de limonade. Pas de bêtises hein ?

Je me retourne donc dans la salle de bain avec la bassine désormais vide. Je m’y rince le visage et me sèche les parties de mon corps mouillées. J’enfile des vêtements propres et secs. Puis je m’agrippe au lavabo. Cette douleur qu’elle a ressentie, j’ai déjà eu à l’affronter. L’orphelinat n’a été qu’une passe de solitude. Tout le monde m’ignorait. Me trouvait trop… différente.

-Mais c’est ce que je suis, murmurais-je en posant ma main sur le miroir, je suis différente en tous points.

C’est alors que je me souviens des évènements d’hier soir et une envie de vomir me tord les entrailles en deux. J’aurai été capable de le tuer ? De tuer un homme ? Est-ce que c’était l’alcool que me donné des ailes ? Je me prie à y croire, mais intérieurement, je sais que ce n’est pas le cas. Il aurait eu ce qu’il méritait. Et sa salope de sœur aussi. Lorsque son clan à l’époque dirigeait par son père m’a adopté à mes douze ans, j’ai vécu un enfer. Et bien que Jacob me l’ait aussi fait vivre, quand il a pris la place de son défunt père il m’a tiré de mon calvaire. Tout n’était qu’une illusion dont j’ai mis trois ans à me sortir. Je laisse ma main glisser de le long du miroir en me laissant tomber au sol. En respirant lentement j’arrive à calmer la nausée. Je me relève et décide de sourire face au miroir. Face aux filles quand je retourne dans le salon. Juste pour jouer un rôle qui remonte le moral à Kate et à moi-même. Je prépare les deux verres de limonade et une fois assise par terre devant Kate je le lui tends en lui disant :

-J’y tiens. Bois en un peu.

Après un léger silence, je décide en fin de briser ce qui me tient à cœur. Je dévisage mes deux invitées et m’élance :

-Kate, qu’est-ce qui te relie réellement à Moon ? J’ai vu que ce n’était qu’une simple complicité… tu… tu peux me le dire je pense. Je sais garder un secret… enfin si je ne me fais pas d’illusions à ton sujet.
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 15:08

En écrasant Flash sous son poids, Moon la fait basculer et tomber sur la bassine d’eau qui les trempe toutes deux. Je reçois d’ailleurs une nuée de petites gouttelettes que j’essuie bien vite. Ignorant la pluie froide qui vient de lui tomber dessus, Moon lèche de plus belle le visage de Flash, qui éclate d’un grand rire. Après un certain temps durant lequel Moon la domine et la couvre davantage de bave, Flash réussit à la renverser et se met à la chatouiller en lançant joyeusement :

- Cette fois-ci, c’est toi qui vas te tordre, ma belle !

Et c’est une prédiction plutôt exacte, étant donné que Moon gigote dans tous les sens pour échapper aux mains de Flash.

- Kate, au secours ! gémit la pauvre Moon d’une voix aigüe.

Mais je suis bien trop occupée à rire pour venir lui prêter main-forte contre les chatouilles. Rire me fait du bien, même s’il est un peu éraillé. Flash relâche finalement ma compagne, ce à quoi cette dernière répond par un soupir de soulagement et un coup de langue vexé, puis se lève et nous lance d’une voix taquine :

- J’vais rincer vite fait le carnage et nous servir un verre de limonade. Pas de bêtises hein ?

Moon lui répond par un jappement enthousiaste tandis que je lui lance un regard amusé. Il est bon de retrouver la Flash que j’ai rencontrée deux jours plus tôt, celle qui a de l’entrain et de la répartie, celle qui est suffisamment forte pour laisser le passé derrière elle. Et pour ça, je l’admire. Jamais je ne pourrai, moi, mais Flash a une force de caractère indéniable et tout bonnement incroyable. Elle sort de la pièce et disparaît de ma vue. Moon vient s’étaler sur mes genoux et je n’ai pas le temps de protester que j’ai déjà les jambes trempées. Je lève les yeux au ciel et souffle d’un ton exaspéré :

- Moon, franchement ! Tu es trempée, vire de mes jambes !
- Tes jambes aussi sont trempées, maintenant. Alors il serait bien inutile que je me lève, tu ne crois pas ?
- D’accord, un point pour toi.


Je commence à caresser doucement son pelage humide. Elle ferme les yeux avec un petit soupir d’aise. Je laisse mon regard dériver dans l’appartement. La faible lumière jaunâtre qui éclaire la pièce pare les murs d’ombres douces et vagues. Je jette un coup d’œil vers la fenêtre ouverte. Un fin rideau danse dans le vent qui nous parvient, et j’aperçois un fragment de ciel. La lumière diffuse de la Lune Rouge semble être la seule lumière dans le ciel sombre, ce soir, tant les étoiles sont masquées par les nuages et les éclairages urbains.
Lorsque Flash revient, deux verres de limonades à la main, elle affiche un grand sourire, mais quelque chose dans son regard me dit que ce n’est qu’une façade. Mais si elle prend la peine de sourire pour nous, ne lui renvoyons pas de mauvaises ondes. Je lui sourie à mon tour et prends le verre qu’elle me tend. Il est frais entre mes doigts, et la pensée de la limonade me fait doucement rire, me rappelant notre rencontre dans la boîte de nuit. Flash insiste d’une voix douce :

- J’y tiens. Bois-en un peu.

J’acquiesce et commence à boire par petites gorgées. La boisson fraîche me fait du bien, surtout après ma déshydratation – bah oui, pleurer et transpirer, ça déshydrate – et mon hurlement, qui m’a irrité la gorge. J’ai presque fini mon verre quand la voix de Flash me fait sursauter :

- Kate, qu’est-ce qui te relie réellement à Moon ? J’ai vu que ce n’était pas qu’une simple complicité… tu… tu peux me le dire je pense. Je sais garder un secret… enfin si je ne me fais pas d’illusions à mon sujet.

Je l’admets, à ce moment, je suis tellement surprise que je m’imaginerais bien recracher la limonade dans un jet bien droit et précis, comme dans les dessins animés. Mais la réalité est moins burlesque. Je m’étrangle brusquement, avalant de travers, et je me mets à tousser. Ouais, il y a plus élégant comme réponse. Je me reprends, pose mon verre et fixe Flash d’un air grave, pensive. Moon lance dans un sifflement admiratif :

- Waouh, elle est observatrice, dis donc ! Je me demande ce qui l’a mis sur la voie.
- On aurait dû être plus discrètes, tu penses ?
- Non, pas avec elle. Il nous faudra être plus prudentes à l’avenir, mais à elle, tu peux le dire.


Moon plonge son regard dans celui de Flash avant de continuer :

- J’ai confiance en elle. Et je sais que toi aussi. Vas-y, Kate, dis-lui.
- …Très bien. Mais tout d’abord, empêchons une quelconque oreille indiscrète de nous écouter.


Acquiesçant en silence, Moon s’écarte de mes jambes et je me lève. Réprimant un frisson, je referme soigneusement la fenêtre avant de revenir m’asseoir face à Flash. Je la dévisage et réponds d’une voix calme et plus basse que d’ordinaire :

- En effet, tu as deviné juste.

Je prends une grande inspiration pour me donner du courage. J’ai terriblement peur de sa réaction. Mais je ne peux pas revenir en arrière, de toute façon. Alors je me jette à l’eau :

- Nous… Disons que nous communiquons d’une façon particulière. Je… Je suis télépathe. Je parle aux animaux. En esprit. Et… Enfin, je capte leurs émotions, leurs envies, leurs sensations, leurs paroles… etc. Je les comprends et ils me comprennent. C’est d’ailleurs pour ça que je suis devenue végétarienne.

Je marque une pause, afin de la laisser digérer mes paroles. J’ai le ventre tellement noué que j’en ai presque envie de vomir. J’ajoute ensuite d’un ton plus doux :

- Lorsque j’ai rencontré Moon au détour d’un chemin, jamais elle ne m’aurait laissée approcher si je n’avais pu lui parler et lui prouver mes intentions. Après cela, elle m’a sauvée. Et nous ne nous sommes plus quittées. Entre nous, c’est… disons une sorte d’amour fusionnel, j’ajoute d’un ton rieur pour tenter de détendre l’atmosphère.

Moon pousse des aboiements enthousiastes, la queue remuante. Flash semble un peu confuse. Moon saute du canapé et vient poser sa patte sur la jambe de Flash, comme pour la rassurer, puis pousse un petit bruit à mi-chemin entre le gémissement et le jappement, l’air de lui demander si ça va. Moi je guette sa réaction en me tordant les mains, terriblement anxieuse.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 15:14

Kate s'étouffe en avalant sa limonade de travers. Je baisse les yeux honteuse. Je fabule tellement que Kate doit me prendre pour une folle... cependant lorsque son regard rencontre de nouveau le mien, il est grave et ne rigole absolument pas. J'arque un sourcil interrogateur. Moon aussi me dévisage. Elles me semblent... découvertes. Sans un mot, Kate se lève pour fermer la fenêtre et revient s'asseoir devant moi. Je ne comprends pas... elles devraient se foutre de la tronche et les voilà toutes sérieuses. Kate me dit presque en murmurant :

- En effet, tu as deviné juste.

Je fronce les sourcils pendant qu'elle prend une grande inspiration. Comme si elle cherchait ses mots, son courage. Elle continue alors :

- Nous... Disons que nous communiquons d'une façon particulière. Je... Je suis télépathe. Je parle aux animaux. En esprit. Et... Enfin je capte leurs émotions, leurs envies, leurs sensations, leurs paroles... Je les comprends et ils me comprennent. C'est d'ailleurs pour ça que je suis devenue végétarienne, elle marque une pause et reprend encore plus bas : Lorsque j'ai rencontré Moon au détour d'un chemin, jamais elle ne m'aurait laissée l'approcher si je n'avais pu lui parler et lui prouver mes intentions. Après cela, elle m'a sauvée. Et nous ne nous sommes plus quittées. Entre nous, c'est... Disons une sorte d'amour fusionnel, termine-t-elle taquine.

Moon aboie d'approbations et toutes se dévisagent. Je dois avouer que je suis surprise de ces révélations et je dois rester un peu trop coi à leur goût car Moon me regarde affectueusement en posant sa patte encore mouillée sur ma cuisse. Elle émet un petit bruit qui est un mélange de gémissements et jappements. Kate à l'air anxieuse et se tord les mains. Tu m'étonnes ! À sa place aussi je me demanderai la réaction de l'autre ! Je sourie à Moon et lui dit, murmurant :

-Je savais les animaux intelligents et après ces révélations j'en ai encore plus de respect.

Pour la rassurer je sourie et lui ébouriffe les poils de la tête. Elle émet un petit aboiement joyeux. Je fixe Kate avec ce même sourire.

-J'avais jamais entendu une histoire pareille ! Je dois avouer que je suis surprise mais je ne manque pas de bonnes raisons de te croire... les oiseaux au parc en plus de Moon m'ont convaincu ! C'est juste que... on entend pas des histoires comme la tienne tous les jours...

Je perds un instant mon sourire aux souvenirs de douloureux moments du passé puis les refixe avec ce même entrain qui m'habite. Enfin avec les gens que j'apprécie... je suppose que Kate et Moon doivent être les vraies premières. Rieuse je reprends :

-Vous avez dû bien vous foutre de ma tronche hier soir ! J'étais dans un état tellement lamentable !

Je ris un peu. Et reprends avec, toujours, ce même sourire qui se veut tenace :

-Je vais finir de vous rassurer... en... en vous confiant un truc sur moi ! Bon, c'est sûrement moins grave que votre bel amour, mais tout de même. C'est le premier truc qui me lie aux choses étranges... j'inspire et un coup et me lance en riant presque de leur future réaction tout en m'emmêlant les cheveux entre les doigts : vous voyez ces cheveux ? Et bien... c'est ma couleur d'origine ! Je suis née avec ces cheveux bleus électrique et violet. Bon j'ai déjà eu de mauvaises remarque mais... le truc positif, c'est que j'ai pas besoin d'aller chez le coiffeur !

J'éclate d'un grand rire devant ma tirade. J'espère juste qu'elles vont me croire et pas me prendre pour une folle. Tout ce que je veux c'est détendre l'ambiance qui commençait à être pesante. Je jette un coup d'œil vite fait à mon réveil près de mon lit, 3h27, et bah ! On va pouvoir faire une nuit blanche tellement ma curiosité me pique !
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 15:15

J’ai le regard fixé sur mes mains. Je n’arrive pas à soutenir le regard de Flash tant l’appréhension me tord les boyaux. Nerveuse, je commence à me frotter machinalement le pied droit. Je ne vois pas Flash, mais je l’entends murmurer d’une voix douce :

- Je savais les animaux intelligents et après ces révélations j’en ai encore plus de respect.

Moon aboie un grand coup d’un air approbateur. Je relève un peu la tête et aperçois Flash ébouriffer les poils de Moon en souriant ; puis elle lève les yeux vers moi. Je tremble presque quand je croise son regard. Elle lance dans un sourire :

- J’avais jamais entendu une histoire pareille ! Je dois avouer que je suis surprise mais je ne manque pas de bonnes raisons de te croire… les oiseaux au parc en plus de Moon m’ont convaincue ! C’est juste que… on n’entend pas histoires comme la tienne tous les jours…

Je me fige, comme sonnée. Moon, la voix vibrante de joie et d’excitation, me souffle :

- Kate, tu te rends compte ? Elle te croit… Elle te croit vraiment !
- Mais… elle ne… me prend pas pour un monstre ?


Moon pousse un hurlement victorieux et je sens les larmes me monter aux yeux. Encore. Je n’arrive tout simplement pas à y croire… Elle me croit. Et malgré cela, elle ne me voit pas comme un monstre ou une espèce de sorcière. Elle est la seule… la seule humaine qui m’ait jamais acceptée. Flash lâche d’une voix rieuse :

- Vous avez dû bien vous foutre de ma tronche hier soir ! J’étais dans un état tellement lamentable !

Je ne réponds pas, encore trop soufflée par ce que je ne digère pas tant cela paraît incroyable. Moon, ravie au-delà des mots, ne cesse de jeter des regards à Flash, puis à moi, puis Flash à nouveau, et encore moi…etc. Flash semble… heureuse. Elle me sourit. Et elle lance d’une voix enjouée :

- Je vais finir de vous rassurer… en… en vous confiant un truc sur moi ! Bon, c’est sûrement pas aussi grave que votre bel amour, mais tout de même. C’est la premier truc qui me relie aux choses étranges…

Elle passe ses doigts dans ses cheveux, sans se départir de son sourire.

- Vous voyez ces cheveux ? Et bien… c’est ma couleur d’origine ! Je suis née avec ces cheveux bleu électrique et violet. Bon j’ai déjà eu de mauvaises remarques mais… le truc positif, c’est que j’ai pas besoin d’aller chez le coiffeur !

J’ai un sourire amusé, les yeux encore songeurs. Elle m’accepte. Pour de bon. Peut-être est-ce parce qu’elle aussi se sent à l’écart des autres. Et ne dit-on pas que qui se ressemble s’assemble ? Mon bonheur d’être enfin comprise fait étinceler mon regard. Mes lèvres s’étirent aussitôt sur un grand sourire, et j’essuie les petites larmes qui perlaient au coin de mes yeux. J’affirme d’une voix légère et vibrante d’émotion, doublée de la joie de Moon :

- Ils sont très beaux, tes cheveux.

J’ajoute de ma voix normale d’un ton taquin :

- Moon trouve qu’ils ont la couleur des belles-de-nuit, ses fleurs préférées. Tu viens de gagner une fan !

Moon, langue pendante, remuant la queue comme jamais, lève une patte pour jouer avec les mèches tombantes de Flash et pousse un petit jappement de chiot joueur. J’ai un petit rire devant son enthousiasme débordant. Je m’installe ensuite plus confortablement dans le canapé avant de demander dans un petit soupir un peu résigné :

- Eh bien, maintenant que tu sais ces choses sur nous… Il y a peut-être des questions que tu voudrais nous poser, non ?

Je soutiens son regard et ajoute d’une voix douce et empreinte d’un intense soulagement :

- Oh, et merci. De tout cœur.

Merci. De m’avoir considérée comme une amie. De m’avoir accueillie à bras ouverts. De m’avoir écoutée. De m’avoir crue. De ne pas m’avoir rejetée. D’être restée mon amie. De continuer à me sourire. C’est tout ça que signifie mon petit « merci ». Mais j’ai la gorge tant nouée par l’émotion que je ne peux pas tout dire à voix haute. Mais je pense que mes yeux et ceux de Moon en disent suffisamment tant ils doivent étinceler de bonheur.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 18:24

Elle prend des yeux amusés qui se mettent ensuite à briller. Elle essaie quelques petites larmes qui perlaient aux coins de ses yeux puis me répond avec un grand sourire :

- Ils sont très beaux, tes cheveux, elle fait une pause et reprend taquine : Moon trouve qu'ils ont la couleur des belles-de-nuit, ses fleurs préférées. Tu viens de gagner une fan !

L’intéressée a la langue pendante, puis un moteur se met à remplacer sa queue. Qui s’agite dans tous les sens. Une lève une patte vers mon visage et commence à jouer avec les mèches qui tombent devant mes yeux. Elle un jappement joueur, presque enfantin tandis que je ris sourdement. J’entends Kate rire aussi, ce qui agrandit mon sourire. Comment ne pourrais pas la croire maintenant ? Kate m’annonce, un peu résignée :

- Eh bien, maintenant que tu sais ça sur nous... Il y a peut-être des questions que tu voudrais nous poser, non ? elle me fixe dans les yeux et reprend d’une voix qui semble libérée : Oh, et merci. De tout cœur.

Pas besoin de lui demander pourquoi elle me remercie. Ses yeux s’expriment mieux que sa langue. Je me mords la lèvre inférieure. Lui poser des questions ? Violer son passé et la refaire pleurer ? Non merci ! Ou alors il faut que ce soit plus équitable. Hum… que faire ? Sachant que mon cœur va exploser si je ne fais rien ? J’inspire un bon coup et tout en caressant Moon, lui répond en riant :

-Moi aussi je suis fane de toi. Enfin de vous.

Je me penche pour lui faire un bisou sur le front. Puis me redressant, fixe Kate dans les yeux. D’une voix sincère, je lui dis :

-Je suis contente que cela te soulage. Cependant, même si maintes questions me brûlent les lèvres, je ne veux pas te revoir pleurer. Ni te, enfin vous blesser. Alors si je pose des questions, à chacune d’entre elles tu auras le choix de ne pas répondre et si tu le fais, tu me poseras aussi une question sur moi. Ce que tu veux ! J’y répondrai en toute sincérité.

Autant être deux à affronter cette épreuve… même si ce ne sera pas une partie de plaisir. Après quelques secondes que je laisse filer, j’ajoute :

-Je me lance alors ! Est-ce que quelqu’un d’autre que moi est au courant de… ton don ?

Je suis rassurante, gentille amicale. J’ai ouvert la porte de la découverte. Autant s’y engouffrer !
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 30 Juil - 22:14

Elle semble hésiter ; elle se mord la lèvre inférieure, les yeux perdus dans le vague. J'attends patiemment une réponse de sa part. Je ne la force bien sûr pas à me poser des questions, simplement je vois bien qu'il y en a un bon paquet qui tournent dans son esprit comme des poissons dans un bocal. Ça se voit dans ses yeux, à la façon dont ils brillent de curiosité. Flash caresse pensivement la tête de Moon, et me dit finalement d'une voix rieuse :

- Moi aussi, je suis fan de toi. Enfin de vous.

Je lui adresse un sourire ému et Moon pousse un aboiement ravi. Flash se penche alors sur elle pour lui coller un baiser sur le front, pile sur sa petite tache blanche.

- J'aime bien ses bisous, commente alors Moon d'un ton enjoué, même s'ils manquent un peu de... bave, à mon goût.
- Très appétissant, Moon, vraiment.

Flash se redresse et plante son regard dans le mien. Elle prend la parole d'une voix douce et franche :

- Je suis contente que cela te soulage. Cependant, même si maintes questions me brûlent les lèvres, je ne veux pas te revoir pleurer. Ni te, enfin vous blesser. Alors si je pose des questions, à chacune d’entre elles tu auras le choix de ne pas répondre et si tu le fais, tu me poseras aussi une question sur moi. Ce que tu veux ! J’y répondrai en toute sincérité.

Je hoche la tête pour approuver avec un sourire ; Moon, elle, pousse deux petits jappements enthousiastes. La proposition que Flash nous fait est généreuse et compatissante, et pour ça je lui en suis profondément reconnaissante.
Je me demande bien ce que je pourrais lui poser, comme questions...
Je réfléchis à ce que je voudrais savoir d'elle, à ce qui pourrait m'intéresser dans son passé. Ses parents, non, ça la fait trop souffrir. Le Castré, non, je n'accorde aucun intérêt à cet abruti. Sa vie à l'orphelinat ? Non, les échos de mon enfance me hanteraient à nouveau, surtout si c'est moi qui autorise les voix à revenir de par ma question. Peut-être son bonnet, ou la petite plume qui y est dissimulée...? Elle a l'air d'y tenir...

- Dis, dis ! lance soudain Moon avec allégresse, coupant net ma réflexion. Moi j'ai une question !
- Et quelle est-elle ?
- Est-ce qu'elle aime les framboises ?


J'étouffe un pouffement amusé. À peine quelques instants de silence plus tard, Flash se jette à l'eau et pose la première question :

- Je me lance alors ! Est-ce que quelqu'un d'autre que moi est au courant de... ton don ?

Un peu surprise par cette question à laquelle je ne m'attendais pas, je réfléchis quelques instants. Sans m'en rendre compte, je me frotte à nouveau le pied droit. Mécontente, Moon, qui n'aime pas que je fasse ça, pousse un petit grondement désapprobateur. Dans un soupir, je retire ma main de mon pied puis je réponds à Flash d'une voix douce :

- Oui, hélas.

Je m'arrête un instant pour prendre une inspiration, consciente qu'elle voudra de plus amples explications. Je poursuis d'une voix grave, m'efforçant d'employer un ton neutre et à ne pas me laisser submerger à nouveau par les souvenirs :

- Lorsque j'ai découvert ce que je pouvais faire, j'avais 6 ans. J'étais jeune, et naïve. Je n'avais aucune idée que... Je ne savais pas que j'étais différente. Je croyais que c'était normal, que tous pouvaient faire de même, alors j'en ai parlé autour de moi à l'orphelinat. J'étais fière, heureuse. Je croyais que c'était une preuve que je grandissais, comme les dents de lait qui tombent ou l'arrivée des règles. Alors j'en ai parlé. Les adultes m'ont pris pour une aliénée, les autres enfants m'ont traitée de monstre. Après ça, tout ne s'est pas très bien passé pour moi, là-bas. C'est pour ça que j'étais si nerveuse au moment de te l'annoncer. J'avais peur que tu réagisses comme les autres.

Je poursuis dans un sourire radieux, avec un ton qui trahit mon soulagement :

- Mais ça n'a pas été le cas. C'est pour ça que je répondrai à toutes tes questions, quelles qu'elles soient. J'ai une totale confiance en toi, à présent.

Je jette un coup d'œil à Moon qui la regarde joyeusement, et j'ajoute en riant :

- Quant à Moon, eh bien, elle n'a jamais douté de toi. C'est elle qui m'a convaincue que je pouvais te faire confiance. Elle avait raison, bien sûr, comme toujours.

Je m'incline légèrement en riant devant mon amie, qui affiche un air béat ; elle me répond en s'inclinant à son tour, puis elle fait quelques pas dans le salon avec l'air digne et fier d'une impératrice qui vient de remporter une grande victoire. Je ris un peu puis lance à Flash :

- Bon, c'est mon tour, non ? Alors hmm... Je me demandais... où as-tu eu cette petite plume que tu caches sous ton bonnet ? Elle est très jolie.

Je marque une pause et, croisant le regard insistant de Moon, ajoute en éclatant de rire :

- Et la question de Moon est : aimes-tu les framboises ?

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Lun 1 Aoû - 13:25

Kate semble surprise de la question que je viens de lui poser. Peut-être est-elle trop sensible ? Enfin si c’est le cas j’espère qu’elle me rendra la pareille ! Elle se frotte alors le pied droit. Moon pousse un grondement sourd, comme si elle n’approuvait pas ce geste. Maintenant… il est vrai qu’en y songeant… j’ai vu plusieurs fois Kate se gratter ce même pied plusieurs fois dans le séjour. Après la réaction de Moon elle arrête son geste et me répond doucement :

-Oui, hélas.

Elle fait une pause, comme si elle connaissait ma question suivante elle me dit :

- Lorsque j'ai découvert ce que je pouvais faire, j'avais 6 ans. J'étais jeune, et naïve. Je n'avais aucune idée que... Je ne savais pas que j'étais différente. Je croyais que c'était normal, que tous pouvaient faire de même, alors j'en ai parlé autour de moi à l'orphelinat. J'étais fière, heureuse. Je croyais que c'était une preuve que je grandissais, comme les dents de lait qui tombent ou l'arrivée des règles. Alors j'en ai parlé. Les adultes m'ont pris pour une aliénée, les autres enfants m'ont traitée de monstre. Après ça, tout ne s'est pas très bien passé pour moi, là-bas. C'est pour ça que j'étais si nerveuse au moment de te l'annoncer. J'avais peur que tu réagisses comme les autres.

J’arque un sourcil. Beaucoup de monde croit que l’enfance est l’endroit le plus calme et paisible au monde. Cependant, je le sais et Kate aussi, le monde de l’enfance n’est rien de tout ça. Il est sombre, violent, détestable. Je le hais, elle aussi. Ce monde- là, c’est les prémices de la guerre adulte. C’est alors qu’un sourire radieux pointe sur ses lèvres. M’emportant loin de mes sombres pensées. Soulagée, elle reprend :

- Mais ça n'a pas été le cas. C'est pour ça que je répondrai à toutes tes questions, quelles qu'elles soient. J'ai une totale confiance en toi, à présent, elle jette un coup d’œil à Moon, qui est toute joyeuse et ajoute en riant : quant à Moon, eh bien, elle n'a jamais douté de toi. C'est elle qui m'a convaincue que je pouvais te faire confiance. Elle avait raison, bien sûr, comme toujours.

Ces confidences me laisse bouche bée. Enfin la bouche ouverte. Kate me fait confiance. Une personne me fait confia nce ! Kate se penche vers Moon en s’inclinant. Elle lui répond de la même manière et va marcher dans le salon. La tête haute, le regard fier qui nous regarde du genre « je suis au-dessus de vous humaines ». Je pouffe de rire en même temps que Kate. D’ailleurs cette dernière me rappelle à notre arrangement de questions :

- Bon, c'est mon tour, non ? Alors hmm... Je me demandais... où as-tu eu cette petite plume que tu caches sous ton bonnet ? Elle est très jolie, mon interlocutrice fait une pause, dévisage sa chienne et ajoute en riant aux éclats : et la question de Moon est : aimes-tu les framboises ?

Je ris aussi. Ah ah, cette chienne me tuera avant l’heure ! Je dévisage un peu les filles et puis fixe Moon. Calmant mon hilarité. J’arrive à me pencher pour lui faire une petite caresse et me redresse ensuite. Je réponds à la berger :

-Et bien ma chère Moon, effectivement j’aime les framboises ! Je t’aurai bien demandé directement si toi aussi tu les aimes, mais seule Kate me répondra.

Je regarde Kate taquine. Ne vous y trompez pas ! Je ne suis pas jalouse de son don ! J’ai le mien et je le chéris aussi. Je porte alors la main à ma plume, me rappelant la question de Kate. A vrai dire, personne ne m’a jamais demandé pour je portais une plume en permanence… mais je dois avouer que la question est intéressante ! Je lui réponds avec un petit sourire, un peu mélancolique :

-Merci du compliment Kate. De plus, ta confession me touche beaucoup, tu ne peux pas t’imaginer… personne ne m’a jamais fait confiance comme vous deux. En fait… cette plume m’est très précieuse. Autant que mon matériel d’art, si ce n’est plus… parce qu’elle… elle, j’inspire un grand coup pour calmer ma respiration et reprends : elle me vient de mon père. C’est le seul souvenir que j’ai de lui. Il aimait beaucoup la culture amérindienne. Cela le fascinait. Mais il n’a pas eu le temps de me la transmettre plus en détails… il… il est mort avant. Quand j’avais trois ans.

Je sens une envie de lui dire pourquoi, pourquoi il est mort. Pourquoi il m’a abandonné. Mais sera-t-elle aussi curieuse que moi envers elle ? Finalement je prends on courage à deux mains et reprends :

-Il est mort en Amérique du Nord justement. Mon père était photographe animalier. Il se rendait dans une réserve pour le boulot et sa voiture a été percutée par un connard de camionneur. L’essence et le feu ont fait boum, je mime l’explosion avec mes mains, il est mort sur le coup… . Juste avant cet accident, il m’a envoyé à moi et ma mère un colis. Dedans, il y avait un attrape-rêves pour moi. C’était comme un signe, le colis est bien arrivé un mois après le drame… Malheureusement, je ne peux pas porter le souvenir entier de lui sur moi, alors j’ai juste prise une plume qui pendait.

Je sourie gentiment à Kate. Lui montrant que de lui parler de ma famille ne me fait pas peur. Il y a longtemps que j’ai fait le deuil de mon père. A part l’attrape-rêves, je n’ai plus rien. Sauf quelques flous souvenirs. Même plus de photos, ma mère s’est empressée de tout détruire pour son propre deuil. D’ailleurs, je n’ai aucune envie de revoir cette garce… soudain un peu plus joyeuse je m’exclame :

[b]-A mon tour maintenant ! Je… je ne sais pas si la question est délicate, mais ça me démange de te le demander… pourquoi te grattes-tu souvent le pied ? J’ai remarqué que cela ne plaisait pas à Moon en plus… alors je comprendrais ton silence.[b]

J’arbore un sourire franc tout en entrelaçant frénétiquement ma mèche de cheveux et m plume. J’espère ne pas trop la blesser.
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Lun 1 Aoû - 17:13

Flash rit un peu et répond à Moon en lui caressant gentiment la tête :

- Et bien ma chère Moon, effectivement j’aime les framboises ! Je t’aurais bien demandé directement si toi aussi tu les aimes, mais seule Kate me répondra.

Elle me lance un regard amusé. Et dans ses yeux brillants, je suis heureuse de ne déceler aucune arrière-pensée. Aucune jalousie, aucune colère, aucune amertume. Juste... de la gaieté et de la franchise.

- Yes !
lance Moon d'une voix toute joyeuse. Elle aime les framboises, génial !
- Pour ta prochaine question, tu vas lui demander si elle aime les mûres ?
je demande d'un ton ironique.
- Pourquoi pas ?

Flash a un petit sourire nostalgique et commence les explications d'une voix douce :

- Merci du compliment Kate. De plus, ta confession me touche beaucoup, tu ne peux pas t’imaginer… personne ne m’a jamais fait confiance comme vous deux. En fait… cette plume m’est très précieuse. Autant que mon matériel d’art, si ce n’est plus… parce qu’elle… elle...


Elle fait une pause, prends une grande inspiration, comme pour se donner du courage et de la voix pour continuer. Je lui fais un grand sourire. Elle aussi nous fait confiance... Je commence à croire qu'elle est réellement la meilleure amie humaine que j'ai jamais eue. La seule amie humaine. Et cela me fait chaud au cœur. Moon arbore un sourire canin radieux en écoutant Flash avec intérêt. Cette dernière poursuit :

-...elle me vient de mon père. C’est le seul souvenir que j’ai de lui. Il aimait beaucoup la culture amérindienne. Cela le fascinait. Mais il n’a pas eu le temps de me la transmettre plus en détails… il… il est mort avant. Quand j’avais trois ans.

Elle s'interrompt un instant. Moon lui lèche la main avec un regard compatissant. Elle aussi a perdu son père quand elle était jeune, et elle ne connaît que trop bien la douleur de Flash. Celle-ci ajoute :

- Il est mort en Amérique du Nord justement. Mon père était photographe animalier. Il se rendait dans une réserve pour le boulot et sa voiture a été percutée par un connard de camionneur. L’essence et le feu ont fait boum, il est mort sur le coup… Juste avant cet accident, il m’a envoyé à moi et à ma mère un colis. Dedans, il y avait un attrape-rêves pour moi. C’était comme un signe, le colis est bien arrivé un mois après le drame… Malheureusement, je ne peux pas porter le souvenir entier de lui sur moi, alors j’ai juste pris une plume qui pendait.

Elle me fait un sourire sincère. J'échange un regard triste avec Moon. Cela, nous le comprenons parfaitement. Nous-mêmes portons avec nous beaucoup de souvenirs de nos parents. À cette pensée, Moon pose sa patte sur son bandana d'un air mélancolique. Avant que j'aie le temps d'exprimer ma compassion à voix haute, Flash lance d'une voix enjouée :

- À mon tour maintenant ! Je… je ne sais pas si la question est délicate, mais ça me démange de te le demander… pourquoi te grattes-tu souvent le pied ? J’ai remarqué que cela ne plaisait pas à Moon en plus… alors je comprendrais ton silence.

Ah.
Mon pied. Elle a donc remarqué ça... Moon pousse un petit grondement, la patte toujours posée sur son bandana.

- Elle a aussi remarqué que ça ne me plaisait pas ! Si tu ne le faisais pas si souvent, je n'aurais pas à gronder autant ! grogne Moon.

Mais chaque chose en son temps. Je commence par dire à Flash d'une voix douce :

- Nous sommes désolées, pour ton père.

Je lance un regard à Moon, qui vient lécher gentiment le visage de Flash pour lui prouver sa profonde compassion.

- Tu vois son bandana ? Il était à son père, aussi.

Moon tend le cou pour que Flash puisse toucher son bandana si précieux. Puis j'ajoute d'un ton plus rieur :

- Et d'ailleurs, il lui dégotait souvent des framboises... Et Moon adooooooooooooore ça !


J'ai un petit rire, qui meurt dans ma gorge quand je baisse les yeux vers mon pied droit. Maudit, fichu, hideux pied droit. Je pousse un petit soupir :

- Quant à mon pied...


Je me mords la lèvre, priant pour qu'elle n'ait pas de réaction trop violente, puis j'enlève brusquement ma chaussette, dévoilant mon pied droit, et par la même occasion ma cicatrice. Mon atroce cicatrice rougeaude et boursouflée qui me couvre le pied, souvenir cuisant d'une brûlure au troisième degré, résultat douloureux d'une flamme avide venue engloutir ma peau. (HORS RP : un truc un peu comme [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], mais sur tout le pied) Détournant le regard de l'immondice qu'est mon pied, je relève la tête pour planter mes yeux dans ceux de Flash. Moon pousse un petit gémissement et vient frotter sa tête contre ma jambe. Elle sait. À quel point je hais mon pied. À quel point je hais celui qui m'a infligé cette blessure, au moins autant que j'en ai peur. À quel point je hais la dévoiler, car à chaque fois, j'ai droit à des exclamations horrifiées, à des cris de pitié, à des murmures de honte. Et j'en ai plus qu'assez. Flash a le droit de savoir.
Je pose prudemment mon pied brûlé au sol, sans lui jeter un regard, et réponds d'une voix basse, la gorge nouée :

- C'est... un vieux tic. J'ai pris l'habitude de me frotter le pied quand je suis nerveuse. Forme d'auto-défense inconsciente, je présume.

Moon me regarde gravement et je croise son beau regard azuré.

- Kate... Montre-lui le reste.
- Moon, je ne sais pas... Tu crois qu'elle encaissera ? Mon pied lui a probablement déjà fait un choc.
- Autant en finir maintenant.
-...très bien...

Terrifiée de sa réaction, les yeux humides et la gorge sèche, j'ajoute à l'intention de Flash :

- Puisqu'on en est à se dévoiler... Autant que tu voies le reste.


Je me lève et enlève mon t-shirt en tremblant. Je le pose sur le canapé et me retourne pour lui afficher mon dos. Mon dos à la peau meurtrie sur lequel s'étalent des cicatrices longues et effilées, donnant à mon dos une apparence fripée. Vieilles marques d'un martinet qui a rongé mon dos jusqu'aux larmes, jusqu'aux cris, jusqu'au sang. Je reste ainsi quelques longues secondes qui me paraissent une éternité, puis je me rhabille, cachant à nouveau ma brûlure et les cicatrices de mon dos. Je n'ose pas regarder Flash dans les yeux quand je lui explique d'une voix tremblante :

- Tu te souviens, quand je t'ai dit dans le parc que je m'étais enfuie de l'orphelinat ? Eh bien maintenant tu sais pourquoi.

Je ferme les yeux, refoulant les larmes qui menacent de refaire surface. Je rouvre les yeux et croise enfin le regard de Flash, attendant sa réaction avec beaucoup d'appréhension.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mar 2 Aoû - 19:37

Kate semble remettre les pendules à l’heure et me dit doucement :

- Nous sommes désolées, pour ton père,[i] elle regarde Moon avec compassion et reprend :[i] tu vois son bandana ? Il était à son père, aussi.

Cette dernière tend son cou et j’effleure du bout des doigts ce qui doit être son souvenir le plus précieux. Respectueuse et compatissante. Comme elles le sont envers moi et mon père.

- Et d'ailleurs, il lui dégotait souvent des framboises... Et Moon adooooooooooooore ça !

Kate rie un peu et moi aussi. Mais elle redevient vite sérieuse, soupirant un « Quant à mon pied… ». Elle se mord ensuite la lèvre, hésitante. Que cache-t-elle sous cette chaussette pour qu’elle soit ainsi ? Soudainement, elle l’enlève. Dévoilant une horrible brûlure sur tout le pied. Une brûlure qui a dû lui arracher des hurlements de souffrance pendant des années. J’ouvre la bouche, béate et surprise. Elle détourne le regard, surement dégoutée. Tandis que moi j’observe. Est-ce un accident ? Moon vient se frotter contre sa jambe en gémissant. Elles sont soudées. Elle pose son pied au sol avec prudence. Lui fait-il encore mal ? Je fronce les sourcils, je pris pour que ce ne soit pas le cas.

- C'est... un vieux tic. J'ai pris l'habitude de me frotter le pied quand je suis nerveuse. Forme d'auto-défense inconsciente, je présume, elle fait une pause durant laquelle ses yeux brillent et pus elle reprend : puisqu'on en est à se dévoiler... Autant que tu voies le reste.

Sans me laisser le temps de plus penser, elle se lève et enlève son t-shirt, tremblante. Après l’avoir posé, elle me tourne le dos, me permettant de découvrir ce dernier. Des longues cicatrices lui barrent le dos. Longues et effilées. Des traces d’une souffrance abominable, qui rongeront sa peau même dans la tombe.

- Tu te souviens, quand je t'ai dit dans le parc que je m'étais enfuie de l'orphelinat ? Eh bien maintenant tu sais pourquoi.

Ces mots me sortent du brouillard dans lequel je m’étais enfermée en réfléchissant. Je n’avais pas vu qu’elle s’était rhabillée, trop occupée à penser. Je sers les poings tellement forts que les ongles rentrent dans ma peau. Kate ferme les yeux surement pour se contrôler. Quand elle les rouvre, elle peut percevoir une violente colère sur mon visage. Une colère dévastatrice. D’une voix sourde, qui s’élève gravement je lui dis :

-Dis-moi que ceux ou celui qui t’as fait pourri en enfer…

Je fais une pause, me rendant compte que mon sentiment actuel n’est autre qu’un désir de venger une amie souffrante. Et ce désir est tellement fort à cet instant, que d’étriper Jacob ne me ferait absolument rien. Je reprends la fixant de nouveau droit dans les yeux :

-Si ce n’est pas le cas, je l’y enverrai moi-même. En même temps que Jacob. Car à cause d’eux, tu souffres. Et jamais je ne le tolérerai. Jamais ne tolérerai qu’on fasse du mal à mes amies ! Même si ce sont des gamins qui ont fait ça… c’est à cause de ton don hein ? Pauvre humains ignorant qui ne savent rien de la beauté du monde…

Je grince des dents. Comme la craie qui crisse sur un tableau noir. Je me lève sans un regard pour Kate défouler ma colère. J’arrive près de mon lit et frappe si violement le mur que celui-ci vibre. J’entends les voisins ronchonner. Déçus d’avoir été réveillé en pleine nuit par moi. Je leur hurle en refrappant ce pauvre mur :

-VOS GUEULES !

Les voisins savent que quand je m’énerve il ne vaut mieux pas me déranger. Je les entends encore râler un peu avant de se recoucher. Enfin de nouveau calme je me dirige de nouveau vers Kate. Je reprends les verres vides et va vite fait les remplir de nouveau à la cuisine. Je retourne m’assoir à côté de mon amie et lui tends le verre. Je bois la moitié du mien avant de la regarder gravement :

-Cette colère n’étais pas à te montrer pour redevenir calme il fallait que je l’extériorise. Désolée…

J’inspire un grand coup tandis qu’un léger sourire pointe de nouveau sur mes lèvres. Elle s’est confiée, à moi de le faire. Je jette la tête en arrière et sans la regarder lui dit :

-Pose-moi n’importe qu’elle question Kate. Je me fiche que ce soit un sujet sensible. Tu as abordé les tiens avec courage j’en ferai de même. Je pense savoir ce qu’il t’en coûte ce soir…

Je me redresse vers elle, lui souriant.
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mar 2 Aoû - 22:28

Une violente colère déforme alors les traits de Flash. Elle prend la parole d’une voix sifflante et vibrante de rage :

- Dis-moi que ceux ou celui qui t’a fait ça pourrit en enfer…

Je baisse les yeux, un peu honteuse de ma lâcheté. À ma place, Flash les aurait sûrement retrouvés pour leur planter un poignard dans le cœur. Mais moi, je n’ai pas assez de courage. Je me complains dans ma propre peur. Et ceux qui m’ont torturée vivent encore, probablement aussi heureux qu’ils puissent l’être. Moon lance d’une voix grondante :

- Tu n’es pas lâche. Tu avais tes raisons de les fuir, lui et les deux autres crétins. Et tu sais bien ce qui se passera si on les recroise.
- Oui. Tu leur arracheras les noix.
- Pourquoi se contenter de leurs noix
? Un sourire cruel étire les babines de ma compagne. Je leur dévorerai les orteils et les doigts, et après je les écorcherai vif pour leur faire bouffer leurs entrailles.

La fureur perverse de Moon envers mes bourreaux réussit à m’arracher un faible sourire. Et celle de Flash se rajoute alors, dans son ton dégoulinant d’une fureur sourde, qui m’émeut encore plus :

- Si ce n’est pas le cas, je l’y enverrai moi-même. En même temps que Jacob. Car à cause d’eux, tu souffres. Et jamais je ne le tolérerai. Jamais je ne tolérerai qu’on fasse du mal à mes amies ! Même si ce sont des gamins qui ont fait ça… c’est à cause de ton don hein ? Pauvres humains ignorants qui ne savent rien de la beauté du monde…

Moon, emplie d’une rage guerrière, pousse plusieurs aboiements pour appuyer ses paroles. Je sens son sang bouillir dans ses veines et ses entrailles s’enflammer à l’idée d’une bagarre pareille.

- J’imagine déjà ces pauvres jus d’égouts en train de trembler dans leurs frocs ! Ils vont se pisser dessus, les sales fils de cancrelats ! éructe Moon, le sang en ébullition. Ils vont tellement en baver qu’ils vont vomir leurs poumons !

Derrière moi, à travers le flot d’insultes que Moon émet d’un ton furibond, j’entends Flash donner quelques violents coups sur le mur. Moon dresse les oreilles en entendant des éclats de voix s’élever au-delà ; probablement les voisins, gênés par le boucan.

- Moon ? Tu sais ce qu’il manque, dans cet appartement ?
- Non, quoi ?
- Un punching-ball.

Cela fait rire Moon qui me donne un bref coup de langue sur la main. Elle est ravie que je sorte de mon espèce de léthargie de peur et de souffrance. Le « VOS GUEULES ! » furieux de Flash résonne dans l’appartement et fait taire les voisins ronchons. Moon fait pendre sa langue, satisfaite de la petite victoire de Flash contre ses voisins gênants. Je vois cette dernière passer devant moi et attraper les verres. Une étincelle furieuse brille dans son regard. Lorsqu’elle revient, elle me tend un verre de limonade plein à nouveau. Je le pose sur la table sans y toucher tandis qu’elle boit au moins la moitié du sien. Elle prend alors la parole d’une voix plus calme :

- Cette colère n’était pas à te montrer pour redevenir calme il fallait que je l’extériorise. Désolée…

Je secoue la tête pour lui signifier que je m’en fiche ; elle a tout à fait le droit de faire ce qu’elle veut. On a tous besoin de lâcher prise à un moment. Et puis, elle est toujours chez elle. Je lui jette un regard. La tête basculée en arrière, un sourire léger flottant sur ses lèvres, elle lance :

- Pose-moi n’importe quelle question Kate. Je me fiche que ce soit un sujet sensible. Tu as abordé les tiens avec courage j’en ferai de même. Je pense savoir ce qu’il t’en coûte ce soir…

Je secoue de nouveau la tête tout en effleurant des doigts les oreilles de Moon. Je réponds d’une voix douce :

- Je n’ai pas vraiment de questions à te poser. Mais si tu as envie de me dire des choses sur toi, tu es libre de le faire, je t’écouterai.

Je la regarde alors d’un air grave, plantant mes yeux dans les siens et poursuis d’un ton on ne peut plus sérieux :

- Et il n’est pas question de tuer. La vengeance, c’est un acte stupide et irréparable. Pour te donner un exemple, c’est comme si tu affrontais un cobra à deux têtes. Pendant que tu tranches la première tête, tu te fais empoisonner par la seconde. Donc non. Et puis je doute que le tuer, lui ou Jacob, m’apporte le soulagement ou une quelconque paix intérieure. Le mal est fait ; je dois apprendre à vivre avec. Point.

Je détourne le regard et le laisse dériver vers le plafond un peu délabré ; Moon, assise au pied du canapé, pousse un petit hurlement doux. Je baisse les yeux vers elle et souris.

- Tu as raison, mon amie
, dis-je alors dans un petit rire. Parlons de choses plus joyeuses avant de nous noyer dans notre chagrin comme des mouches à merde dans une flaque polluée.

Moon pousse plusieurs aboiements enjoués et me lance en sautillant sur place :

- Dis, Kate ! On lui propose, maintenant ? Steuplé, steuplé, steuplé…
- Wow ! La répétition des ‘‘steuplé’’ ne sert à rien, tu le sais, non ?
- Bon, bon, d’accord. Mais on peut lui demander… steuplé ?

Je reste songeuse un instant. Après tout… C’est vrai, j’ai confiance en elle, à présent. Elle comprend notre don et l’accepte sans jalousie ou amertume. Je hoche la tête à l’intention de Moon et ses yeux se mettent à étinceler de bonheur. Elle se jette sur Flash et lui couvre à nouveau le visage de bave, avant de se retirer aussi vite qu’elle est arrivée. J’éclate de rire et jette un regard plus sérieux à Flash. Je prends une grande inspiration et me lance enfin, un petit sourire aux lèvres :

- Flash… ? J’ai… Nous avons une proposition à te faire. Et... enfin, sache que tu es libre de la refuser ; nous ne voulons te forcer à rien. Simplement, cette idée nous tourne dans la tête depuis quelques temps.

Moon frétille tant d’excitation qu’elle ne tient pas en place. Je soutiens le regard de Flash et demande finalement d’une voix grave :

- Voilà… veux-tu… veux-tu quitter cette ville et partir sur les routes à nos côtés ?


Puis je me tais, la laissant réfléchir. C’est une décision importante, qui implique de prendre en compte de nombreux paramètres. Est-elle prête à sacrifier son travail, ses projets d’avenir, cette ville qu’elle connaît, à laisser derrière elle toute son ancienne vie, pour suivre une timbrée balafrée et une chienne surexcitée dans leur quête folle ? Je me doute qu’elle hésitera ou qu’elle aura des questions à poser, sur notre destination, notre façon de vivre, alors j’attends patiemment sa réaction. Je suis étrangement calme, à côté de Moon qui sautille presque sur place, impatiente d’entendre sa réponse. Je soutiens son regard gravement tandis que Moon, folle de joie à l'idée que Flash soit d'accord, court autour du canapé en poussant des aboiements énergiques et enjoués.
La décision te revient, Flash. Puisses-tu faire le choix qui te rendra heureuse.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 4 Aoû - 17:20

Elle secoue négativement la tête avant de me répondre doucement :

- Je n’ai pas vraiment de questions à te poser. Mais si tu as envie de me dire des choses sur toi, tu es libre de le faire, je t’écouterai, elle me fixe gravement et reprend : et il n’est pas question de tuer. La vengeance, c’est un acte stupide et irréparable. Pour te donner un exemple, c’est comme si tu affrontais un cobra à deux têtes. Pendant que tu tranches la première tête, tu te fais empoisonner par la seconde. Donc non. Et puis je doute que le tuer, lui ou Jacob, m’apporte le soulagement ou une quelconque paix intérieure. Le mal est fait ; je dois apprendre à vivre avec. Point.


Ce qui me fait le plus mal, c'est d'avouer qu'elle a raison. Enfin en partie. Elle détourne son regard du mien et observe le plafond. Moon aboie doucement au pied du canapé.
Après un sourire, Kate me dit, sûrement après un échange avec Moon, qu'il serait bien de parler de choses plus joyeuses. Ce à quoi Moon acquiesce en sautillant et aboyant. Qu'est-ce qu'elle est expressive cette chienne ! Je souris, effectivement il serait bon de faire partir cette rage. Kate semble alors songeuse. Que sont-elles en train de se dire toutes les deux ? Mon amie humaine hoche alors la tête et la canine me saute dessus pour la deuxième fois de la nuit. Je crie en riant de pitié pour qu'elle arrête tandis que Kate rie de bon cœur. Puis Moon repart vite fait et Kate me dévisage de nouveau sérieuse. Avec un sympathique sourire aux lèvres. Elle me dit :

- Flash… ? J’ai… Nous avons une proposition à te faire. Et... enfin, sache que tu es libre de la refuser ; nous ne voulons te forcer à rien. Simplement, cette idée nous tourne dans la tête depuis quelques temps. Voilà… veux-tu… veux-tu quitter cette ville et partir sur les routes à nos côtés ?

J'ouvre la bouche de surprise pendant qu'elle se tait et que Moon tourne autour du canapé en aboyant énergiquement. Je suis abasourdie. Si bien que je m'enferme dans mes pensées et que je les abandonne. Quitter cette ville ? Quitter tout ce que j'y ai entrepris ? Et pour aller où ? Abandonner tous mes projets et amis ? Non je divague.

Je reviens brutalement sur terre fixement gravement Kate. Toujours dans un mot. Elles sont mes seules amies. Et ce, que depuis deux jours certes, mais sûrement pour des années et des années de chemin ensembles. Alors qu'est-ce qui me rattache ici ? Un violeur ? Une garce ? Une mère qui m'a abandonné ? Un lycée ? Des regards envieux et fourbes ? Non rien ne me retient. Rien du tout. Je les fixe tour à tour gravement. Puis je me lève. Je file droit vers mon lit et fait glisser d'en-dessous une grosse valise de voyage noire. Je l'ouvre et tombe nez à nez avec un magnifique attrape rêve dont il manque une plume en bas. Je caresse avec un amour délicat le cuir tanné qui forme le cercle. Tous ses symboles indiens, noués, tressés, m'ont toujours émus. Les quatre plumes bleus ciel pendante se balance avec légèreté quand je le soulève. Je touche la plume que je porte du bout des doigts. Les minces filets de souvenirs s'agrippant à ma tête. L'attrape-rêve est plus gros que ma tête. Je me relève en laissant la valise pleine de dessins ouverte. Je retourne m'assoir à côté d'elles en tenant fermement le cadeau de mon père contre ma poitrine. Je leur dis émue :

-Vous êtes la seule chose qui me rattache à cette terre. Où que vous rendez, même si c'est dans les enfers, je vous suivrai. Tant que vous voulez de moi. Même si je ne sais pas ce que vous faites sur les routes.

Je fais une petite pause en leur souriant. Puis je reprends :

-Tu sais Kate, tu as pas tout à fait raison à propos de la vengeance. Pourquoi se faire tuer par le deuxième serpent quand tu peux lui faire perdre la raison ? Avant de partir, j'ai une liste de choses à faire. Vous seriez mes invités d'honneur dans ce jeu sadique pour certains... qu'en dites-vous ?

Je leur sourie et caresse la tête de Moon qui passe par là dans sa joie. Puis, je glisse à moitié en riant :

-Cela me permettra de dessiner de nouveaux paysages ! Au fait ! Où vous rendez-vous ? Par curiosité ?
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 4 Aoû - 20:02

Flash en reste bouche-bée. Elle me fixe gravement avec un air pensif. Elle se tourne aussi vers Moon pour croiser ses yeux bleus pétillant d’espoir. Puis se lève et s’approche de son lit. Je la suis du regard sans me lever. Moon, elle, lui colle aux basques. Flash sort une valise noire de sous son lit. Une lueur s’allume dans les yeux de ma compagne, qui crie déjà victoire en esprit. La valise, maintenant ouverte, dévoile un attrape-rêve. Recouvert de glyphes indiens, faits de fils colorés et entremêlés, il a une beauté mystérieuse et captivante. Flash le contemple longuement, l’effleure avec solennité, puis se relève et vient me rejoindre sur le canapé, son attrape-rêve collé contre son cœur. Moon la suit de près, admirant joyeusement le bel objet en poussant des jappements surexcités. Flash, le regard brouillé par l’émotion, nous dit alors :

- Vous êtes la seule chose qui me rattache à cette terre. Où que vous vous rendiez, même si c'est dans les enfers, je vous suivrai. Tant que vous voulez de moi. Même si je ne sais pas ce que vous faites sur les routes.

Mes yeux s’écarquillèrent de joie, et Moon, au comble du ravissement, pousse un puissant hurlement de bonheur.

- Kate, tu as entendu ça ! Elle vient avec nous, pour de vrai ! s’extasie-t-elle.
- Oui, Moon, j’ai entendu, je réponds en riant gaiement. Ses pauvres voisins ne pourront jamais se rendormir !

Flash reprend :

- Tu sais Kate, tu as pas tout à fait raison à propos de la vengeance. Pourquoi se faire tuer par le deuxième serpent quand tu peux lui faire perdre la raison ? Avant de partir, j'ai une liste de choses à faire. Vous seriez mes invitées d'honneur dans ce jeu sadique pour certains... qu'en dites-vous ?

Je fronce les sourcils, et Moon penche la tête sur le côté, interloquée. Flash en profite pour la caresser entre les oreilles, puis elle ajoute joyeusement :

- Cela me permettra de dessiner de nouveaux paysages ! Au fait ! Où vous rendez-vous ? Par curiosité ?

J’esquisse un petit sourire énigmatique. Je m’attendais à cette question. Moon s’assoit à mes pieds. Elle adore entendre l’histoire que je m’apprête à raconter à Flash. La langue pendante, la queue battant la mesure, elle attend patiemment que je réponde. Je plonge mon regard dans celui de Flash puis soupire :

- Flash, la vie est quelque chose de précieux, même celle d’enfoirés comme Jacob. Je comprends que tu lui en veuilles, mais tuer n’est pas une solution…


Je fais une pause et arbore alors une expression plus froide :

- Cela dit, « rendre fou » n’est pas vraiment considéré comme tuer… Alors tant qu’aucun meurtre n’est perpétré, tu as mon accord et ma participation ! De même pour Moon.


Celle-ci pousse un aboiement déterminé et se campe sur ses pattes, poil hérissé.

- C’est quand tu veux !
lance-t-elle en grondant.

Je rapporte ses paroles à Flash en riant, puis je prends une inspiration et d’un ton taquin je déclare :

- Quant à savoir où nous allons… C’est une longue histoire, alors installe-toi confortablement !


Je ferme un instant les yeux pour me remémorer tous les détails, même si je sais que Moon m’aidera en cas de trou. Je les rouvre et soutiens le regard de Flash en commençant à réciter les paroles légendaires d’un ton léger et chantant :

- « Ô toi, canidé de toute origine, si tu veux trouver Caanlumil, la Terre Libre et Millénaire, suis le chemin que je vais te conter. Caanlumil est partout et nulle part, car nous, canidés, sommes partout et nulle part. La route est tracée dans le cœur de tous, et la nature te la dévoilera. Pour voir enfin le chemin, chante ces paroles sur le battement de ton cœur, et la route à suivre deviendra limpide.
Suis le vent,
Au-delà de l’horizon,
Vers le soleil levant,
Sur la route des constellations.
Loin des hommes et de leurs villes,
Où la nature règne toute puissante,
Sur la route des racines d’Yggdrasil,
Sur les traces des étoiles filantes.
Caanlumil se révèlera aux courageux qui braveront les dangers du bout du monde. »

Je fais une pause pour laisser à Moon le temps de chanter un peu, puis je poursuis du ton grave et fluide d’un conteur :

- Tout est dit dans cette chanson de légende. Pour certains, Caanlumil est un mythe, un Jardin d’Eden inaccessible, un simple conte censé remonter le moral des canidés. Pourtant peu de chiens sont dupes. Caanlumil existe pour de bon, et la route pour y aller est dans le cœur de chacun. Certains, qui y ont vécu un temps, sont venus relater leurs vies, afin que tous sachent que le mythe n’en est pas un. Ce fut le cas de Toriel, un chef de meute renommé.

Je passe ma main dans le pelage de Moon en continuant :

- Moon et moi sommes en route pour Caanlumil. Là-bas, nous aurons une vraie famille, nous serons libres et nous ne souffrirons plus. Plus jamais. Là-bas, nous pourrons… tout faire. Tu pourras dessiner les plus beaux paysages du monde. Car Caanlumil est connu chez les canidés pour être le plus bel endroit au monde.

Je m’arrête et regarde Flash. Elle doit probablement nous prendre pour des folles. J’ai un petit rire et ajoute :

- Alors certes, ça paraît irréaliste. Comment cette terre pourrait-elle rester libre, avec les hommes qui ont envahi le monde ? Eh bien, en vérité… Je ne sais pas. À mon avis, ça pourrait être une sorte… d’univers parallèle. Je sais que ça peut te sembler stupide… Mais Caanlumil existe, c’est une certitude. Et si tu souhaites nous accompagner jusqu’au bout du monde pour en trouver l’entrée, tu es la bienvenue.

Je lui fais un grand sourire et Moon pousse un aboiement enjoué. Je passe la main sur son cou, et ajoute en riant à l'intention de Flash :

- Voilà ! Si tu as d’autres questions, sur Caanlumil, sur les Six Grandes Meutes qui parcourent ce monde, sur la Lune Rouge ou… sur tout en fait, nous sommes à ta disposition !


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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 4 Aoû - 23:49

Kate esquisse un sourire énigmatique. J'arque un sourcil un peu surprise. Moon s'assoie à ses pieds. L'air impatiente. Je souris, ce que j'aime les histoires ! La jeune fille me regarde alors fixement. Elle me dit comme en réprimande et encouragements :

- Flash, la vie est quelque chose de précieux, même celle d’enfoirés comme Jacob. Je comprends que tu lui en veuilles, mais tuer n’est pas une solution… elle fait une pause et reprend plus froide : cela dit, « rendre fou » n’est pas vraiment considéré comme tuer… Alors tant qu’aucun meurtre n’est perpétré, tu as mon accord et ma participation ! De même pour Moon.

Un sourire dangereux illumine mon visage quelques instants. Tandis que la berger aboie avec approbation et détermination. Je ris même quand Kate me fait la traduction de ses pensées. Je lui caresse la tête en la regardant droit dans les yeux. Patience jeune et téméraire chienne. Tout vient à point qui sait attendre.

- Quant à savoir où nous allons… C’est une longue histoire, alors installe-toi confortablement.

Kate me ramène au sujet initial et je l'écoute attentive. Bien calée dans le canapé. Elle commence son long et envoûtant récit d'une charmante voix :

- « Ô toi, canidé de toute origine, si tu veux trouver Caanlumil, la Terre Libre et Millénaire, suis le chemin que je vais te conter. Caanlumil est partout et nulle part, car nous, canidés, sommes partout et nulle part. La route est tracée dans le cœur de tous, et la nature te la dévoilera. Pour voir enfin le chemin, chante ces paroles sur le battement de ton cœur, et la route à suivre deviendra limpide.
Suis le vent,
Au-delà de l’horizon,
Vers le soleil levant,
Sur la route des constellations.
Loin des hommes et de leurs villes,
Où la nature règne toute puissante,
Sur la route des racines d’Yggdrasil,
Sur les traces des étoiles filantes.
Caanlumil se révèlera aux courageux qui braveront les dangers du bout du monde. »
une légère pause où je languis d'entente la suite se fait. Moon semble chanter, enfin pour mes oreilles... enfin, Kate reprend : tout est dit dans cette chanson de légende. Pour certains, Caanlumil est un mythe, un Jardin d’Eden inaccessible, un simple conte censé remonter le moral des canidés. Pourtant peu de chiens sont dupes. Caanlumil existe pour de bon, et la route pour y aller est dans le cœur de chacun. Certains, qui y ont vécu un temps, sont venus relater leurs vies, afin que tous sachent que le mythe n’en est pas un. Ce fut le cas de Toriel, un chef de meute renommé. Moon et moi sommes en route pour Caanlumil. Là-bas, nous aurons une vraie famille, nous serons libres et nous ne souffrirons plus. Plus jamais. Là-bas, nous pourrons… tout faire. Tu pourras dessiner les plus beaux paysages du monde. Car Caanlumil est connu chez les canidés pour être le plus bel endroit au monde.

Elle s'arrête deux secondes, paraissant craindre ma réaction. Je sourie juste, cette légende qui m'était inconnue m'intrigue énormément.

- Alors certes, ça paraît irréaliste, reprend la jeune fille, Comment cette terre pourrait-elle rester libre, avec les hommes qui ont envahi le monde ? Eh bien, en vérité… Je ne sais pas. À mon avis, ça pourrait être une sorte… d’univers parallèle. Je sais que ça peut te sembler stupide… Mais Caanlumil existe, c’est une certitude. Et si tu souhaites nous accompagner jusqu’au bout du monde pour en trouver l’entrée, tu es la bienvenue.

Je souris tandis que Kate fixe Moon, cette dernière enjouée.

- Voilà ! Si tu as d’autres questions, sur Caanlumil, sur les Six Grandes Meutes qui parcourent ce monde, sur la Lune Rouge ou… sur tout en fait, nous sommes à ta disposition !


Je secoue la tête négativement. Tout cela me donne envie de découvrir autre chose qu'une vie de mensonges. Je leur fais donc pars de mes pensées :

-Je n'ai pas de questions maintenant... si j'en ai, je te le ferai savoir ! Le plus important est dit. Et franchement, pourquoi te prendrais-je pour une folle ? Tu as un don, moi je suis née avec la couleur des belles de nuits !

Je fais une pause riant de bon cœur en grattant Moon sur sa tâche blanche au milieu du front. Je reprends songeuse :

-En fait, tes hypothèses sont intéressantes... mais si c'était une sorte de transe ? Qui vous guidez les un les autres dans ce monde extraordinaire ? Bref, c'est vous les guides je vous suis. Maintenant je vais revenir au présent, je me lève et me dirige de nouveau vers la valise tout en continuant plus sombre : il n'est pas question de tuer. La vie est un magnifique cadeau. Mais il y a des tortures et des traitements pires que la mort...

Je traîne la valise jusqu'à elles, et sort mes toiles une à une. Les laissant tout contempler. Chaque toiles représente une partie de ma vie plus ou moins abstraite. La mort qui salue un amérindien. Une petite fille dormant sous un cerisier tandis que des ombres malveillantes s'éveillent sous ses pieds. Un attrape rêve tâché de sang et brisée. Une jeune fille violée sanglotant et courant derrière son ravisseur. Et enfin ma pièce maîtresse. Un autoportrait de moi. On me voit sans aucunes expressions tandis que m'entoure dans un cercle parfait des émotions de moi, toute reliée avec un des quatre autres tableaux. Toute ma vie est sur ces 5 toiles. Dont ma moi d'avant que je trouve les filles.

-Ceci est l'œuvre de ma vie. Voyez ce que ces gens m'ont fait. Je ne sais même pas pourquoi j'ai envie de leur montrer ce que je suis en réalité... car voici ce que je vais faire...

J'attrape mon sac de dessin juste à côté de moi et leur sort deux photos d'un carnet de dessins. On peut apercevoir une femme stricte d'un certain âge en train de battre un enfant. Tandis que sur l'autre on peut voir Jacob dans une situation plutôt gênante pour lui... vu qu'il baise Jennifer. Je sourie méchamment tandis que j'explique aux filles :

-Voici la bonne sœur qui gérait l'orphelinat où j'étais. J'étais dans une rage folle quand j'ai appris ce qu'elle avait fait à mes camarades. Et vous pouvez reconnaître Jacob, je précise que c'est sa sœur Jennifer que vous pouvez apercevoir... demain je vais inviter ces trois personnes avec ces photos et ma mère a contempler ce que je suis et leur balancer trois quatre vérités à la tronche. Après on pourra partir tranquille. Vous en êtes ?

Échafauder mes mots me mettent dans une humeur joyeuse et joueuse. J'ai hâte de commencer ! Et puis de m'en aller loin de tout. Chercher un paradis qui rendra mes amies tellement heureuses... caresser une utopie, un rêve.
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 6 Aoû - 18:00

Flash secoue la tête, l'air songeuse.
Je me demande à quoi elle peut bien penser...
L'instant d'après, son regard se fait moins pensif et elle me dit :

- Je n'ai pas de questions maintenant... si j'en ai, je te le ferai savoir ! Le plus important est dit. Et franchement, pourquoi te prendrais-je pour une folle ? Tu as un don, moi je suis née avec la couleur des belles-de-nuit !

J'esquisse un sourire, soulagée par cette rassurante réponse. Elle nous croit sur toute la ligne, et elle se montre même enthousiaste. Moon pousse des jappements affirmatifs et enjoués tout en lançant :

- À cheveux de fleur, grand cœur !
- C'est quoi ce proverbe ? Il n'existe même pas !
- Je crois que je vais me reconvertir en philosophe. Inventer des proverbes, c’est plutôt rigolo.


- En fait, tes hypothèses sont intéressantes... mais si c'était une sorte de transe ? propose alors Flash. Qui vous guide les uns les autres dans ce monde extraordinaire ? Bref, c'est vous les guides je vous suis. Maintenant je vais revenir au présent.

Elle se lève, me laissant débattre de son idée avec Moon.

- Une transe ? Ça me semble plutôt crédible, même si je doute que ce soit cela. T’en penses quoi, Moon ?
- Je ne sais pas. J’en doute aussi... Pourquoi tant de chiens feraient cet interminable voyage pour trouver Caanlumil si y entrer ne nécessite qu’une simple transe ? Surtout que certains ont fini par trouver la mort...  
- Hmm...


Je dirige mon regard vers Flash. Elle est debout, près de sa valise, et déclare alors d’un air sombre :

- Il n'est pas question de tuer. La vie est un magnifique cadeau. Mais il y a des tortures et des traitements pires que la mort...

Moon plisse les yeux, intriguée par les paroles énigmatiques de Flash. Cette dernière a entièrement raison, mais quelque chose dans son expression m’inquiète. Moon se tourne vers moi, les oreilles couchées en arrière, tandis que mes sourcils se froncent.

- Qu’est-ce qu’elle compte leur faire, exactement ? gronde-t-elle d’un ton sifflant.
- Je ne sais pas, Moon. Si elle a l’intention de les torturer... qu’elle ne compte pas sur moi pour regarder ça.

Le regard de ma compagne se redirige sur Flash, qui tire sa valise ouverte vers nous. L’attrape-rêve retiré, nous pouvons apercevoir ce qui se cachait dessous : des toiles. Des peintures de Flash, qu’elle nous expose largement, nous montrant tout. La première, représentant un homme typé amérindien surmonté par l’inquiétante faucheuse. La deuxième, une petite fille assoupie sous un cerisier, entourée par des ombres cauchemardesques. Les teintes sombres et froides semblent engloutir les couleurs tendres de l’arbre protecteur.

- Ça, c’est elle, souffle Moon. Quand sa mère l’a abandonnée sous le cerisier.
- Et l’autre, c’est son père.
- C’est tellement triste... Et les tableaux sont si beaux...
- Oui...


Le tableau suivant représente son attrape-rêves, brisé et recouvert de sang. Les éclaboussures rouges sont si bien réalisées qu’on pourrait les croire faites de véritable sang. Un frisson me parcourt lorsque je songe qu’elle n’a effectivement peut-être pas utilisé seulement de la peinture, pour ce tableau-ci.

- Et celui-là, c’est elle à nouveau, analyse Moon d’une petite voix. Elle a été brisée, et elle le montre de par son objet fétiche... J’espère que ce bel attrape-rêves ne se cassera jamais comme ça...

Puis un tableau plus dérangeant, avec une fillette violée en larmes qui poursuit son agresseur. Je me rétracte à cette vue, et Moon pousse un grondement sourd. Le dernier, Flash nous le présente, avec une lueur de fierté dans ses yeux assombris par les cauchemars. C’est elle. C’est vraiment elle, le visage neutre, les yeux hantés. C’est là que nous réalisons que...

- ...Les cinq tableaux n’en forment qu’un seul, lâche Moon dans un souffle ébahi.
- C’est elle. C’est sa vie...
- Elle peint si bien. Tu crois qu’un jour, elle pourra peindre pour moi ?
- Que veux-tu qu’elle te peigne ?
- Mes parents, ensemble. Et ma chênaie natale, comme elle était avant d’être rasée. Inondée de soleil et peuplée d’oiseaux chanteurs...
- Ça serait magnifique
, je réponds doucement en la caressant.

Flash dit alors d’une voix emplie de sérieux et vibrante d’une rage sourde et refoulée :

- Ceci est l'œuvre de ma vie. Voyez ce que ces gens m'ont fait. Je ne sais même pas pourquoi j'ai envie de leur montrer ce que je suis en réalité... car voici ce que je vais faire...


Nous tendons l’oreille, sur le qui-vive. Nous allons enfin savoir ce qu’elle a l’intention de leur faire. Fourrageant dans le sac qui contient son matériel, elle en ressort deux photos. Sur la première, nous voyons une femme au visage sévère, les traits tirés par l’âge, dans des habits religieux, en train de battre violemment un enfant. À la vue de cette image, je me crispe et Moon pousse un grognement furieux. M’est avis que si elle croise la route de cette femme, Moon la découpera en rondelles.
Sur la deuxième, nous voyons le Castré, nu, penché sur une jeune fille. Leurs yeux sont habités d’une lueur perverse. L’image est suffisamment claire pour qu’on voie bien ce qu’ils sont en train de faire. Moon étire ses babines sur un sourire terrifiant et plein de crocs :

- Eh bien il peut toujours rêver pour recommencer ! Ses burnes ne sont maintenant rien de plus qu’un plat de lasagnes périmées.

Un sourire apparaît sur le visage de Flash. À ceci près qu’elle a des dents humaines et pas des crocs acérés, son sourire ressemble beaucoup à celui de Moon, tant ils sont empreints de rage et de plaisir sadique. Flash nous explique alors :

- Voici la bonne sœur qui gérait l'orphelinat où j'étais. J'étais dans une rage folle quand j'ai appris ce qu'elle avait fait à mes camarades. Et vous pouvez reconnaître Jacob, je précise que c'est sa sœur Jennifer que vous pouvez apercevoir... demain je vais inviter ces trois personnes avec ces photos et ma mère à contempler ce que je suis et leur balancer trois-quatre vérités à la tronche. Après on pourra partir tranquille. Vous en êtes ?

Une grimace de rage et de dégoût déforme nos visages, à Moon et moi.

- Sa propre sœur ? C’est infect, je siffle d’un ton venimeux. Et l’autre bonne femme, là, la vieille nonne... elle ne perd rien pour attendre.

- Dommage qu’elle n’ait pas de noix, parce que je les lui aurais bien arrachées, gronde Moon, les crocs dévoilés.
- Qu’est-ce que tu en dis, Moon ? On en est ? je demande d’un ton furieux, bien que je connaisse déjà sa réponse, et la mienne.
- Avec plaisir. Et le premier ou la première qui tentera quoi que ce soit contre Flash ou toi goûtera à son propre sang.

Nous nous tournons vers Flash, les yeux étincelant d’une joie sauvage. Je hoche la tête et confirme aussitôt d’une voix grondante :

- Tu peux compter sur nous.

J’échange un regard avec Moon, puis j’ajoute plus gentiment :

- Mais nous avons quelques interrogations, concernant ton plan. Il nous semble... faillible.

Je commence à énumérer nos questions tout en les comptant sur mes doigts :

- Premièrement, comment comptes-tu contacter ces personnes ? Deuxièmement... qu’est-ce qui te rend si sûre qu’ils viendront ? Comment s’assurer que ces gens ne te tendront pas un piège ? Après leur avoir balancé leurs quatre vérités, comment crois-tu qu’ils réagiront ? Ils pourraient nous attaquer, alors il nous faut bien nous préparer... As-tu des armes qui nous permettent de nous défendre ? Il faudrait aussi que tu nous parles d’eux plus en détails, que nous sachions à quoi nous attendre. Et puis, comme il n’est pas de plus sourd que celui qui ne veut rien entendre, crois-tu vraiment qu’ils t’écouteront, pendant que tu les accableras de reproches ?

Je referme les mains et la fixe gravement. Moon, un air déterminé sur le visage, hérisse ses poils et soutient également le regard de Flash.

- Et enfin... quel rôle aurons-nous à jouer dans tout ça ?

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 20 Aoû - 10:45

- Sa propre sœur ? C’est infect. Et l’autre bonne femme, là, la vieille nonne... elle ne perd rien pour attendre, siffle Kate en crachant du venin.

Un sourire dangereux germe sur mes lèvres. Devant cette bonne sœur, je savais qu'elles allaient réagir. Kate et Moon se tourne vers moi et confirme mes pensées :

- Tu peux compter sur nous, elles échangent un regard et Kate reprend plus douce : Mais nous avons quelques interrogations, concernant ton plan. Il nous semble... faillible.

J'arque un sourcil interrogateur. Il est vrai qu'elles ne savent pas toutes les subtilités de mon plan. J'hoche la tête tandis que Kate commence à énumérer les questions en comptant sur ses doigts :

- Premièrement, comment comptes-tu contacter ces personnes ? Deuxièmement... qu’est-ce qui te rend si sûre qu’ils viendront ? Comment s’assurer que ces gens ne te tendront pas un piège ? Après leur avoir balancé leurs quatre vérités, comment crois-tu qu’ils réagiront ? Ils pourraient nous attaquer, alors il nous faut bien nous préparer... As-tu des armes qui nous permettent de nous défendre ? Il faudrait aussi que tu nous parles d’eux plus en détails, que nous sachions à quoi nous attendre. Et puis, comme il n’est pas de plus sourd que celui qui ne veut rien entendre, crois-tu vraiment qu’ils t’écouteront, pendant que tu les accableras de reproches ?


Elles me fixent gravement, toutes les deux. Et je leur soutien ce regard dur. Kate referme ses mains et pose son ultime question :

- Et enfin... quel rôle aurons-nous à jouer dans tout ça ?

Mon sourire se fait terrible. Mes proies devraient avoir peur. Car notre trio et ma vengeance sera implacable. Je les regarde tour à tour et soupire de joie. Je murmure un «merci» puis me remets à fixer les tableaux à peine étalés sur le sol.

-Ils n'auront aucuns échappatoire. Car crois-tu qu'il est possible de se libérer de liens serrés ?

Ma voix est dure. Violente, froide. Laissant à Kate le loisir de dévisager les quatre chaises de ma cuisine, le temps de relier le tout tandis que je me lève et saisie les tableaux. Je fais signe à Kate de se lever du canapé pour que je puisse les poser dessus. Le dernier plus grand les dominants tous. Je me retourne vers mes amies et d'un geste théâtrale leur montre les photos au sol :

-Un petit mot provocateur avec mon adresse devrait suffire tu ne crois pas ? Je vais m'introduire cette nuit pour glisser ces photos en évidence chez eux. Cependant il est vrai que je n'ai pas de photo de ma mère. D'ailleurs, comment lui reprocher d'avoir voulu mon bien en m'abandonnant ? Vous le comprendrez sûrement demain en la voyant. Elle est... spéciale... bref. Si je lui offre l'attrape-rêve avec la clef de mon appartement accrochée elle comprendra je le sais. Elle... elle ne sait même pas que je suis encore vivante... elle le préfère.... enfin vous comprendrez demain ! Je préfère ne pas trop vous en dire à son sujet !

Il est vrai que le secret qui englobe ma mère est mystique. Mais comment leur avouer ? Elle est lunatique, parfaite, intemporelle. Et surtout... ce don qu'elle possède... je secoue négativement la tête et récupère mon sourire dangereux. Revenue à l'instant présent. Je vais chercher les chaises dans ma cuisine et m'empresse de faire de la place devant le canapé pour les installer. Je  m'assois en faisant signe à Kate de faire de même et reprends avec un peu plus de douceur :

-Quant à la défense physique je crois qu'il me reste quelques armes blanches et un ou deux flingues du temps où j'étais avec le gang. De la corde aussi, elle va être primordiale pour attacher les trois connards. Quant à la défense morale... je pense que vous savez que maintenant que Jacob est castré... vous lui avez enlevé sa fierté. Si il vous emmerde avec, tâchez de lui rappeler ce qu'il est. Quand à Jennifer... hum... son père lui fout une trouille monstre. Il appréciait beaucoup violer ses enfants dans leur jeunesse. Ça a traumatisé Jennifer plus que son frère. Maintenant qu'elle dirige le gang avec Jacob elle se croit tirée d'affaire, mais ce n'est pas le cas. Si il apprend avec qui elle couche, il serait capable de recommencer à la battre. Et enfin la nonne. En fait elle a peur de moi car je ne ressemble pas aux enfants du Christ. Donc elle ne m'a jamais frappé mais plutôt isolée. C'est long quand nous sommes seules... bref. Frapper est un plaisir sadique pour elle. Si tu la prives de son plaisir elle va chouiner comme un enfant gâté. Je vous laisserez même un plaisir de la frapper...

Je fais une pause et les dévisage avec plus de douceur. Comme de la compassion. Mon plan est peut-être faillible, mais moralement je ne donnerai plus pour ces gens. Je reprends alors :

-Votre rôle sera de m'aider à ligoter les trois petits connards sur ces chaises et de les désarmer si armes ils ont. Je donnerai des horaires différents à chacuns. Ce qui nous laissera le temps pour les maîtriser un par un. Ma mère sera la dernière à arriver. Je dirai ce que j'ai à dire et puis nous partirons. Laissant ces trois idiots attachés avec l'amour maternel pour vengeance.

C'est suicidaire, décousu. Mais je le veux. Je souhaite me venger. Je souhaite voir ma mère se décomposer devant ce que je suis devenue. Je souhaite la voire appeler la police. Je souhaite... non... je veux voir ces pourritures derrière les barreaux. Jennifer fait du trafique de drogue, Jacob est un violeur et la nonne maltraite des enfants. Et ma mère... même si elle m'a abandonné je sais aujourd'hui pourquoi. Je ne l'ai toujours pas digéré, mais je sais que c'est pour mon bien. Mon père et ma mère, c'était fusionnel. Et je suis l'union de cette fusion. Mais sans l'un des trois membres qui composaient ma famille l'équilibre est rompu. Le don de ma mère devient alors ingérable. Alors oui, je sais pourquoi sa tristesse a voulu me chasser de sa vie. Mais aujourd'hui, on m'a proposé de tout recommencer. De choisir une autre voie. Et je veux la suivre. Cependant, je dois abandonner l'ancienne. Et pour ça, je dois me venger.

Je fais signe aux filles. Si elles veulent être en forme tout à l'heure, elles devraient dormir. Je leur soutiens que le reste de la gestion pourra attendre quelques heures et que je n'ai pas besoin d'elles pour la tâche qui m'attend. Je gribouille quelques chose au dos de chaque photos tandis que j'accroche une clef sur la place vide de l'attrape-rêve. Je sors dans ce qui reste de la nuit avec son air glacé. Le froid me revigore de ma courte nuit et je me dirige déterminée vers mes destinations, un paquet dans les bras. Après quelques minutes de marche j'arrive devant un bâtiment sale et délabré. Je souris en remarquant le manque de surveillance de la part du gang. Je glisse une enveloppe sous la porte et m'en retourne vers ma prochaine destination. L'orphelinat se dresse, sombre et sordide dans le jour naissant. La mort semble hanter ce lieu et j'en frissonne. Je glisse une nouvelle enveloppe sous la porte noire d'une ancienne époque et presse le pas en m'en allant. Je n'aime pas cet endroit. Après plus d'une demi-heure de marche j'arrive dans un quartier paisible. Dans une banlieue calme. Des petites maisons sont bordées d'immenses jardins. Une allée scinde la grande allée en deux, avec des arbres pour nous apporter de la fraîche et des feuilles à l'automne. Je souris à cette pensée en me rappelant mes parents balayant toutes les feuilles mortes et moi qui riait de jouer dans les flaques d'eau. Je m'arrête au bout d'un chemin de castine blanc. Une maison de la même couleur se tient au sommet de cette bute. Je serre le paquet un peu plus fort sur mon cœur. Je ne devrai pas m'attarder ou les larmes vont de nouveau m'attaquer. Une fois près d'une fenêtre je l'entre-ouvre et glisse en douceur le paquet. Puis je m'en vais en courant en entendant une femme demander :

-Qui est là ?

Sur le chemin du retour je songe aux mots que j'ai laissé à ma mère :

«Je sais que tu sais qui est la personne qui t'as laissé ceci. Là où je m'en vais, il ne pourra m'accompagner. Seule une partie le fera. Et je sais que tu es la meilleure personne pour garder ce vestiges du passé. Qu'il puisse te préserver des cauchemars !

La clef que je te donne te permettra d'ouvrir mon antre. Viens y découvrir ce que je suis devenue à 16 heures. Tu connais le chemin.»


Ma mère connaît le chemin... à cause de son don. Je me rends compte bien trop vite que je suis déjà au pied de l'escalier menant à mon appartement. Je grimpe les marches quatre à quatre et entre sans bruits. Je me couche habillée et m'endors quelques heures avant le début de ma vengeance. Un sourire dangereux revient, le temps que je m'abandonne aux bras de Morphée.
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 20 Aoû - 15:36

Flash arbore alors un terrifiant sourire. La lueur meurtrière qui passe dans ses yeux lui donne une allure encore plus effrayante. Elle murmure un léger remerciement, puis, le regard plongé sur ses toiles, gronde d'une voix menaçante :

- Ils n'auront aucun échappatoire. Car crois-tu qu'il est possible de se libérer de liens serrés ?

Soudain j'aperçois les quatre chaises disposées dans la cuisine. Mes mains se crispent tandis qu'une image remonte. Une image sombre. Un petit cagibi isolé, plongé dans l'obscurité nocturne, au centre duquel se tient fièrement une chaise en bois. Autour de moi, des visages durs et fermés qui m'entravent les poignets et les chevilles. Je secoue violemment la tête pour chasser cette vision du passé.

- Kate
, murmure doucement Moon près de moi.
- Elle a raison, je lâche d'un ton crispé. Bien serrés, les liens sont impossibles à défaire. Et il n'y a aucun échappatoire.
- Ces gens sont des ordures, ils le méritent. Et puis, si l'on ne les attache pas bien, ils pourraient nous attaquer.

- Ah oui ? je gronde, soudainement furieuse. Bill se justifiait exactement comme ça, avec moi !

Moon se recroqueville un instant, les oreilles baissées.

- Kate, je suis désolée...

Je détourne le regard. Je n'aime déjà pas cette idée. Mais j'ai promis à Flash d'aller jusqu'au bout... Tant pis, je n'aurais qu'à regarder ailleurs quand elle les malmènera. Soudain, elle me fait signe de m'écarter du canapé. Je me lève, les mains tremblantes, tandis qu'elle y dispose ses tableaux. Elle prend soin de les arranger correctement, afin que le plus grand les domine. Puis, dans un grand mouvement de la main, désigne les photos.

- Un petit mot provocateur avec mon adresse devrait suffire tu ne crois pas ? Je vais m'introduire cette nuit pour glisser ces photos en évidence chez eux. Cependant il est vrai que je n'ai pas de photo de ma mère. D'ailleurs, comment lui reprocher d'avoir voulu mon bien en m'abandonnant ? Vous le comprendrez sûrement demain en la voyant. Elle est... spéciale... bref. Si je lui offre l'attrape-rêve avec la clef de mon appartement accrochée elle comprendra je le sais. Elle... elle ne sait même pas que je suis encore vivante... elle le préfère.... enfin vous comprendrez demain ! Je préfère ne pas trop vous en dire à son sujet !

Les yeux de Flash se voilent un instant, comme si elle repensait à tout ce qu'elle ne nous dit pas. Je fronce les sourcils de désarroi. Je commence à croire qu'elle veut attaquer sa mère...
Non, je me refuse à penser une telle chose !
Mais en voyant Flash secouer la tête et reprendre son sourire froid, Moon l'imite en poussant un petit grondement déterminé, tandis que je doute de plus en plus. Je suis toujours sceptique, convaincue que, demain, mon passé ressurgira, et que rien ne pourra l'empêcher de me faire souffrir. Pendant ce temps, Flash a ramené les chaises ici, et les a disposées face au canapé et aux œuvres qu'il maintient. Elle s'assoit sur l'une d'elles, et m'invite d'une main à faire de même. J'ai un mouvement de recul devant les petites chaises bien alignées, et je décide de m'assoir au sol. Moon vient aussitôt fourrer sa truffe dans mon cou. Flash reprend d'une voix légèrement adoucie :

- Quant à la défense physique je crois qu'il me reste quelques armes blanches et un ou deux flingues du temps où j'étais avec le gang. De la corde aussi, elle va être primordiale pour attacher les trois connards. Quant à la défense morale... je pense que vous savez que maintenant que Jacob est castré... vous lui avez enlevé sa fierté. S'il vous emmerde avec, tâchez de lui rappeler ce qu'il est.


Moon pousse un aboiement de joie féroce.

- J'ai hâte de revoir sa sale face d'eunuque ! Il va me craindre, comme l'autre salopard de violeur d'autrefois.

Je lui jette un regard songeur tandis que Flash poursuit :

- Quand à Jennifer... hum... son père lui fout une trouille monstre. Il appréciait beaucoup violer ses enfants dans leur jeunesse. Ça a traumatisé Jennifer plus que son frère. Maintenant qu'elle dirige le gang avec Jacob elle se croit tirée d'affaire, mais ce n'est pas le cas. S'il apprend avec qui elle couche, il serait capable de recommencer à la battre. Et enfin la nonne. En fait elle a peur de moi car je ne ressemble pas aux enfants du Christ. Donc elle ne m'a jamais frappée mais plutôt isolée. C'est long quand nous sommes seules... bref. Frapper est un plaisir sadique pour elle. Si tu la prives de son plaisir elle va chouiner comme un enfant gâté. Je vous laisserai même un plaisir de la frapper...

Ces paroles me font prendre un air horrifié. La battre ? Alors qu'elle sera attachée sur une chaise, à la merci de trois visages furieux ? Non, non, pas question. Cela ferait remonter trop de souvenirs. Et ce qu'elle me raconte sur Jennifer me fait presque éprouver de la compassion pour elle. Je vois qu'elle nous dévisage gentiment. Je baisse la tête, gênée. Moon, elle, laisse pendre sa langue pour lui signifier que nous écoutons toujours.

- Votre rôle sera de m'aider à ligoter les trois petits connards sur ces chaises et de les désarmer si armes ils ont. Je donnerai des horaires différents à chacun. Ce qui nous laissera le temps pour les maîtriser un par un. Ma mère sera la dernière à arriver. Je dirai ce que j'ai à dire et puis nous partirons. Laissant ces trois idiots attachés avec l'amour maternel pour vengeance.

Sentant mes mains commencer à trembler, je les enfouis dans la fourrure de Moon. Les ligoter...

- Moon, je... je ne peux pas faire ça..., je gémis.
- Mais si tu peux, me répond-elle d'une voix douce. Et puis, après tout... tu connais des nœuds très efficaces, ajoute-t-elle, plus hésitante.
- Oui, ça c'est sûr, je réponds, écœurée.

Flash s'est levée. Elle semble prête à s'en aller. Elle nous explique qu'elle n'a pas besoin de nous pour ce qu'elle va entreprendre, et insiste en prétextant que nous aurons besoin d'être en forme.
La forme physique ne me manquera pas, simplement, la forme morale ne sera pas forcément au rendez-vous..., je songe.
Apercevant le canapé encombré, je déroule mon sac de couchage pour dormir au sol. Moon vient se blottir près de moi, et quelques secondes plus tard, la porte d'entrée qui se ferme m'apprend que Flash est partie. Je jette un regard au ciel sombre et nuageux que l'on aperçoit à travers la vitre de la fenêtre. Une part de moi désire ardemment que le soleil se lève, afin que nous puissions partir au plus vite, après l'annonce de fin de Pakteilu. L'autre ne désire qu'une chose : que la nuit dure éternellement, et que jamais le lendemain ne pointe, avec son annonce de souffrance. Les minutes passent, défilent comme du sable coulant entre les doigts, tandis que la Lune Rouge continue sa lente course descendante dans le ciel. Moon s'est déjà endormie, et son léger ronflement accompagne mes pensées.
J'avais été si impatiente de les faire payer, si ravie de les voir souffrir... alors d'où venait cette réticence ? Je le sais, bien sûr. Je n'ai pas peur d'eux, ou de ce qu'ils pourraient m'infliger, mais des souvenirs qu'ils feraient remonter malgré eux à la surface. Et ces souvenirs me terrifient, au moins autant que lorsque je les vivais. Le ventre noué par l'appréhension, je finis par m'endormir. Je plonge dans un sommeil profond sans rêve, juste des ténèbres infinies.

Lorsque je rouvre les yeux, un creux froid a remplacé le corps de Moon. Je sens dans son esprit qu'elle est réveillée depuis plusieurs minutes, et qu'elle est actuellement en train de fourrer sa truffe humide dans la nuque de Flash pour la réveiller. Je me lève et m'étire longuement. Même l'amusement que me procure les protestations de Flash, réveillée par le museau humide de Moon, ne parvient pas à effacer la boule d'angoisse lovée au creux de mon estomac. Je m'approche de mon sac pour en sortir des baies. En faisant rouler les petits fruits ronds dans ma main, je me rends compte que j'ai pas faim. J'en lance quelques unes à Moon qui les gobe au vol, puis j'en donne à Flash avant de ranger la petite bourse. Moon, surexcitée, sautille sur place.

- J'ai hâte de savoir ce qui s'est passé ! Il faut qu'on y aille !
- Tu ressens l'appel de la messagère ?
je m'enquis.
- Oui ! Je les sens, ils ne sont pas très loin. Le parc, je crois. En plein cœur. Ils sont déjà nombreux, ils commenceront sans nous si l'on ne se presse pas !
- Très bien.


Je lance un regard plein de doutes aux chaises qui trônent dans le salon, puis je lance à Flash :

- Nous avons un peu de temps avant que l'opération ne commence. Moon et moi devons assister à une réunion.

J'hésite un instant, puis poursuis :

- C'est en rapport avec la Lune Rouge d'hier, c'est vraiment important. Nous devons absolument y être, et cela commencera bientôt. D'après Moon, c'est au cœur du parc. Ce sera fini avant midi, promis. Tu peux nous accompagner si tu le souhaites, même si tu ne comprendras probablement pas grand-chose. Si tu veux venir, libre à toi, tu as juste à nous suivre et surtout, ne pas te montrer menaçante.

Je ramasse mon sac, le fais glisser sur mon épaule, puis nous sortons. Flash nous suit, comme je m’y attendais. Nous nous dirigeons vers le parc. Il est relativement vide, comme hier, mais cette fois, c’est compréhensible : le ciel est couvert de nuages grisâtres peu engageants. Aussitôt que nous entrons dans le parc, Moon prend la tête, les oreilles dressées. Sans aucune hésitation, elle se dirige hors des sentiers pour s’engouffrer entre des buissons touffus. Je la suis en m’assurant de ne pas la quitter des yeux ; j’entends une grande agitation provenir par-devant. Moon nous attend à la sortie du chemin entre les buissons, la langue pendante. Nous débouchons dans une petite clairière lumineuse. De nombreux chiens de toutes races, toutes tailles et de toutes les couleurs sont déjà là, assis, entourant une petite souche qui surplombe la clairière herbeuse, discutant et échangeant avec gaieté. Sur cette souche se tient une petite chienne qui me salue d’un signe de tête amical lorsque j’arrive. Je la reconnais aussitôt : Aloé, la bergère australienne messagère, chargée de l’Europe. Je l’ai rencontrée lors de maintes réunions et je l’apprécie pour sa gentillesse et sa compréhension. Comme toujours, sa fourrure fournie brille sous les rayons du soleil, et ses pattes fines semblent contenir un feu d’énergie infini. Ses yeux bleus et pâles parcourent l’assemblée. Je l’avertis aussitôt en pensée de l’arrivée de Flash, en lui assurant qu’elle est avec nous et qu’elle n’est pas dangereuse. Aloé lui jette un petit regard curieux et hoche la tête avant de reporter son attention sur un mâle âgé, installé au premier rang, qui lui parle. La plupart des chiens présents se retournent pour nous saluer, Moon et moi ; certains parmi eux nous connaissent déjà, les autres sont simplement polis. Certains jettent des regards méfiants ou méprisants à l’adresse de Flash – ceux-là n’ont jamais vraiment apprécié les humains –, puis se détournent lorsqu’Aloé pousse un aboiement sonore. Je glisse dans un souffle à l’oreille de Flash sur un ton impérieux :

- La réunion va commencer. Maintenant, silence absolu.

Moon s’est un peu éloignée pour assister à l’assemblée aux côtés d’une jeune dalmatienne avec qui elle s’était liée d’amitié au cours d’une réunion passée. Aloé commence à parler ; tous l’écoutent avec un profond respect. Je ne traduis par pour Flash, il faudra qu’elle attende la fin ; interrompre Aloé serait une offense extrême. Elle commence par les annonces classiques : naissances, découvertes de nouvelles propriétés chez certaines plantes… Puis, son regard se fait plus sérieux, plus mystérieux, alors qu’elle annonce l’une des plus grandes nouvelles qui soit. J’écarquille les yeux, soufflée et ravie. Moon bondit sur ses pattes dans un aboiement enthousiaste. Tous les autres chiens l’imitent, et bientôt tous crient leur bonheur et leur allégresse. Moon me rejoint et se jette sur moi, ivre de joie.

- Tu te rends compte, tu te rends compte ?! répète-t-elle tant elle ne peut y croire.

J’éclate de rire devant sa mine radieuse. Aloé, perchée sur la souche, observe l’assemblée avec le calme attendri d’une mère regardant ses enfants jouer. Puis, une fois l’assemblée un peu calmée, elle se lève pour conclure la réunion par le traditionnel hurlement. Tous les chiens l’imitent, et je lève la tête également en dévoilant mon cou ; signe de politesse qu’effectuent les chiens ne pouvant hurler, mais montrant qu’ils prenaient part à la vie collective. Du bout du doigt, je relève le menton de Flash pour qu’elle fasse de même ; il ne manquerait plus qu’elle offense tous ces chiens ! Puis, Aloé saute de la souche et disparaît dans l’ombre des fourrés environnants. Son odeur s’est déjà dissipée ; elle est partie avertir d’autres chiens. Ceux qui se trouvent ici discutent un peu, et commencent à se séparer, quittant la clairière de tous les côtés dans un joyeux remue-ménage. Moon, les yeux brillants, discute avec la dalmatienne sur un ton surexcité. Je me tourne vers Flash, qui semble perdue, et lui résume la réunion. Puis, lorsque vient le moment de lui annoncer la nouvelle, je lui dis d’une voix rendue suraigüe par le bonheur :

- Et nous venons d’avoir une grande nouvelle ! Autrefois, Caanlumil ne pouvait être trouvé qu’en allant au bout du monde, tu te souviens ? Eh bien, suite aux nombreux décès de l’année précédente, les chefs des Six Meutes Ancestrales ont décidé que Caanlumil n’aurait plus une entrée, mais six ! Afin de ne pas envoyer inutilement nos frères et sœurs à la mort ! Une porte dans chaque continent, une pour chaque meute ! Cela signifie que nous n’avons plus à parcourir le monde ! Notre quête n’est plus si insensée ! Maintenant, il nous suffit de retrouver la Meute d’Europe, la Meute de Naïa, et nous aurons notre porte pour Caanlumil ! Tu te rends compte ? C’est formidable !!


Je me lève, agrippe ses poignets et esquisse quelques pas de danse. Moon me rejoint en aboyant gaiement ; la dalmatienne s’est éclipsée, elle aussi. Nous sommes seules dans la clairière, à danser notre joie. Moon bondit partout, la fourrure ébouriffée et parsemée de feuilles.
Une fois un peu calmées, nous prenons le chemin du retour, la tête pleine d’étoiles. Nous n’en revenons pas. C’est tellement… parfait ! Nous arrivons à l’appartement un peu avant midi. Je mange quelques baies ; la bonne nouvelle m’a fait oublier mon appréhension. Moon en remange quelques unes également, et j’en donne à Flash dans le doute. Puis nous préparons l’appartement pour l’arrivée de nos « invités ». Moon nettoya sa fourrure et lustra ses crocs. Je pris une brève douche et me changeai. Flash elle aussi semblait se préparer activement.
Une heure plus tard, Moon redressa les oreilles d’un mouvement vif.

- Il y a quelqu’un, derrière la porte, annonce-t-elle.

Je fais signe à Flash, et nous accueillons notre première guest-star. La vieille nonne. Elle est facile à maîtriser, grâce à Moon, qui semble la terrifier aussitôt. Je laisse à Flash le plaisir de l’attacher brutalement et de la battre si nécessaire. Lorsqu’elle commence à trop brailler, je lui fourre un bout de tissu dans la bouche. Puis je me poste près de la porte ; j’attends de pied ferme le Castré. Moon aussi, impatiente qu’elle est d’admirer le résultat de ses crocs sur son bras gauche et son entrejambe. Mais la suivante s’avère être Jennifer, la jeune fille de la photo. Lorsqu’elle nous aperçoit dans l’embrasure de la porte, elle tente de s’enfuir à toutes jambes, mais Moon la fait changer d’avis en lui barrant la route, tous crocs dehors. Je la conduis à l’intérieur en la raillant légèrement, puis la fais asseoir sur la chaise pour que Flash puisse s’occuper d’elle.
Soudain, après que Jennifer soit attachée, la sonnette retentit. Preuve de l'arrivée d’une personne assurée et hautaine. Je croise le regard de Flash ; elle aussi sait qui se trouve derrière la porte.

- C’est le Castré, je gronde d’une voix basse.
- Quel sale petit arrogant, éructe Moon. Je lui ferai payer ses grands airs !

Nous nous plaçons aux côtés de Flash pour accueillir le Castré, parées à intervenir s’il venait à se montrer menaçant. J’ai à la main mon couteau dentelé ; Flash a un revolver à la ceinture, et probablement d’autres armes. Moon se lèche les babines d’un air furibond. Lorsque Flash ouvrira la porte, nous serons toutes prêtes à bondir.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 27 Aoû - 18:18

Je dors doucement, bercée par ma respiration. Lorsque je sens soudain une masse avancer à quatre patte de mon lit et une truffe glacée et mouillée prendre place dans ma nuque. Je frémis en me roulant en boule.

-Moon je dors ! dis-je de la voix de celle qui est grognon.

Je grogne en entendant Kate glousser. Je soupire et me lève finalement pour aller chatouiller Moon de réprobation. Nan mais oh ! C’est moi la cheffe dans mon appart ! Je la laisse partir en riant de bon cœur et me dépêche de m’habiller. Je mange vite fait avec les filles jusqu’à ce que Kate me dise :

- Nous avons un peu de temps avant que l'opération ne commence. Moon et moi devons assister à une réunion, elle hésite un instant et reprend : c'est en rapport avec la Lune Rouge d'hier, c'est vraiment important. Nous devons absolument y être, et cela commencera bientôt. D'après Moon, c'est au cœur du parc. Ce sera fini avant midi, promis. Tu peux nous accompagner si tu le souhaites, même si tu ne comprendras probablement pas grand-chose. Si tu veux venir, libre à toi, tu as juste à nous suivre et surtout, ne pas te montrer menaçante.

J’approuve silencieuse. Kate ramasse son sac et nous nous dirigeons vers le parc d’hier. Je ferme tout de même à clef la porte de mon appart avant de me précipiter dans l’escalier pour les rejoindre. Lorsque le cerisier pointe au loin, je détourne le regard. Moon prend la tête du trio et se repère avec facilité entre les chemins de terre. Le ciel est lourd, plein de nuages gris. Je remarque la désertion de promeneurs de par le temps. Tant mieux. J’aime pas me frotter à la population. Finalement, après avoir passé des buissons, nous arrivons dans une petite clairière. Je reste bouche bée devant le spectacle qui s’offre à moi. De nombreux chiens, de tous les horizons et de races. Ils englobent, assis, en demi-cercle une chienne sur une souche. Une berger australienne je crois me souvenir. Je peux apercevoir de la curiosité dans ses yeux bleu pâles. La plupart des chiens salue les filles tandis qu’elles passent pour s’installer. Je garde plutôt mes distances et les suit pieusement. Certains chiens me dévisagent avec méfiance. Je pourrai même lire de la colère. J’aimerai leur répondre avec tout mon courroux que je ne fais pas parti des salauds qu’ils méprisent. Je suis différente. Cependant ils se retournent vite vers la berger australienne lorsqu’elle aboie avec une forte sonorité. Kate me murmure impérieusement que la réunion va commencer et qu’il faut se taire. J’hoche la tête pour acquiescer. Un temps qui me paraît alors interminable débute. Puis soudain, l’expression de toute l’assemblée semble changer. Moon qui s’était écartée bondie alors en aboyant. Puis tous les autres chiens commencent à l’imiter. Moon saute sur Kate heureuse. La victime a d’ailleurs un sourire béat heureux. Qu’est-ce que la chienne aurait pu leur annoncer qui soit si joyeux ? Puis la berger australienne commence à se mettre à hurler. Tous les chiens entame ce même chant et même Kate redresse la tête. J’allai faire de même, pensant que c’est un signe de politesse lorsque Kate me devance en me redressant le menton du bout du doigt. Je lui sourie gentiment. Puis enfin tous ce calme et la chienne sur la souche s’en va. Les chiens aboie, comme s’il se raconté des choses et je sourie devant cette société qui nous est dissimulée sous nos propres yeux. À cela c’est que plus jamais je ne verrai les canidés sous cet angle ! Kate se tourne alors vers moi et m’explique en gros la réunion. Sa voix monte dans les joies des aigües lorsqu’elle m’annonce :

- Et nous venons d’avoir une grande nouvelle ! Autrefois, Caanlumil ne pouvait être trouvé qu’en allant au bout du monde, tu te souviens ? Eh bien, suite aux nombreux décès de l’année précédente, les chefs des Six Meutes Ancestrales ont décidé que Caanlumil n’aurait plus une entrée, mais six ! Afin de ne pas envoyer inutilement nos frères et sœurs à la mort ! Une porte dans chaque continent, une pour chaque meute ! Cela signifie que nous n’avons plus à parcourir le monde ! Notre quête n’est plus si insensée ! Maintenant, il nous suffit de retrouver la Meute d’Europe, la Meute de Naïa, et nous aurons notre porte pour Caanlumil ! Tu te rends compte ? C’est formidable !!

Elle se lève, m’attrapant les poignets et je me lève aussi tout sourire. La quête que cherche à accomplir mes amies n’est plus aussi folle ! La nôtre maintenant ! Kate commence à danser. Moon aussi. Alors pourquoi pas moi ? Je les imite, dansant toute la joie qui me traverse ! Nous sommes trois folles hurlant la joie d’un rêve au milieu d’un parc abandonné. Si mon père me voyait, il serait heureux que je me sois fait des amies. Je le sais.

Nous sommes de retour chez moi. La bonne nouvelle de tout à l’heure est encore plus étirée de par l’après-midi qui nous attend. Je mange des pâtes et des baies que Kate me donne gentiment. Puis je passe le reste du temps à préparer des affaires pour le voyage dans un grand sac à dos. Finalement je me sens vite prête à partir. Je trouve des grands cartons que je scotche aux fenêtres. Je sors les armes restantes et les astique longuement avant d’en passer à Kate. Finalement j’installe une lampe à ultraviolet aux pieds des peintures sur le canapé et m’assoie face à elles. Sur les chaises de « tortures ». Une heure plus tard, Moon redresse les oreilles et fixe la porte. J’ai pas besoin que Kate traduise car je sais que la nonne est à l’heure. Moon fait tellement peur à la vieille qu’elle se laisse docilement attacher. L’appartement retombe vite dans la pénombre et j’entends juste le souffle paniqué de la vieille à qui j’ai dit de la fermer si elle tient à la vie. De plus, Kate la bâillonné au cas où, vu qu’elle commençait à crier. Les filles se postent près de la porte. Lorsque c’est Jennifer qui entre sans frapper, elles ne les remarquent à l’ombre de l’encadrement de l’entrée. Je lui dis avec un sourire en coin, appuyée contre la nonne qui s’est retournée vivement en s’époumonant pour rien :

-Salut sale garce. Je t’ai manqué ?

Lorsqu’elle voit les filles, elle essaie de faire demi-tour mais Moon lui fait changer d’avis et Kate la mène à sa place pour que je m’occupe d’elle. Avec un pur sadisme, je l’attache fermement et lui mets aussi un morceau de tissu dans la bouche. Quelques temps après, la sonnette retentie. Je reconnais bien là la manière de procéder de Jacob et il suffit d’un regard entre Kate et moi pour qu’on sache. Cette dernière l’appelle par le surnom très comique qu’il a attrapé hier soir. Je glousse tandis que Jennifer hurle autant que le tissu retient son cri. Les filles m’encadrent, prête à m’aider au besoin. J’apprécie tellement leur aide que je leur rends un petit sourire en coin. Je sors le revolver de ma ceinture. Le silencieux est déjà fixé alors j’avance doucement vers la porte. Jacob sonne une deuxième fois et tambourine la porte. Je ris doucement devant son impatience. J’attrape à l’arrière de mon jean un couteau semble à celui avec lequel Kate s’est armée. Et je fais signe à cette dernière d’ouvrir la porte pour moi. Ayant les mains prises. Lorsque la porte s’ouvre, la lumière du couloir inonde la pièce sombre avec Jacob qui entre furibond. Il aperçoit ni Kate ni Moon, me visant avec son propre flingue. J’arque un sourcil interrogateur car j’ai le même réflexe. Son seul défaut fut de détailler mon appartement au lieu de tirer.

-Tu as perdu chou, dis en dégainant mon couteau de chasse.

Je le place vite et bien juste sous sa gorge. La mettant à nue. Faisant perler une petite goutte de sang.

-Lâche ton arme ! ordonnais-je fermement.

Il s’exécute et l’arme tombe avec un bruit sourd sur le plancher. Je sourie et le guide nonchalamment à sa place tandis qu’il boite à cause de ses blessures. Je l’assoie, l’attache et le bâillonne. Et puis le fouille tout de même. Voir s’il n’a pas d’autres armes. Ce qui est le cas. Je lance le couteau à travers la pièce. Il se plante plus loin dans le plancher. La porte a été refermée. Nous sommes donc de nouveau dans la pénombre. Finalement, je m’assoie près de Kate sur mon lit et lui dit :

-Kate, ma mère… n’en ai pas peur. Je pense pas qu’elle va t’impressionner, mais je préfère prévenir, par sympathie.

J’entends la nonne beugler alors le nom de ma mère, paniquée. Comme si le diable en personne allait arriver. Et je ris un peu avant de lui rétorquer :

-Et oui vieille vache ! Ma mère est la dernière invitée ! Je sais que vous l’adorer hein ?

Quelques minutes silencieuses passèrent. Jusqu’à ce que la sonnette retentisse. Je me lève du lit mais fait signe à Kate de ne pas bouger en posant ma main sur son avant-bras. Quelques minutes repassent. J’entends alors le déclic d’une serrure qui se crochète et ma mère apparaît dans la lumière du jour. Tel un ange. Le bras tendu vers la porte. Je retiens mon souffle devant tant beauté. Elle est plutôt petite, bien faite et jolie dans une robe blanche qui lui arrive au trois-quarts des jambes. Ses pieds sont eux aussi dans du blanc. Des ballerines blanches. Mais c’est sur son visage que je m’attarde. L’âge l’a à peine effleuré durant toutes ces années. Ses cheveux turquoise dégradés de mèches roses lui tombent toujours au milieu du dos. Sculpté en boucles parfaites. Ses yeux roses comme ses mèches scrutent l’appartement tel un aigle avant de me trouver. Et c’est là que je me fis un point d’honneur à ne pas fondre en larmes. Elle entre dans l’appartement sans que j’aie fait le moindre pas. Et c’est alors que les bras le long du corps, la porte se referme derrière elle.

-La lampe au pied du canapé Flash ?

Je suis surprise d’entendre de nouveau sa voix si douce, si satinée. Et par sa question. Mais je ne me démonte pas et lui affirme d’un oui autoritaire. Aucuns pas n’ait entendu et ma mère est toujours à sa place quand la lumière violette éclaire sombrement l’appartement. Je sourie avec dangerosité devant les mines apeurait de mes prisonniers et annonce :

-Je vous laisse contempler ce que je suis.

La lumière reflète la peinture fluorescente qui orne les toiles. Révélant d’une autre façon tout ce que j’ai déjà peint. Les trois prisonniers ne comprennent d’abord pas. Mais dans le regard de ma mère, je vois qu’elle comprend. Et lorsque tous les regards se braquent sur la pièce centrale, ils réagissent enfin. Poussant des hurlements bâillonnés. Je ris avant de dire à Kate qu’on va aller leur enlever ce qu’ils ont dans la bouche.

-Ne te donne pas cette peine ma fille et allume plutôt la lumière.

Je sourie et réponds :

-Comme tu voudras, mère

J’accentue le dernier mot. Tandis que je enlever le carton sur les fenêtres. Ma mère, dans la clarté qui reprend ses droits fixe Kate de ses yeux si particuliers. Et sans qu’elle n’esquisse le moindre mouvement, sauf si ce n’est marcher pour entrer complètement dans la pièce, les tissus dans la bouche des prisonniers tombent sur leur cou.

-Tu n’as pas prévenue ton amie du monstre que je suis Flash ?
-J’ai juste énoncée que tu étais spéciale. Seule Mme. Sénonnera sait pour ton don ici.

Ma mère sourie devant l’assemblée et en se retournant vers Kate lui dit :

-Je suis capable de faire de la télékinésie. Pour être claire envers tout le monde.

Je retourne devant mes victimes trop tétanisées pour parler et ma mère me rejoint à mes côtés. Je commence à les railler :

-Il y a du monde pour me rabaisser et me manipuler hein ? Mais personne ne l’ouvre quand c’est moi qui est les cartes en mains. Pff… vous êtes pathétiques, je ris sournoisement et reprends : au début, je voulais votre mort, à vous trois. Mais grâce à la fille que vous voyez là-bas vous allez repartir vivants.

Je dévisage Kate avec un sourire gentil et continu :

-J’ai surmonté les saloperies que vous m’avez tous fait. Mais vous, vous survivrez pas à ça, vous êtes trop faibles. Alors alors… Mme Sénonnera tien ! Vous qui m’avez isolée parce que vous aviez peur que je sois comme ma mère ! Dangereuse ! Mais vous vous êtes quoi alors ? Un enfant de chœur ? Non, vous êtes pire qu’un monstre. Et toi Jennifer ? Pour baiser avec ton frère y a du monde ! Pour faire du trafic de drogue ! Pour crier sur tous les toits que je suis ta meilleure amie aussi ! Mais y a plus personne lorsqu’il s’agit de l’ouvrir devant papounet… oh c’est mignon. Mais de toutes façons, tu pourras jamais plus le sucer ou coucher avec lui comme avant parce que tu sais quoi ? Il est castré… merci Moon ! Et tien justement ! Jacob !

Je m’approche de lui et me penche au-dessus en m’accoudant sur ses bras. Je le sens trembler de peur et gémir de douleur à cause de ses fraiches blessures. Je lui dis, un peu plus bas, mais toujours avec cette même colère :

-Tu m’as violé cinq fois avant de m’annoncer que tu m’aimais. Et moi j’ai été tellement naïve… tu le faisais juste pour protéger le petit cul de ta sœur hein ? T’es vraiment le pire salop que j’ai connu.

Je me redresse, pressant un peu plus ses blessures. Cela en devient même jouissif lorsqu’il pousse un cri de douleur. Je me retourne vers ma mère et lui dit :

-Je t’en voudrai toujours. Mais il y a longtemps que j’ai compris. Et je vais alléger ta conscience à partir de ce soir si tu allèges la mienne. Je m’en vais sur les routes. À la quête d’une nouvelle moi avec mes amies. Soit fière de moi avant de m’oublier maman. Je te laisse choisir le sort de ces ordures.

Sur quoi elle m’étreint fort et me murmure un : « je serai toujours fière de toi Flash. De tout ce que tu es devenue sans moi, sans nous ». Une larme glisse en silence sur ma joue et je serre fort ma mère aussi. Puis quand nous nous séparons, ma mère reprend son masque froid. Et presque avec sadisme annonce :

-Le cadeau de nous faire voir ce que tu es va les hanter toute ta vie en prison.

Je sourie dangereusement et lui glisse les photos « preuves » dans la main. Sur quoi je vais chercher mon sac sur mon lit et fait signe à Kate et Moon que l’on y va. Lorsque je franchie le porche, je sens l’électricité statique augmenté, mes cheveux se dresser sur ma nuque. Et c’est claquant la porte pour la dernière fois sur mon appart que je sais que ma mère va faire bien pire que seulement les envoyer en tôle. Je sourie et me tourne vers mes amies pour les serrer dans mes bras.

-Vous êtes ma vie maintenant les filles, merci pour tout, murmurais-je avant de m’élancer dans l’escalier en courant.

Vers une nouvelle vie.[/b][/b]
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Dim 28 Aoû - 16:29

Flash dégaine son revolver, et de son autre main empoigne un couteau semblable au mien. Elle me fait signe d’ouvrir la porte, sur laquelle un poing tambourine avec rage. Moon, les babines retroussées, recule d’un pas pour permettre l’ouverture, et je tire sur la poignée. La lumière extérieure rentre à flots dans l’appartement, m’aveuglant un instant ; puis je vois un flingue planté sur le front  de Flash. Moon pousse un grondement furieux et se retient de bondir à la gorge du Castré, voyant que Flash le maîtrise grâce à sa seconde arme et sa colère. L’instant d’après, le revolver du Castré tombe au sol dans un bruit sourd, et je l’éloigne d’un coup de pied tandis que Flash mène tranquillement son invité au salon, suivie de très près par Moon. Cette dernière colle le Castré au train, visiblement très tentée par l’idée de mordre avidement dans son mollet. Je referme la porte, et l’obscurité redevient maîtresse des lieux. Je me dirige vers un coin du salon, où j’espère être un peu à l’écart des évènements, sans pour autant en rater une miette. Moon, elle, préfère coller aux basques des invités, leur bavant volontiers sur les pieds tant elle rêve de plonger ses crocs dans leur chair. Flash s’approche de moi et m’affirme d’une voix calme :

- Kate, ma mère… n’en aies pas peur. Je pense pas qu’elle va t’impressionner, mais je préfère prévenir, par sympathie.

Je lui réponds d’un petit hochement de tête ; je n’ose pas sourire. La situation ne s’y prête pas, mais alors pas du tout. Moon tourne en rond entre les chaises, grondant d’un plaisir sauvage, menaçant de ses crocs quiconque tenterait de se libérer. La nonne semble soudain paniquer à la mention du nom de sa mère. Je fronce les sourcils, interloquée. Que peut-elle bien avoir de si effrayant ?

- Peut-être qu’elle a des cornes ! suggère Moon dans un élan d’humour un peu déplacé.
- Mais oui, et pourquoi pas une queue fourchue, aussi ? j’ironise dans un soupir.

Flash s’esclaffe brièvement avant de lancer à la nonne sur un ton cinglant :

- Et oui vieille vache ! Ma mère est la dernière invitée ! Je sais que vous l’adorez hein ?

Moon hausse un sourcil et lance, forte de ses traits d’humour acerbes :

- Elle a quoi, contre les vieilles vaches ? Moi, ma foi, je les trouve bien sympathiques ! Surtout la dernière qu’on a croisée, tu sais ? Celle qui adorait fourrer son mufle dans les fougères !

Je lève les yeux au ciel dans un soupir exaspéré, amusée et impressionnée par sa constante bonne humeur malgré les circonstances. Quelques minutes s’émiettent ; le silence n’est brisé que par les protestations étouffées des trois invités. Puis la sonnette brise le calme, me sortant d’une douce léthargie, et Flash pose doucement sa main sur mon avant-bras pour m’intimer à rester où je suis. Quelques minutes passent de nouveau ; Moon fixe la porte d’un air insistant. Soudain ses oreilles frétillent, et la porte s’ouvre dans un déclic. Une femme apparaît. Je la détaille avec intérêt, mais respect. Elle est plutôt menue ; son corps est enveloppé de blanc, comme un linceul. Son visage délicat, épargné par les rides de l’âge, est encadré par de longs cheveux bouclés turquoise parcourus de mèches roses. Je ravale un hoquet en remarquant ses yeux. Roses, comme ses cheveux. D’un regard froid et perçant, elle scrute la pénombre comme si elle pouvait y voir parfaitement. Flash semble tressaillir, mais son regard ne tremble pas. Sa mère s’avance d’un pas mesuré et pénètre dans l’obscurité. La porte, derrière elle, se referme toute seule ; j’écarquille les yeux. Soit il y avait quelqu’un derrière elle pour fermer la porte, soit il y a quelque chose de pas naturel : aucun courant d’air n’aurait pu accomplir cela.

- La lampe au pied du canapé Flash ?

Sa voix est douce, mais aussi froide que ses yeux rose ; un frisson me parcourt l’échine. Cette femme a quelque chose d’étrange. Moon  s’approche pour la renifler prudemment, avant de s’écarter avec respect de son chemin. Flash répond d’un « oui » assuré. La lampe s’allume soudainement, éclatant d’un faisceau violet fantomatique. Je plisse les yeux pour mieux scruter le visage de la mère de Flash. Possède-t-elle un pouvoir particulier ? Flash, arborant un sourire acéré, déclare :

- Je vous laisse contempler ce que je suis.

La lumière qui gicle sur les tableaux fait étinceler la peinture, donnant un autre relief aux toiles. Les trois saucissonnés semblent d’abord ahuris ; leurs regards se posent sur les peintures, et leurs hurlements étouffés me font frissonner, tout autant que le regard posé de la mère de Flash. Cette dernière rit un peu avant de se tourner vers moi pour déclarer que nous allions enlever leurs bâillons.

- Ne te donne pas cette peine ma fille
, intervient la femme aux yeux rose, et allume plutôt la lumière.

Un sourire se dessine sur les lèvres de Flash, à peine visible dans l’obscurité, lorsqu’elle répond calmement :

- Comme tu voudras, mère.

Ce dernier mot était accentué ; Moon semble mi-apeurée, mi-curieuse, et hésite sur la conduite à adopter. Tandis que Flash défait les cartons qui calfeutraient les fenêtres, elle se décide enfin et s’assied près de moi en bombant le poitrail, les crocs dévoilés. La lumière jaillit à flots dans l’appartement ; les bâillons qui enserraient les mâchoires des trois liés tombent soudainement d’eux-mêmes, et la femme si mystérieuse se tourne vers moi. Je plisse les yeux devant cet interrogatoire muet, et Moon pousse un petit grondement de défi, comme pour la mettre à l’épreuve. Elle se détourne légèrement pour demander :

- Tu n’as pas prévenue ton amie du monstre que je suis Flash ?

Je sursaute presque ; le grondement de Moon meurt dans sa gorge pour être aussitôt remplacé par un hoquet étonné. Flash répond nonchalamment :

- J’ai juste énoncé que tu étais spéciale. Seule Mme. Sénonnera sait pour ton don ici.

Moon ouvre des yeux ébahis.

- Son don ? répète-t-elle.
- C’est pour ça qu’elle semble contrôler les objets à distance, je marmonne d’un ton pensif.

L’autoproclamée monstre esquisse un sourire et se tourne de nouveau vers moi pour me lancer d’une voix plate :

- Je suis capable de faire de la télékinésie. Pour être claire envers tout le monde.

J’esquisse un léger sourire, satisfaite de l’avoir compris, ne serait-ce qu’une seconde avant sa déclaration. Moon pousse un jappement presque inaudible, impressionnée. Flash et sa mère, dans un même mouvement, se tournent vers les trois prisonniers, et mon amie lance d’un ton railleur :

- Il y a du monde pour me rabaisser et me manipuler hein ? Mais personne ne l’ouvre quand c’est moi qui ais les cartes en mains. Pff… vous êtes pathétiques. Au début, je voulais votre mort, à vous trois. Mais grâce à la fille que vous voyez là-bas vous allez repartir vivants, ajoute-t-elle en me dévisageant avec un sourire. J’ai surmonté les saloperies que vous m’avez tous fait. Mais vous, vous survivrez pas à ça, vous êtes trop faibles. Alors alors… Mme Sénonnera tiens ! Vous qui m’avez isolée parce que vous aviez peur que je sois comme ma mère ! Dangereuse ! Mais vous vous êtes quoi alors ? Un enfant de chœur ? Non, vous êtes pire qu’un monstre. Et toi Jennifer ? Pour baiser avec ton frère y a du monde ! Pour faire du trafic de drogue ! Pour crier sur tous les toits que je suis ta meilleure amie aussi ! Mais y a plus personne lorsqu’il s’agit de l’ouvrir devant papounet… oh c’est mignon. Mais de toute façon, tu pourras jamais plus le sucer ou coucher avec lui comme avant parce que tu sais quoi ? Il est castré… merci Moon ! Et tiens justement ! Jacob !

À la mention de son exploit, Moon bombe davantage le torse, ravie. Flash, pendant ce temps, s’est penchée sur le Castré pour le faire souffrir en pressant ses récentes blessures. Je détourne un peu le regard, le cœur au bord des lèvres tant les souvenirs se font vifs. La voix de Flash, bien que plus basse et grondante, me parvient dans un souffle rageur :

- Tu m’as violé cinq fois avant de m’annoncer que tu m’aimais. Et moi j’ai été tellement naïve… tu le faisais juste pour protéger le petit cul de ta sœur hein ? T’es vraiment le pire salaud que j’ai connu.

Flash se redresse en accentuant encore plus la pression sur ses blessures, jusqu’à ce qu’il crie. Je me rétracte, comme piquée par une guêpe, en le voyant se tordre de douleur sous ses entraves. Je détourne le regard dans un soupir écœuré, les mains tremblantes, de rage ou de chagrin, je ne saurai le dire. Flash, tournée vers sa mère, lui déclare d’une voix radoucie :

- Je t’en voudrai toujours. Mais il y a longtemps que j’ai compris. Et je vais alléger ta conscience à partir de ce soir si tu allèges la mienne. Je m’en vais sur les routes. À la quête d’une nouvelle moi avec mes amies. Sois fière de moi avant de m’oublier maman. Je te laisse choisir le sort de ces ordures.


Mon cœur se réchauffe lorsque je vois sa mère la prendre dans ses bras dans un geste tendre. C’est bien la première fois que je vois briller l’affection et l’amour dans les yeux de cette femme. Moon se tourne vers moi avec un doux sourire, et je lui caresse gentiment la tête. Son ouïe développée a capté les mots de la mère de Flash, et elle me les transmet avec un bonheur non-dissimulé. Flash étreint sa mère, et pendant un instant, je me dis qu’elle ne voudra peut-être plus partir avec nous, qu’elle préfèrera rester avec elle. Mais elle s’écarte finalement de la caresse de sa mère, et celle-ci se referme comme une huître. Son visage, qui l’instant d’avant, était détendu et rayonnant d’amour, était redevenu une façade froide et inexpressive. La facilité qu’a cette femme pour masquer et refouler ses émotions est tout simplement inouïe. Elle jette un regard aux trois âmes qui gigotent sous leurs liens et déclare d’une voix glaciale et terrifiante :

- Le cadeau de nous faire voir ce que tu es va les hanter toute leur vie en prison.

Étrangement, j’ai la conviction profonde qu’ils vont passer par de douloureuses épreuves, avant de rencontrer les murs gris d’une cellule de prison. Flash acquiesce d’un sourire sadique, lui donne les photos compromettantes, et récupère son sac de voyage, qu’elle a préparé avant d’accueillir nos invités. Il est aussi gros que le mien, si ce n’est plus, ce qui me fait sourire. Elle me fait signe. Je la suis aussitôt, et nous franchissons le seuil sans un regard en arrière. Moon, elle, s’arrête un instant, donne un vif coup de crocs dans la jambe du Castré, puis nous rejoint en se léchant les babines, satisfaite. Une fois toutes trois dehors, Flash claque la porte. Le pelage de Moon se hérisse aussitôt ; comme toujours, le frisson de l’aventure la rend toute excitée. Soudain, Flash se tourne vers nous, un sourire grand jusqu’aux oreilles, et me serre dans ses bras, avant d’enlacer Moon à son tour. Elle murmure d’un ton vibrant d’émotion :

- Vous êtes ma vie maintenant les filles, merci pour tout.

Puis, toute ragaillardie, elle s’élance en courant dans la cage d’escalier. Je lui emboîte aussitôt le pas, le sourire aux lèvres ; Moon bondit en avant dans un aboiement sonore et nous rattrape à toute allure, la langue pendante. Nous courons ainsi jusqu’au bout de la rue. Alors que nous ralentissons, Moon lève le museau pour observer la course du soleil.

- Il est 16 heures passées, m’annonce-t-elle.
- Il serait plus prudent de passer la nuit ici.
- Le parc me semble approprié. J’y ai vu pas mal de buissons à baies, et nous n’en avons plus beaucoup. Et j’ai senti les effluves d’un point d’eau, portées par le vent.


J’acquiesce doucement, et je me tourne vers Flash. Je lui explique calmement :

- Vu l’heure, nous pensons qu’il serait préférable de dormir dans le parc, cette nuit. Ainsi, nous sommes sûres de trouver de l’eau et de la nourriture pour ce soir. Nous pourrons reconstituer nos réserves, et nous offrir une bonne nuit de sommeil avant de repartir.  

Moon prend la tête de notre petite expédition, et nous mène en trottinant doucement jusqu’au parc. Il fait encore jour, et les oiseaux chantent gaiement dans les arbres. Dans le ciel d’un bleu strié d’orange pâle, des nuages blancs et effilochés défilent lentement. Moon nous mène tout d’abord à la petite clairière où s’était tenue la réunion de ce matin. Comme elle l’avait affirmé, des buissons de groseilles et de mûres la bordent. Je sors la bourse vide et nous passons une bonne heure à nous affairer dans les fourrés pour la remplir. Puis, fortes de notre fructueuse récolte, nous reprenons notre chemin à travers le parc étrangement vide et calme. Moon nous dirige presque aussitôt vers le point d’eau qu’elle avait senti. C’est un étang calme, caché des visiteurs par d’épaisses broussailles, assez grand et profond pour s’y baigner, juste à côté d’une petite clairière. Moon s’y jette aussitôt en projetant de grandes gerbes d’écumes. Dans les embruns s’esquissent de furtifs arcs-en-ciel ; sur l’étang, le reflet des arbres est seulement troublé par les sillons blancs que laisse Moon dans son passage. Je commence à installer le camp dans la clairière pendant que Moon nage et se rafraîchit. J’étale mon sac de couchage et érige une petite pyramide de bois, entourée de pierres rondes, qui servira à faire un feu quand l’atmosphère se ferait plus froide. Moon, qui a cessé de batifoler dans l’eau pendant un instant, dresse la tête et lance dans un aboiement enthousiaste :

- Venez, elle est délicieuse !

J’esquisse un sourire et, retirant vivement mes vêtements, me jette à l’eau à sa suite. Je plonge aussitôt vers les profondeurs du mini-lac. L’eau froide me coupe le souffle un instant, puis tous mes muscles s’électrisent et je remonte à la surface. Je sors la tête de l’eau ; mes cheveux trempés s’emmêlent devant mon visage. Je sens Moon, près de moi, qui glisse dans l’eau comme une anguille, et qui, passant en face de moi, en profite pour me projeter au visage une grande gerbe d’eau. Je ris et me venge en lui enfonçant la tête sous l’eau. Des petites bulles argentées éclatent à la surface, puis elle se dégage de mon étreinte et s’éloigne en jappant de joie. Je la poursuis, mais elle nage plus vite que moi et me fait tourner en bourrique en me tournant autour et en me raillant. Agitant mon bras nu en dehors de l’eau, je lance à Flash :

- Viens m’aider ! Si on est deux, Miss Moon arrêtera peut-être de faire la maligne !

J’attends que Flash se décide enfin à nous rejoindre, et, ensemble, nous arrivons finalement à attraper Moon et à la couler, malgré ses protestations et ses manœuvres de fuite. Puis les équipes s’inversent, et Flash et Moon se liguent contre moi et réussissent à m’enfoncer la tête sous l’eau. Finalement, Moon à mon côté, c’est au tour de Flash d’être engloutie.
Durant nos jeux, le soleil, qui ressemble à présent à une orange sanguine, a poursuivi sa longue course et disparaît lentement derrière les hautes cimes des pins. La température a baissé, et je commence doucement à frissonner et à me fatiguer. Je sors de l’eau et m’étire longuement sous le soleil du soir. J’essore méticuleusement mes cheveux – pas envie de choper la crève –, puis me sèche avec ma petite serviette et me rhabille. Lorsque Moon jaillit hors de l’eau, ses yeux brillent et son pelage luit comme les écailles d’un poisson. Je remarque d’ailleurs qu’elle en a un entre les crocs. Elle a dû réussir à l’attraper au fond de l’étang ; c’est un barbeau de belle taille.

- Bravo ! C’est une prise magnifique, je la félicite.
- Une prise à la hauteur de sa pêcheuse, plaisante-t-elle en déposant son poisson près du camp improvisé.

Elle repousse ma serviette et s’ébroue, en prenant soin de ne pas m’éclabousser, car elle sait que je n’aurais pas apprécié. Je sors de mon sac mon briquet et allume le feu pendant que Flash sort à son tour de l’étang. Moon nous lèche gentiment les mains, puis quitte la clairière en coupant la communication.

- Elle va chasser, j’explique alors à Flash. Elle a coupé la communication pour le moment, mais elle nous rejoindra après son repas.

Chanceuse, je trouve un long bâton effilé, sur lequel je plante le poisson pour le faire tourner au-dessus du feu. Une fois cuit, je sors mon couteau et je le partage entre Flash et moi ; nous l’agrémentons de baies toutes fraîches.
Il faudra que je pense à remplir les gourdes, demain matin, je songe en attaquant la dernière gourde, qui se vide doucement.
Une fois notre petit festin avalé – une part du poisson et quelques baies mises de côté pour Moon –, je m’allonge sur le dos, sur mon sac de couchage, les yeux tournés vers les étoiles qui s’allument peu à peu dans le ciel sombre et velouté. Autour de nous, les branches des arbres craquent faiblement dans la brise, faisant bruisser les feuilles. Je pousse un petit soupir en admirant la voûte nocturne, entourée par tous les sons de la nature que j’aime tant. Je ferme les yeux et j’inspire profondément. Les parfums des pins et de la nuit m’enivrent, tandis que les étoiles clignotent toujours derrière mes paupières. Quelques bruissements de buissons et une conscience frôlant la mienne m’avertit du retour de Moon. Elle se reconnecte avec moi et vient s’allonger contre mon corps, le museau tourné également vers le ciel étoilé. Je rouvre les yeux et tourne mon regard vers Flash pour lancer dans un soupir amusé :

- Folle journée, hein ?

Je laisse échapper un bref éclat de rire avant d’ajouter sur un ton presque nostalgique :

- Qui pourrait croire que l’origine de tout ça est un simple verre de limonade dans une boîte de nuit ? Tout s’est enchaîné si vite...

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Dim 25 Sep - 15:38

Courir, s’envoler, se sentir libre. C’est un sentiment tellement particulier et dopant à la fois. Comme… une drogue. Nous courrons, jusqu’au bout de la rue, mais pour moi, c’est le commencement d’une nouvelle vie. Je me sens libre de toutes attaches. Nous nous arrêtons enfin et Kate m’explique qu’il voudrait mieux aller dormir au parc. Pourquoi pas ? Il fait plutôt beau, et une première nuit à la belle à étoile ! J’aime déjà !

Nous sommes de retour à la petite clairière de ce matin et avons cueilli des baies pour renflouer nos provisions. Puis nous nous rendons à un étang, guidées par le flair hors pair de Moon. Cette dernière saute dans l’eau se rafraichir tandis que Kate monte le camp. Moi je m’assoie en contemplant le paysage et observant Kate. Captant chacun de ses gestes pour mieux les reproduire plus tard. Puis Moon aboie. Je suppose que les deux ont dû échanger quelques mots car Kate se déshabille pour aller couler Moon. Je pouffe de rire et sors un petit calepin dans mon sac. Je prends vivement un crayon à papier et esquisse rapidement la scène. Kate m’appelle alors au secours pour l’aider à noyer Moon. Je ne peux m’empêcher de rire et de ne pas être tentée de la rejoindre. J’enlève mes vêtements à mon tour et grimace quand l’eau fraiche m’enserre la taille. Pourtant je nage férocement vers le duo et commence à mon tour à batifoler avec elles dans l’eau. Nous arrivons enfin à noyer Moon. Puis elle et moi nous dévisageons et dans un regard entendu nous liguons pour couler Kate. Puis les deux se liguèrent après contre moi qui but la tasse plus d’une fois.

Mes deux compagnes s’affairent déjà hors de l’étang tandis que moi j’y reste. Flottant doucement à la surface de l’eau dans la nuit tombante. L’air est plus frais je le sens. Mais je suis tellement bien ici. Finalement je soupire et me relève pour nager jusqu’au bord de l’étang. J’ai à peine le temps de me hisser sur le bord de l’eau que je vois Moon disparaître entre les broussailles. Kate m’explique qu’elle est partie chasser et qu’elle reviendra après. J’acquiesce et m’essuie tranquillement dans ma serviette. J’aperçois Kate embrocher un poisson sur un bâton. Surement un cadeau de Moon qui va nous remplir le ventre ! Accompagné de baies, le poisson fut un vrai régal. Après le repas, Moon revint et Kate s’allonge sur son sac de couchage.

(Nouvelle musique d’inspiration XD : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] )

J’en fais de même mais à même le sol. Dans l’herbe qui commence à attraper l’humidité. J’aime cette odeur d’herbe mouillée. Je passe mes mains sous ma tête. Les yeux mi-clos je dévisage le ciel d’un noir si profond. La voie lactée essaie tant bien que mal de se faire entendre de la pollution lumineuse. À cause de cette dernière, le magnifique ballet céleste met à moitié caché. Je soupire de mécontentement. L’odeur des épineux qui nous entoure me rappelle d’étranges sensations. Mais je n’arrive plus à mettre la main sur ces souvenirs.

- Folle journée, hein ?

Kate me réveille de ma léthargie et je ris un peu avec elle. La jeune fille reprend ensuite, presque nostalgique, ce qui agrandit mon sourire :

- Qui pourrait croire que l’origine de tout ça est un simple verre de limonade dans une boîte de nuit ? Tout s’est enchaîné si vite...

Je ris de nouveau. Songeant à ces trois derniers jours. Je tourne la tête vers mon duo préféré et réponds :

-Oui folle journée… enfin trois jours épiques ! Je crois que jamais je ne pourrai les oublier… je suis bien contente d’être allée me bourrer la tronche l’autre soir en fait !

Je ris de bon cœur avant de replanter mon regard dans le ciel :

-En fait les filles, vous savez quoi ? Je me suis jamais sentie aussi heureuse qu’avec vous…

Je laisse quelques minutes s’écouler avant de clore :

-Désolée de vous avoir fait subir cette torture aujourd’hui… c’est… un peu révélateur de ma personnalité ? Bref, je pense que je ne vais pas faire long feu mes amies. Bonne nuit…

J’entends la réponse de Kate sourie et m’endors, la tête pleine de rêve.

Le vent souffle doucement sur mon visage. J’ai les yeux fermés et pourtant je me tiens debout. Des herbes hautes caressent mes mains. Une douce odeur sucrée de pins chatouille mes narines. Je frissonne, l’air est humide et aucune chaleur du soleil d’été ne me chauffe. Il doit faire nuit.

-Ouvre les yeux aljilnii.

J’ouvre mes yeux de surprise. Reconnaissant ce surnom et cette chaude et puissante voix que je croyais disparue à jamais. Je dévisage l'homme qui se tient devant moi. À moitié torse nu, avec pour habits, des vêtements amérindiens traditionnel. Une imposante coiffe de cérémonie cache ses longs cheveux noirs dans son dos. Il sourit de toutes ses dents dans ce visage à l’apparence première si dure.

-PAPA !

Je m’élance contre lui. Mais au moment de le toucher je passe au travers de son corps. Je crie de stupeur et dévisage ses yeux noirs soudainement graves. Je l’appelle une deuxième fois, plus méfiante. Sa voix grave s’élève de nouveau :

-Observe aljilnii.

Je fais ce qu’il me dit et remarque alors que je ne suis plus dans le lieu où je m’étais endormie. Kate, Moon et le campement ont disparus. À la place je me trouve dans un immense champ bordé par une forêt de pins. Je raisonne mais l’homme parle de nouveau :

-Ce n’est pas un rêve aljilnii.

Je commence à reculer sans comprendre. Puis je m’élance vers la forêt pour fuir ce fantôme revenu me hanter. Le cri strident d’un aigle s’élève dans la plaine et je ne prends pas le temps de me retourner pour comprendre la situation. Je cours à prendre l’haleine. Les branches basses me fouettent les mains, le visage mais je ne ressens aucunes douleurs. Finalement c’est dans une minuscule clairière que je m’arrête d’un coup. Eblouie par la scène. Un loup se tient sur un minuscule promontoire, faisant valoir sa majesté. Ses yeux foncés me dévisagent sous le clair de lune. Je ne bouge pas ne crie point. C’est alors qu’un aigle royal rejoint le promontoire et redevient humain. Redevient… mon père. Il me dit avec un sourire énigmatique :

-Trouve ton totem dans l’autre monde. Il te guidera et t’expliquera.

Je hurle en me réveillant d’un bond. Encore abasourdie pour ce que je viens de voir. Je regarde Moon et Kate à tour de rôle. Je cligne des yeux plusieurs. Je divague ou quoi ?! Deux chiens très ressemblant à Moon se tiennent à ses côtés et aux côtés de Kate se penche sur elle ce qui ressemblerait à ces parents. Les quatre visions s’estompent alors, cédant place au silence dérangeant de la nuit. Je commence à sangloter amèrement. Pourquoi ai-je vu mon père ? Et qu’est-ce que c’était ces… visions ?
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mer 19 Oct - 20:42

D’un bref éclat de rire, Flash marque son approbation, avant de se tourner vers nous, les yeux étincelants ; la lueur de la lune se reflétait dans son regard, lui donnant l’allure mystérieuse d’une flamme étoilée.

- Oui folle journée… Enfin trois jours épiques ! Je crois que jamais je ne pourrai oublier… Je suis bien contente d’être allée me bourrer la tronche l’autre soir en fait !

Un petit rire achève sa phrase et son regard se tourne vers le ciel piqué d’étoiles ; ses yeux brillent.

-En fait les filles, vous savez quoi ? Je me suis jamais sentie aussi heureuse qu’avec vous…

Quelques minutes s’étirent dans le silence uniquement perturbé par le souffle du vent dans les branches et nos propres souffles, créant une étrange harmonie.

- Désolée de vous avoir fait subir cette torture aujourd’hui… c’est… un peu révélateur de ma personnalité ? Bref, je pense que je ne vais pas faire long feu mes amies. Bonne nuit…

Je réponds doucement, tandis que Flash ferme les yeux :

- Bonne nuit à toi aussi, Flash.

Je m’étire avant de m’installer plus confortablement ; Moon pousse un long bâillement puis s’allonge tout contre moi. Soudain, elle pointe le museau vers le ciel. Un rayon de lune tombe sur son visage et le nimbe d’argenté ; ses yeux brillent d’un étrange éclat, comme si elle entendait des voix qu’elle était la seule à entendre. Puis elle tourne le visage vers moi, les yeux éclairés par une lueur enflammée.

- Le vent a tourné. Une nouvelle ère commence, murmure-t-elle alors d’un air mystérieux, presque prophétique.

Je ne réponds pas ; Moon secoue la tête puis dans un petit soupir d’aise enfouit son museau sous ses pattes et ferme les yeux. Je me blottis contre elle et sa fourrure chaude, puis glisse lentement dans un sommeil lourd.

Un cri perçant me réveille en sursaut. Je me redresse d’un bond, la main crispée sur ma lame. Je cligne des yeux pour m’habituer à l’obscurité ; Moon, la fourrure dressée, pousse un grondement. La lune, cachée par les nuages, ne permet pas une bonne visibilité, et nos yeux fatigués tentent en vain de rester grands ouverts. Soudain, le nuage sombre qui empêchait la lune de briller s’écarte, et un rayon blanc tombe sur le campement.  J’aperçois enfin Flash. Redressée, tremblante, le regard sombre ; le hurlement était le sien. Éclairées par la lune, les larmes qui coulent sur ses joues ressemblent à des diamants liquides. À la fois rassurée et inquiète, je range mon couteau et m’approche de Flash. Moon est déjà près d’elle, poussant des petits gémissements interrogateurs. Du bout du museau elle pousse la main de Flash et effleure sa joue, comme pour sécher ses larmes. Ses yeux bleus sont voilés, et les larmes semblent couler d’elles-mêmes. Je m’assois à côté d’elle. Ma main se pose sur son épaule puis vient frotter son dos. Je ne dis rien ; je ne veux pas la brusquer.

- Qu’est-ce qui s’est passé, à ton avis ? me demande Moon, toute collée au corps tremblant de Flash.
- Je ne sais pas. Un cauchemar particulièrement éprouvant, je présume.
- Tu crois qu’elle nous le racontera ?
- Pas tout de suite, Moon. Laisse-lui le temps de se remettre. Puis, après, si elle le souhaite, elle nous expliquera.


Moon acquiesce puis vient donner un petit coup de langue réconfortant sur le bras de Flash, avant de passer sa patte sur ses joues, maladroitement, pour éloigner les larmes et le chagrin. Je fais de même en écartant au passage quelques unes de ses mèches bleues, venues se coller sur son front à cause de la sueur. Puis, je viens tout contre elle pour entourer ses épaules de mon bras. Moon, assise à la gauche de Flash, se place tout contre elle, le museau fourré dans son cou, les yeux fermés. Nous restons ainsi de longues minutes, en silence. Durant ces instants, nous semblons déconnectées du reste du monde. Le temps semble se figer. Le vent dans les branches, l’éclat des étoiles, les remous du lac, tout cela semble bien loin, comme un souvenir oublié. Le seul souffle que nous captons est le nôtre, le seul éclat que nous apercevons est celui de nos regards, et les uniques remous sont ceux de Flash, dont les tremblements agités semblent s’amenuiser.
Au loin, un rayon de soleil, le premier, rase la cime des arbres, embrasant l’horizon. Le ciel pâlit, et les étoiles disparaissent. Le regard de Flash est plus assuré, et ses larmes semblent taries. Je lui frotte une dernière fois le dos avant de me lever.

- Reste encore un peu près d’elle, d’accord ? Je vais lever le camp.

Moon acquiesce et se blottit en frémissant contre Flash, poussant de petits jappements enthousiastes. Pendant qu’elle tente de sortir Flash de sa léthargie, tandis que le monde se met en route, réveillé par l’aurore, je commence à défaire le feu et à ranger nos affaires. Je profite de la proximité du lac d’eau douce pour remplir nos gourdes, puis je m’approche de Flash, me penche un peu vers elle et lance gaiement :

- Allez, debout, Belle-de-Nuit ! La vie continue, et notre aventure commence !

Moon se redresse, sa fourrure sombre et lustrée brillant sous le soleil levant, les yeux brillants d’une lueur déterminée. Je croise le regard de Flash et lui tend la main pour la relever.

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