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 Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD

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Nashi'



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MessageSujet: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 30 Juin - 15:39

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La musique qui hurle dans mes tympans ne m’atteint plus. Je regarde fixement mon shot de rhum, les yeux plongés dans la liqueur à la couleur blanchâtre. Je me décide enfin à prendre le verre et à le boire cul sec. C’est mon combientième déjà ? Oh et puis j’m’en fous. J’ai autre chose à foutre que de penser à combien de verres j’en suis. Je grogne en me rallongeant sur le bar, tout en redemandant un autre verre au serveur qui s’empresse d’exécuter ma demande. Pourquoi j’suis venue dans cette boîte de nuit déjà ? Pourquoi je suis venue me soûler ? Ah oui, à cause de l’autre conne qui me servait d’amie. Cette garce, si je la croise de nouveau dans les couloirs du lycée, je jure de lui laisser une jolie trace rouge sur son pif. Et puis à mon ex aussi tien. Ce connard mériterait bien quelques coups aussi pour m’avoir trompé avec l’autre. Ouais, c’est pas la joie ma vie.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’m’appelle Flash et j’ai 18 ans. J’vis dans un taudis, vu qu’on m’a viré de l’orphelinat où ma mère m’avait abandonné. Ouais, j’ai toujours grandi là-bas, personne n’ayant voulu m’adopter. Et puis j’ai dû me débrouiller pour trouver du boulot. Alors j’bosse maintenant dans cette boîte de nuit, où j’suis en train de me soûler après le service pour je ne sais la combientième de fois. J’suis en terminale, et dans quelques mois, c’est le bac que je passe. J’ai pas vraiment de soucis là-dessus. J’suis plutôt « bonne élève » dans le sens des notes. Mais pas la meilleure avec mon comportement. L’année prochaine donc, ce sera sûrement la vie active… sauf que j’ai pas envie de bosser éternellement dans cette maudite boîte de nuit. J’voudrai plutôt vivre de ma passion : l’art. C’est la seule chose que j’ai de plus précieux dans le lieu bruyant où j’habite : tout mon matos de dessin. Donc ma mission est bien d’intégrer une école d’art, mais avec quel fric ? Parce qu’on va dire qu’entre le lycée, le loyer de mon appart et la bouf j’peux pas faire trop d’économies avec le maigre salaire qu’on me verse. Enfin si, j’ai quelques pauvres économies que j’ai reçues grâce aux toiles que j’ai vendues. Mais ce ne sera jamais suffisant. Maintenant que vous savez mes souhaits et ma situation ainsi que ma position dans cette société j’vais vous parler de cette histoire-là… ouais celle qui m’a conduit à encore m’étaler sur le bar après le service. Elle est toute bête en plus cette histoire… c’est juste qu’il y avait que deux personnes dans mon cœur. Deux personnes hors normes, extraordinaires. Elles arrivaient à me faire sourire, rire, et éprouver des sentiments positifs. Il s’agissait de ma meilleure amie et du seul mec qui avait voulu m’accepter pour petite amie. Sauf qu’ils n’étaient pas si extraordinaires que ça ces cons… pour me duper ainsi et s’embrasser sous mes yeux. Un an que je les connais, et un an qu’ils se foutaient de ma gueule et sortaient ensembles juste sous mes yeux. Combien ai-je pu être si niaise et rien voir ? Etre aveugle de la bonté qu’ils m’apportaient sans en connaître les mauvais côtés ? En dehors de ces deux personnes, on peut dire que je suis une grosse associable.

Je soupire fortement, on est vendredi soir et pour le coup je n’ai pas du tout envie de voir lundi se profiler. Les basses sortent toujours le même boum boum tonitruant et les gens crient toujours autant. Quand j’ai commencé à bosser ici, j’croyais que je ne m’y habituerai jamais. Mais bon, j’ai encore dû me tromper. Je renfonce mon bonnet bleu la tête et contemple mon verre de rhum une nouvelle fois. Je suis pathétique à me lamenter et songer ainsi à ma vengeance. Faudrait peut-être que j’aille voir un psy un jour… quoique… je connais déjà son discourt : il faut arrêter l’alcool mademoiselle, il faut sortir, il faut faire de nouvelles rencontres ect… cela fait beaucoup  de faudrait. Je regarde mon bras gauche : il est tatoué du bout des doigts jusqu’au trois-quarts de mon avant-bras. Ce tatouage représente des feuilles d’arbres vertes avec l’intérieur rose. Dans le genre je suis originale. Comme mes cheveux, qui sont court, bleu électrique, avec une longue mèche devant mes yeux et les pointes violettes. Tant qu’on y est, j’peux aussi vous décrire mon autre tatouage. Celui qui entoure mon œil gauche. Ce sont des sortes de vagues violettes. Il y en a quatre en tout. Bref, pour revenir à mes actions,  je bois enfin cul sec le nouveau verre que le barman m’a servi. Je m’étale de nouveau sur le bar, comme à mon habitude. J’allai m’endormir dessus, la tête frappée à coup de marteau par l’alcool quand je sens une présence sur le tabouret à mes côtés. Je sais qu’il/elle me regarde fixement, alors je lève un regard méchant en lui demandant agressivement :

-Qu’est-ce que tu me veux toi ?


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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 30 Juin - 20:35

Comme toutes les nuits, j'arpente les rues désertes aux côtés de ma fidèle amie Moon. Je lui jette vivement un regard. Elle fait si peu de bruit qu'on pourrait la prendre pour une ombre, avec sa belle robe noire et son pas souple et silencieux. Bien sûr, elle n'a pas tout d'une ombre, avec ses yeux d'azur brillants de joie et son bandana noué autour du cou. Elle s'approche de moi et je lui donne une tape affectueuse sur l'épaule. Nous marchons ainsi une bonne heure, nous appuyant chacune notre tour sur l'autre, avançant toujours du même pas ; un sourire léger flotte sur nos visages, même si celui de Moon est plus discret que le mien. Nous croisons plusieurs fois des groupes de jeunes adultes riant et parlant fort, souvent empestant l'alcool. Peu à peu, je me sens étrangement fatiguée. Sentant mes jambes s'alourdir, je vais m’assoir sur un banc tagué et à moitié délabré. M'assoir ? Hmm, m'affaler serait plus juste. Jetant mon gros sac à mes pieds, je me laisse lourdement tomber sur le vieux banc en poussant un long soupir. Moon s'installe à côté de moi, silencieuse, et me jette un regard interrogateur. Levant les yeux vers la voûte étoilée, qui comme d’habitude était gâchée par les bâtiments et les fumées odorantes de la ville, je lui souffle :

- À ton avis, quand est-ce qu’on le trouvera enfin ?

Elle renifle, se gratte un peu la tête et répond de sa jolie voix qui résonne dans mon esprit :

-  Je ne sais pas, Kate. Mais on le saura quand on y sera, ça c’est une certitude.

Je pousse un soupir et passe la main dans mon cuir chevelu, comme toujours quand je suis pensive. Moon a un petit rire. Elle adore quand je m’ébouriffe les cheveux, elle dit que ça me fait ressembler à un lion mal réveillé. C’est vrai qu’avec leur couleur et leur allure… Mes cheveux, qui me tombent sur les épaules, oscillent entre roux et châtain clair, sont parcourus de mèches blondes qui se parent de reflets d’or au soleil, et sont sans cesse ébouriffés. Si vous voulez en savoir plus sur mon apparence, je suis une fille normale d’un peu moins de 17 ans, avec des vêtements basiques, une taille et une corpulence normales pour quelqu’un de mon âge. Quant au reste… J’ai une peau claire, un bon nombre de taches de rousseur sur les joues et le nez, et des yeux vairons. Mon œil gauche est vert pâle, et le droit est brun-doré. Les gens sont toujours un peu surpris, mais Moon trouve ça joli, alors j’évite de trop m’en faire à ce propos.
Le vent froid s’accentue et je m’emmitoufle dans ma veste. Moon se blottit contre moi et nous restons ainsi, recroquevillées l’une sur l’autre, nous réchauffant mutuellement pendant quelques minutes, jusqu’à ce que Moon brise le silence :

- J’ai soif. Je ne serai pas contre une bonne lampée. Pas toi ?

Je me rends compte alors que ma gorge est sèche. J’acquiesce et nous nous relevons, en quête d’un endroit où nous désaltérer. Bientôt, Moon me désigne un bâtiment éclairé d’où s’échappe de la musique. Une boîte de nuit. Formidable. Une mèche me tombe sur le front et je l’écarte dans un souffle excédé.

- Tu es sûre, Moon ? Je n’ai pas envie de finir entre deux jeunes complètement saouls ou défoncés. Et puis, ils pourraient ne pas te laisser entrer.

Je suis prête à faire demi-tour. À vrai dire, je ne demande que ça, mais Moon insiste et j’accepte en soupirant. Nous nous dirigeons alors vers la boîte, Moon en marchant d’un pas vif, moi en traînant les pieds. Le grand homme presque chauve qui garde l’entrée jette un regard circonspect à ma compagne de route, puis, après quelques longues minutes que je passe à argumenter qu’elle sera sage et qu’elle m’obéit au doigt et à l’œil, avec même une démonstration pour ses beaux yeux – hum hum ironie –, il nous laisse finalement passer, non sans nous lancer un regard méfiant.
Comme d’habitude dans ce genre d’endroit, les enceintes crachent leur musique électronique ridicule sur laquelle dansent les gens en poussant des cris... de joie ? On dirait plutôt qu’on les égorge, me souffle Moon, et je ne peux m’empêcher de pouffer. Certains me jettent des regards surpris ou méprisants en apercevant ma jeune compagne, mais elle les ignore royalement et se dirige d’elle-même vers le bar. À cette heure avancée de la nuit, je m’attendais à ne pas trouver une seule place au bar, et à me retrouver coincée entre deux ivrognes malodorants, alors je suis agréablement surprise de constater qu’il est relativement vide. Je prends un tabouret, pose mon sac entre mes pieds, et fais asseoir Moon à mes côtés. Le barman, un homme barbu avec des petits yeux bruns, me demande d’une voix rauque :

- Qu’est-ce que je vous sers ?
- Une limonade. Et un grand bol d’eau fraîche pour mon amie. Merci.


Il arque un sourcil surpris mais ne pose pas de questions. Il me sert, et je lui tends de la monnaie. Je constate par la même occasion qu’il me reste suffisamment d’argent pour manger raisonnablement pendant quelques jours. Je pose le bol à terre pour Moon et elle se jette dessus avec un grognement satisfait. À en voir sa queue qui remue dans tous les sens et la vitesse à laquelle elle lape son eau, cette dernière est bien fraîche. J’esquisse un sourire et bois quelques gorgées de ma boisson, réfléchissant à un potentiel abri pour Moon et moi cette nuit. Puis je sens quelqu’un, sur le tabouret juste à ma gauche, s’affaler sur le bar. Je me tourne vers cette personne et en profite pour la détailler un peu. C’est une jeune femme, les yeux fermés, avec des cheveux courts d’une jolie couleur bleue aux pointes violettes. Le même violet que le bandana de Moon, d’ailleurs. Soudain, elle relève la tête et se tourne vers moi. Elle est bien ébréchée, ça se voit tout de suite à ses yeux vagues et son teint rosé. Son regard se fait dur et elle lance d’un ton agressif, me balançant son haleine alcoolisée au visage :

- Qu’est-ce que tu me veux toi ?

Génial, voilà que je vais devoir parler à cette femme complètement ivre qui continue de me dévisager. Je réponds alors sur un ton désinvolte en lançant un regard exaspéré sur son grand verre vide :

- Rien du tout. Mais va donc, continue de boire, ça te réussit, on dirait.

Tant pis si elle me trouve insolente. Je ne suis pas excessivement encline à parler aux gens, et encore moins à des personnes ivres dans des boîtes de nuit. Pas trop mon style, ça. Moon a terminé son bol et relève la tête vers la femme aux cheveux bleus, les oreilles dressées ; quelques gouttes tombent de ses babines. Je sais que si cette femme se fait menaçante, Moon n’hésitera pas un instant avant de lui sauter à la gorge. Cependant, elle est saoule. Et comme je préfère que ma compagne ne déchiquète pas le premier venu, je la préviens en pensée :

- Elle est saoule. Ne l’attaque pas, d’accord ? Ce n’est pas le lieu pour ça.

Oui, en pensée. Parce que c’est là ma petite particularité. Mon petit secret. Je suis télépathe. Enfin, seulement avec les animaux autres que les humains. Et pas les petits animaux tels que les insectes ou les araignées. Eux, ils sont trop stupides. En bref, je parle aux animaux en pensée, je capte leurs émotions. Je vous raconte pas les maux de tête que ça me provoque, parfois ! Et Moon étant une fière chienne berger allemand, je peux donc communiquer avec elle. Elle est mon égale, et je lui voue une confiance aveugle. Elle est d'ailleurs très belle, avec son long pelage noir lustré et ses yeux bleus brillants de malice. Elle a aussi une petite tache blanche et ronde sur le front. Et évidemment son bandana violet autour du cou. Elle acquiesce silencieusement puis s’avance un peu vers l’inconnue en remuant doucement la queue. Ah, sa tentative d’approche pour déterminer si elle est une potentielle menace. Je ne dis rien, me contentant de surveiller du coin de l’œil la jeune femme dont s’approche mon amie, prête à lui mettre mon poing dans le visage si elle s’avise de la menacer ou de la frapper. Mais aussi parce que je suis curieuse de voir sa réaction. Alors je patiente, buvant doucement mon verre, sans quitter Moon du coin de l’œil.

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Dernière édition par Yéyé le Sam 6 Aoû - 18:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 30 Juin - 22:47

- Rien du tout. Mais va donc, continue de boire, ça te réussit, on dirait.

La jeune fille qui me répond cela a un bon culot et du panache. Son ton était désinvolte et insolent. La personne qui m’a aussi gentiment répondu a des cheveux châtains, avec quelques mèches blondes. Sa peau claire voit son visage parsemé de tâches de rousseurs. Ses yeux pâles sont vairons, l’un vert et l’autre doré. Elle doit sûrement être plus jeune que moi, vu ses traits légèrement plus fins. Cette fille est plutôt jolie et mignonne. Le genre de fille sur qui mon ex n’aurait pas hésité à me tromper. A la vue du sac qui trône entre ses pieds, j’en déduis qu’elle n’est pas d’ici. En tous cas pas pour faire la fête ni se soûler. Pas avec de la limonade c’est sûr !

-C’est vrai que quand on a jamais pris de cuite, ça se voit à ta tronche, on ne sait pas ce que ça fait noyer son chagrin au fond d’un verre. Hey collègue ! Un autre shot s’t’eu plaît !

J’trouve que j’ai encore une certaine répartie malgré tout l’alcool que j’ai dans le sang. Le verre arrive et je le bois de nouveau cul sec. Je me retourne vers la jeune fille que j’allai interroger quand j’aperçois une boule de poil noire s’avancer vers moi en remuant doucement la queue. Une jolie chienne me regarde de ses deux yeux bleus azur. Elle porte un bandana violet autour du cou. Vu le regard méfiant que me jette la nana à mes côtés, ce doit être la sienne. Je glisse de mon tabouret pour me mettre à la hauteur de la chienne et la caresse doucement tout en lui disant :

-Salut ma fille. T’as l’air bien jolie et gentille toi. Tu ferais une parfaite top modèle pour mes toiles.

Je me redresse péniblement et arrive quand même à me rassoir sur mon tabouret. Je regarde encore un peu la chienne. J’adore les animaux. C’est d’ailleurs eux ma principale source d’inspiration quand je peins. Les animaux ont une part de vérité, de franchise, qu’il est impossible de cacher. J’ai toujours voulu un chien, mais ça n’a jamais été possible. En tous cas, si la possibilité s’était présentée, je sais d’avance qu’il aurait été mon seul et unique confident. Je n’aurai pas eu besoin de m’entourer d’un con et d’une salope. Cela aurait tellement été plus simple…

J’encre mes yeux bleus électriques dans ceux vairons de la voyageuse qui m’a tenu tête. Un petit sourire pointe sur mes lèvres à cette pensée. Que va-t-elle me répondre avec son arrogance ? J’ajoute avec un peu de sarcasme, mais pas méchamment :

-Au fait, si tu n’aimes pas l’alcool, la sueur, les gens bourrés et cette musique de sourd, tu ferais mieux de partir avant que tout ça te donne une migraine monstrueuse mademoiselle... ?

Je ne me rallonge pas sur le bar dégoulinant de sueur et d’une odeur nauséabonde de je ne sais trop quoi. Je me redresse plutôt, calant mon dos dans le ridicule dossier du tabouret. Que va répondre ma jeune interlocutrice aux allures de voyageuse ?
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 30 Juin - 23:31

La femme n'a pas encore remarqué Moon, et elle commence à me détailler plus sérieusement. Elle jette également un coup d’œil circonspect à mon gros sac de voyage. D'après son regard, je devine qu'elle est intelligente, même saoule, et elle sait visiblement que je ne suis pas du genre sédentaire. Elle lance ensuite d'une voix rendue éraillée par l'alcool :

- C’est vrai que quand on n'a jamais pris de cuite, ça se voit à ta tronche, on ne sait pas ce que ça fait de noyer son chagrin au fond d’un verre. Hey collègue ! Un autre shot s’t’eu plaît !

Je lève les yeux au ciel, exaspérée. Encore une qui croit tout savoir sur moi simplement en me regardant ! J'ai un bref échange mental avec Moon qui se résume un peu comme ça :

- J'ai vraiment une tronche d'enfant modèle ?
- Modèle, je ne sais pas, mais enfant, oui assurément.
- Merci de ton soutien, Moon.
- Je t'en prie, c'est un plaisir, Kate.

Nous avons souvent ce genre de petit dialogue ironique. C'est comme un petit jeu qui s'est installé entre nous. On prend un ton exaspéré, on s'envoie des piques... Mais ce n'est jamais bien méchant. Après tout, elle et moi sommes comme des sœurs.
En tout cas, la jeune femme a parlé de son chagrin. Donc elle n'est pas dans une bonne passe, alors mieux vaut ne pas trop lui poser de questions. Pas envie que l'alcool lui monte à la tête et qu'elle finisse par chialer sur mon épaule.
Soudain, elle semble remarquer Moon et se penche vers elle. Je me crispe imperceptiblement, prête à bondir. Mais la femme caresse gentiment la tête de mon amie, et mes épaules se relâchent. Un peu. Je l'entends parler à Moon d'une voix douce, bien que toujours entachée par ses trop nombreux verres :

- Salut ma fille. T’as l’air bien jolie et gentille toi. Tu ferais une parfaite top modèle pour mes toiles.

Moon lui répond par un petit jappement enthousiaste, la queue battant comme un métronome fou. Je hausse un sourcil amusé lorsque ma compagne me lance de sa voix pleine d'humour :

- Elle a du goût, cette humaine !
- Eh bien on a trouvé qui était le modèle, maintenant !


Bon, elle est peintre, donc ? Une artiste.

- Comme toi, me souffle Moon en esprit.
- Elle, elle peint, ce n'est pas comme jouer d'un instrument.
- Ça reste de l'art, répond mon amie avec un haussement d'épaules.

Et elle apprécie les chiens visiblement. Tant mieux. Je me tourne un peu plus vers la fille qui peine à se rassoir sur son tabouret. Elle a l'air un peu pensive. Je termine mon verre tandis que Moon revient vers moi et pose sa tête sur ma cuisse. Je commence à lui caresser la tête nonchalamment, par habitude. Mon amie penche un peu plus la tête et je lui câline maintenant les oreilles. Elles sont droites et pointues, comme celles de tous les bergers allemands, et douces comme de la soie. Elle adore qu'on lui chatouille les oreilles, et moi j'adore les toucher. Alors forcément, on s'entend bien là-dessus.
Une fois assise et sortie de ses réflexions, la femme qui me sert d'interlocutrice soutient mon regard. Je remarque qu'elle a des yeux bleus. Comme ses cheveux. Amusant. Elle a un petit sourire et lance d'une voix ironique :

- Au fait, si tu n’aimes pas l’alcool, la sueur, les gens bourrés et cette musique de sourd, tu ferais mieux de partir avant que tout ça te donne une migraine monstrueuse mademoiselle... ?

Hm. Elle veut faire connaissance maintenant ? J'hésite un instant puis me dit que de toute façon, vu combien de verres elle s'est jetée dans le gosier, elle aura tout oublié demain. Pendant ma brève hésitation, elle semble elle-même hésiter sur la position à adopter, mais finit par opter pour une posture redressée. Mouais, elle veut paraître grande. De toute façon, elle fait quelques centimètres et quelques années de plus que moi. J'ai un petit haussement d'épaules. Si elle veut sembler imposante, grand bien lui fasse.

- ...Kate, je réponds.

Je grattouille à nouveau ma compagne de route derrière les oreilles et la présente à son tour d'une voix adoucie, sans même que je m'en rende compte :

- Et Moon.

Celle-ci en profite pour pousser un petit aboiement ravi. Moon, contrairement à moi, est très sociable et adore faire de nouvelles connaissances. Et comme elle aime beaucoup son nom, elle adore que je le prononce à voix haute devant d'autres gens. Et apparemment, elle essaie de me pousser à me sociabiliser en parlant à cette fille, même si je n'en ressens pas vraiment l'envie pressante. Malgré tout, je relève la tête pour croiser le regard électrique de la jeune femme et répond sur un ton à mi-chemin entre l'espièglerie et l'insolence :

- Pour ce qui est des migraines, je suis déjà au point, merci. Et je finirai bien par partir, mais pas tout de suite. J'aurai bien trop peur de te manquer.

Sentant soudain dans mon esprit la soif de Moon, je récupère son bol posé au sol, et le fais remplir rapidement par le barman. À peine lui rends-je le bol qu'elle se jette dessus avec gratitude. Puis je recentre mon attention sur la jeune femme ébréchée et lui demande sur un ton sarcastique :

- Je crois me rappeler que tu ne t'es pas présentée. Rassure-moi, tu n'as quand même pas bu au point d'oublier ton propre nom ?



Hors RP:
 

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Ven 1 Juil - 13:42

-…Kate, répond-t-elle froidement non sans avoir hésiter.

Bah quoi ? C’est pas parce que je suis bourrée et associable que je n’aime pas savoir le nom de mon interlocuteur. Et si elle croit que j’vais tout oublier demain elle se trompe. Mes cuites sont toujours douloureuses, mais je sais très bien tenir l’alcool. Elle ajoute alors plus gentiment en caressant la tête de sa chienne :

-Et Moon.

Un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Moon aboie avec une approbation qui me déconcerte. Je sais que les liens avec les animaux peuvent être puissant et que la chienne comprenne ce que dit Kate ne m’étonnerait pas. Cette dernière reprend la parole avec un ton espiègle mêlé d’insolence :

- Pour ce qui est des migraines, je suis déjà au point, merci. Et je finirai bien par partir, mais pas tout de suite. J'aurai bien trop peur de te manquer, elle demande ensuite un autre bol d’eau pour Moon avant de continuer : Je crois me rappeler que tu ne t'es pas présentée. Rassure-moi, tu n'as quand même pas bu au point d'oublier ton propre nom ?

J’éclate alors d’un grand rire bruyant, frappant au passage le bar et me tenant le ventre tellement je m’en paie une bonne tranche. Cette fille manque pas d’air. Peu de personnes osent me tenir la tête comme elle le fait. Le culot ! J’essaie une larme de rire au coin de mon œil visible avant de lui rétorquer amusée et sarcastique :

-Tu sais Kate, j’suis pas le genre de fille à oublier les choses importantes. Du genre les visages et les trahisons. Et ma p’tite gueule de merde je sais encore comment elle s’appelle t’inquiète pas ! Même si j’étais ivre morte je m’en souviendrai , je ris un peu avant de reprendre : j’me nomme Flash. Ouais pas très original je sais. Tu sais, si cela te dérange vraiment de rester ici, tu peux partir, ça ne me fera ni chaud ni froid. J’ai assez donné pour la journée et j’pense que j’aimerai pas me refoutre dans la merde jusqu’au cou pour la soirée. Collègue ! Un verre d’eau s’t’eu plaît !

Il s’empresse d’exécuter ma demande non sans surprise. J’pense qu’il va être de se réveiller de ce monde insouciant pour retourner à la dure réalité. Prochaine escapade : la peinture. Personnellement j’aime beaucoup me tenir de ce côté du bar. C’est plus drôle. Tiens, mais j’y pense… avec qui j’vais aller en soirée moi maintenant ? Oh et puis c’est pas si grave, j’me trouverai bien des gens avec qui squatter le temps d’une soirée. J’me demande même si j’vais pas sécher lundi au lycée. Pas envie de revoir leurs petites tronches de faux-cul. Je prends ma tête entre mes bras et pose mes coudes sur le bar tout en me massant les tempes. Je me prends la tête pour des personnes qui n’en valaient pas la peine. Mon vrai problème en ce moment serait de trouver une école d’art. Pas chère, on ne va pas se mentir. Je prends mon verre d’eau et le fixe quelques instants, avant de le boire doucement, le dégustant. Dégustant un retour dans le présent. Je ferme les yeux pendant plusieurs secondes, la tête penchée en arrière. La tête tournant.

Je rouvre enfin les yeux et dévisage Kate et Moon. Elles sont jolies toutes les deux ensembles. Le parfait tableau d’une belle union au milieu d’un champ. Avec un cerisier en fleur les époustouflant d’une jolie lumière rosée. J’pourrai demander quelques photos pour la faire cette toile.

-Dis-moi Kate, c’est peut-être un peu déplacé de ma part et tu vas trouver ça ridicule venant d’une personne bourrée, alors j’vais essayer d’être la plus sérieuse possible. Est-ce que toi et Moon accepteriez de poser pour moi ? Quelques photos tout au plus, mais assez pour faire des toiles et sûrement en vendre quelques une. Je pourrai vous en donner une en souvenir de votre belle complicité et en remerciements ?

HRP:
 
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Ven 1 Juil - 14:51

La jeune femme éclate soudain d'un grand rire franc, frappant le bar du plat de sa main. Je hausse un sourcil ; ce que j'ai dit était donc si amusant ? Des petites larmes apparaissent au coin de ses paupières et elle rit tant qu'elle doit se tenir les côtes. Voyant cela, Moon me demande :

- Elle a mal au ventre ?
- Non, elle est juste... morte de rire.


La fille, qui semble avoir terminé sa crise de fou rire, essuie ses yeux et rétorque, d'un ton sarcastique où pointe son amusement, entre deux petits rires légers :

- Tu sais Kate, j’suis pas le genre de fille à oublier les choses importantes. Du genre les visages et les trahisons. Et ma p’tite gueule de merde je sais encore comment elle s’appelle t’inquiètes pas ! Même si j’étais ivre morte je m’en souviendrai : j’me nomme Flash. Ouais pas très original je sais. Tu sais, si cela te dérange vraiment de rester ici, tu peux partir, ça ne me fera ni chaud ni froid. J’ai assez donné pour la journée et j’pense que j’aimerais pas me refoutre dans la merde jusqu’au cou pour la soirée. Collègue ! Un verre d’eau s’t’eu plaît !

Ho, elle a pas beaucoup d'estime de soi visiblement. Et elle a parlé de trahison… C’est donc d’une trahison que viendrait son chagrin ? Je note ça dans un coin de mon esprit. Flash, donc. Un joli nom. Je jette un regard à ses cheveux bleu électrique. Hm, cette couleur… un clin d'œil à son nom peut-être ? Moon répète le nom dans son esprit et m'envoie une sensation de satisfaction. Ah, elle aussi trouve que Flash est un joli nom. Pendant ce temps, la dite Flash boit son verre d'eau lentement, visiblement plongée - ha ha - dans ses pensées, tandis que je regarde un peu autour de moi. La musique, toujours aussi insipide, me semble bien loin maintenant, mais les gens dansent toujours avec la même ardeur. Pourtant, la nuit avance peu à peu, et il est déjà tard, si j'en crois l'horloge électronique accrochée près du bar.

- Il va nous falloir trouver un abri pour la nuit, Moon. On ne peut décemment pas la passer ici.
- Déjà ? Moi je préfèrerai rester un peu. Et puis, j'ai vu un petit parc pas loin. On pourra s'y poser, après.
- Va pour le parc ! S'il n'est pas loin, on n'a qu'à rester un peu.


Visiblement ravie, Moon remue énergiquement la queue et laisse sa langue pendre d'aise. Puis elle pose ses pattes sur mes genoux et me donne un coup de langue sur le menton. Je l'écarte en fronçant le nez malgré mon sourire enjoué. En réalité, qu'elle me lèche le visage ne me dérange pas vraiment, mais j'aime bien l'enquiquiner. Quand je relève la tête, Flash nous regarde avec un air songeur, comme si elle était en train de nous examiner sous toutes les coutures.

- Elle veut notre photo, tu penses ? demande Moon avec humour.

Flash prend alors la parole d’une voix qu’elle veut sérieuse :

- Dis-moi Kate, c’est peut-être un peu déplacé de ma part et tu vas trouver ça ridicule venant d’une personne bourrée, alors j’vais essayer d’être la plus sérieuse possible.


J’arque un sourcil, assez interloquée par cette entrée en matière. Moon dresse les oreilles, très attentive. Décidément, elle l’aime bien, cette Flash.

- Est-ce que toi et Moon accepteriez de poser pour moi ? Quelques photos tout au plus, mais assez pour faire des toiles et sûrement en vendre quelques-unes. Je pourrai vous en donner une en souvenir de votre belle complicité et en remerciements ?


La surprise manque de me faire tomber de mon tabouret et je rougis probablement un peu. Ça, je ne m’y attendais pas ! Et de quoi parle-t-elle, remerciements ? Mais Moon, toute heureuse, se met presque à sautiller sur place et me lance en riant :

- J’avais raison, tu as vu ? Elle voulait notre photo !


Je plonge mon regard dans le sien et réfléchis. Effectivement, c’est une proposition assez… particulière venant d’une personne ivre que j’ai rencontrée deux minutes plus tôt dans une boîte au beau milieu de la nuit. Mais si j’en crois le visage béat de Moon, c’est une proposition très alléchante.

- Qu’est-ce que tu en penses, Moon ?
- J’aimerais bien voir une de ses peintures. Avec moi comme modèle, ça ne peut être que sublime !
rétorque-t-elle sur un ton malicieux. Et puis, après cela, tu pourras vraiment dire que tu es une enfant modèle !

En guise de répartie, j’ébouriffe un peu son pelage et elle pousse un jappement de protestation qui ne cache malgré tout rien de son enthousiasme. J’ai un sourire devant son impatience non dissimulée et je redresse la tête, étrangement détendue. Je croise le regard bleu de Flash et lui répond :

- Eh bien, si tu penses qu’on ferait de bons modèles… Pourquoi pas, après tout. Mais…

Moon, toute heureuse de ma réponse positive, m’interrompt en faisant un petit bond tout en poussant deux aboiements enjoués, et probablement assez fort, puisque plusieurs personnes se retournent vers nous avec un air de « tu me déranges ».

- Chht, Moon, calme-toi ! Je n’ai pas envie qu’on se fasse mettre à la porte parce que tu fais trop de bruit.
- Pfff, mes aboiements sont bien plus mélodieux que leur affreuse musique.
- Moon, s’il te plaît.
- Très bien ! Mais le premier qui s’approche de moi pour me mettre dehors, je lui mords les noix.

Je jette quelques regards autour de nous, mais apparemment, le petit incident a déjà été oublié : tous ont repris leurs ‘‘activités’’, et personne ne semble s’approcher de nous avec une quelconque intention de nous mettre dehors. Je me tourne de nouveau vers Flash avec un petit sourire amusé et termine ma phrase :

- Mais ce n’est ni le moment, ni le lieu de faire ces photos, à mon avis. On n’a qu’à se retrouver demain, dans la journée. Il y a un petit parc pas loin, il me semble. On pourrait se donner rendez-vous là-bas. Qu’en dis-tu ?

L’instant d’après, j’ajoute d’un ton plus rieur :

- Et puis, cela te laissera le temps de te dégriser. Te voir sobre est probablement un spectacle inédit, je ne voudrais surtout pas rater ça !

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Sam 2 Juil - 23:31

Il me semble voir Kate légèrement rougir tandis que la surprise crispe son visage. Un sourire s'étire sur mes lèvres tandis que je vois la chienne japper et sautiller sur place. Elle semble toute heureuse de mes propos. Cela est drôle, comme si elle me comprenait. Je secoue la tête, ce doit peut-être l'alcool. Je n'ai aucuns liens particuliers avec Moon. Kate me dévisage alors, semblant peser le pour et contre tandis qu'elle caresse doucement sa chienne. Elle commence alors, après avoir débattue intérieurement :

-Eh bien, si tu penses qu’on ferait de bons modèles… Pourquoi pas, après tout. Mais...

Elle est interrompue par Moon qui aboie fortement. Montrant sa joie. Elle me fait rire cette chienne. Elle est pleine de vie. Plusieurs personnes s’en retourne alors d’un air : « ferme-là, tu nous pourris la soirée ». Je leur rends un regard de tueur. Moi elles font prendre à ma soirée une tournure plus qu’imprévisible. Et cela fait tellement longtemps… j’ai pas envie que quelques rageurs de merde s’en mêle. Kate reprend alors :

- Mais ce n’est ni le moment, ni le lieu de faire ces photos, à mon avis. On n’a qu’à se retrouver demain, dans la journée. Il y a un petit parc pas loin, il me semble. On pourrait se donner rendez-vous là-bas. Qu’en dis-tu ? elle rajoute prestement, un peu en riant : et puis, cela te laissera le temps de te dégriser. Te voir sobre est probablement un spectacle inédit, je ne voudrais surtout pas rater ça !

Je ris de nouveau de bon cœur. Pas à m’en tenir de nouveau le ventre. Mais de bon cœur quand même. Je lui réponds avec mon humour d’auto dérision :


-Inédit je ne pense pas. Je tiens plutôt bien l’alcool alors… disons que tu as plutôt de la chance de me rencontrer bourrée ! J’suis pas une fille à prendre à la légère ou à taquiner quand je ne suis pas bourrée. Mais vous en faîtes pas, vous allez me tirer de la merde grâce à ces photos, alors j’vous ferai pas part de mes humeurs associables. Et puis, la photo et la peinture, c’est mon domaine.

Je fais une petite pause en contemplant mon verre d’eau vide dans mes mains. Puis je reprends en la regardant de nouveau dans les yeux, un sourire aux lèvres :

-Va pour le parc ! Il y a pile poil l’arbre auquel je voulais vous photographiez là-bas.

Je baille alors un grand coup en m’étirant. J’vais m’endormir sur le comptoir si ça continu. Vaudrais mieux que je ne tarde pas… je regarde un peu autour de moi. Les « danseurs » s’éclatent encore sur ce qui semble être de la musique. Juste après le service, j’suis déjà allée sur la piste de danse et j’ai commencé à boire quand le mec qui essayait de me draguer voulait aller un peu plus loin. Juste pour me venger du connard qui m’a trompé je l’ai embrassé et ensuite demander d’aller se faire foutre… c’était une bien pitoyable vengeance sachant que les concernés ne sont plus là. Mais qu’importe ! Je dois d’abord me prouver que moi aussi je n’ai plus besoin d’eux ! Je regarde de nouveaux l’étrange duo et en me penchant doucement vers Moon, je la caresse du bout des doigts, respectueuse. Mais c’est alors que je glisse de ma chaise. Sans m’en rendre compte, n’ayant plus aucuns contrôle j’me suis retrouvée le cul au sol. J’ai soudain plus chaud et la tête me tourne. Je m’agrippe de mes dernières forces restantes au comptoir du bar et je me relève tant bien que mal. Je glisse alors à Kate, à moitié allongée sur le bar, la nausée montant :

-J’ai un appartement à cinq minutes. Je vais y aller pour dégriser comme tu dis… j’me sens pas très bien…

Sur quoi je vomis sur le voisin à ma gauche qui rouspète amèrement. Mais dès qu’il voit ma tronche il se casse, ayant pitié. Ce que je déteste ces mecs… mon collègue m’a servi un verre d’eau entre temps. Je le remercie d’un signe de tête et bois le verre pour rincer la bouche surtout. Avec un petit sourire je reprends :

-Désolée… ça va mieux maintenant… enfin un peu… bref. Si vous avez pas de logement pour la nuit, toi et Moon pouvez toujours squatter mon canapé.

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas été autant bourrée. C’est une sensation que j’ai apprécié d’oublier.
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Dim 3 Juil - 13:09

Flash éclate d'un petit rire sincère et je lui rends un sourire. Elle me répond avec humour :

- Inédit je ne pense pas. Je tiens plutôt bien l’alcool alors… disons que tu as plutôt de la chance de me rencontrer bourrée ! J’suis pas une fille à prendre à la légère ou à taquiner quand je ne suis pas bourrée. Mais vous en faîtes pas, vous allez me tirer de la merde grâce à ces photos, alors j’vous ferai pas part de mes humeurs associables. Et puis, la photo et la peinture, c’est mon domaine.

Moon, queue toute remuante et sourire de chien aux lèvres, me demande avec un regard interrogateur :

- Moi je la trouve pas associable ! Et tu sais pourquoi elle a parlé d'excréments ?
- Elle est peut-être un peu juste niveau argent, comme nous.
- Tu crois qu'elle dort dehors aussi ?
- Je ne sais pas, Moon. Peut-être bien.


Flash regarde son verre vide quelques instants, l'air de réfléchir, puis lance d'une voix enjouée avec un sourire flottant sur le visage :

- Va pour le parc ! Il y a pile poil l’arbre auquel je voulais vous photographier là-bas.

Je hoche la tête. Bon, nous avons un rendez-vous, cette fois c'est officiel.

- Un rendez-vous mille fois plus agréable que le véto, ça c'est sûr ! lance Moon d'un ton presque soulagé qui me fait lâcher un petit rire.

Flash s'étire en bâillant. Ah, la fatigue commence à se faire sentir des deux côtés. Moon semble un peu endormie, elle aussi, et moi je n'en mène pas large, avec mes jambes et mes paupières lourdes. Doucement, dans un geste un peu détaché, Flash tend sa main vers Moon et la caresse du bout des doigts. La queue de Moon s'agite vivement malgré sa petite fatigue et elle sort sa langue en étirant les babines, ce qui, comme toujours, lui donne un air béat. Ou niais, au choix.

- Qui tu traites de niaise, là ? demande Moon en grognant, les yeux légèrement plissés.

Soudain, Flash tombe de son tabouret et se retrouve les quatre fers en l'air avec un air quelque peu surpris. Je manque de rire, puis en voyant son visage pâle relativement verdâtre, je me retiens. Je me lève, prête à l'aider, mais elle semble bien se débrouiller seule. Elle se rassoit, s'étale sur le bar, visiblement assez malade, et me souffle d'une voix rauque :

- J’ai un appartement à cinq minutes. Je vais y aller pour dégriser comme tu dis… j’me sens pas très bien…


En temps normal, j'aurais lancé un "je t'avais bien dit de ne pas boire !" mais, aujourd'hui, je suis quelque peu interrompue par Flash elle-même, qui... vomit sur son voisin. Là, voyant la tête du pauvre homme à moitié endormi et couvert de vomi qui vocifère, je ne peux m'empêcher de pouffer, surprise - tout est allé très vite - et soulagée que Flash ne m'ait pas choisie pour cible, ou Moon. Celle-ci me lance d'ailleurs d'une voix énergique :

- Donc je récapitule ! Elle a un appartement, elle est VRAIMENT bourrée, et elle vient de vomir sur son voisin.
- Oui. Et ?
- Elle me plaît beaucoup !

Je lève les yeux au ciel d'un air amusé en tendant un mouchoir à Flash, histoire qu'elle se débarbouille. Mais le barman lui a déjà donné tout ce dont elle avait besoin.

- Elle me rappelle un peu moi, dans ma jeunesse, quand je pissais sur les chaussures des gens...
- Moon, tu es loin d'être vieille ! Et puis, tu n'as jamais pissé sur une seule chaussure.
- Bah, on peut rêver.


Flash se tourne vers moi. Elle a l'air vraiment malade, avec sa peau pâle et ses yeux ternes, presque vitreux. Elle a un sourire et me dit d'une voix qui ne cache rien de son état :

- Désolée… ça va mieux maintenant… enfin un peu… bref. Si vous avez pas de logement pour la nuit, toi et Moon pouvez toujours squatter mon canapé.


Moon ouvre des grands yeux ravis, moi je les écarquille plutôt de surprise. Elle nous hébergerait, comme ça, alors qu'elle nous connaît à peine ? C'est généreux de sa part, mais...

- Kate ? lance Moon d'une voix peu assurée.
- Hm, je marmonne, plongée dans mes pensées.
- Kate !!
- Quoi ?!
- Quoi qu'on réponde, faut le faire vite.
- Pourquoi ça ?
- Hm... Tu vois ce qui arrive quand tu bois beaucoup d'eau rapidement ?
- Oh non, me dis pas que...
- Je dois aller au petit coin.
- Pitié, dis-moi que tu plaisantes !

Avec un grognement, elle m'envoie en esprit ses sensations, et effectivement, il y a quelque chose de... pressant, disons, au niveau de sa vessie. J'acquiesce dans un soupir :

- Bon d'accord. Tu en penses quoi, toi ? Tu es d'accord pour dormir chez elle ?
- D'un côté, je n'ai pas envie de "squatter", comme elle dit. Mais d'un autre, j'aimerais bien dormir dans une maison, pour une fois.
- Tu peux aller avec elle, alors.
- Et toi ?
- Hmmm je ne sais pas trop. Je n'ai pas envie de déranger. Et puis, on la connaît à peine et...
- Oh, arrête ! Je sais que tu as mal au dos, en ce moment, à force de dormir dehors. Une nuit sur un lit... enfin un canapé, ne te fera pas de mal.
Elle ajoute sur un ton rieur : Et si vraiment elle s'avère être un méchant monstre aux dents pointues, je suis là pour te protéger !
- Je sais.

Je passe ma main dans sa fourrure avec un geste tendre et nous échangeons quelques émotions positives en esprit, comme pour nous réconforter l'une l'autre. Puis elle me rappelle à l'ordre d'une voix insistante :

- Je ne voudrais pas te presser... Mais ma vessie est sur le point de déverser tout son contenu sur le sol de la boîte de nuit. Et l'ambiance risque d'être pourrie par l'odeur, la... hm texture...
- Aaaaaaaaah, c'est bon, pas de détails ! J'ai compris.

Je me tourne vers Flash et lui répond d'un ton espiègle où pointe un soulagement dont je n'avais même pas conscience :

- C'est très généreux de ta part. Si vraiment cela ne te dérange pas, alors prépare-toi à avoir plein de poils de chien sur ton canapé !

Je lui fais un grand sourire, puis me lève d'un bond, empoigne mon sac et le charge sur mon dos en ajoutant d'une voix rendue pressante par l'urgence de la situation que Moon ne se prive pas de me rappeler à grands coups de sensations :

- Nous sommes toutes fatiguées, alors ne traînons pas, d'accord ? Moon et moi t'attendons dehors. À tout de suite !


D'un pas rapide, nous rejoignons la sortie, plantant Flash sur place. À peine sommes nous arrivées dans la rue que Moon se précipite près d'un lampadaire qui semble avoir du mal à rester allumé, et fait... ce qu'elle a à faire, avec un soulagement évident.

- Pfou... C'est fou ce que ça fait du bien ! Je me sens presque plus légère !
- La prochaine fois, épargne-moi les commentaires de ce genre, tu veux bien ?


Puis elle me rejoint en riant, au moment où Flash sort à son tour de la boîte. Je me tourne vers elle et lance avec un sourire fatigué :

- Après toi.

Puis, amusante coïncidence, Moon et moi bâillons en même temps. En réalité, ce n'est pas vraiment une coïncidence : étant donné que nous partageons nos sensations, cela arrive très souvent et c'est habituel pour nous. Mais Flash trouvera probablement cela amusant. Je m'étire un peu, sortant de mes pensées. La nuit est déjà avancée, et les étoiles brillent encore plus fort que toute à l'heure. Moon me demande d'une petite voix :

- Tu crois qu'on les verra, depuis son appartement ?
- Probablement,
lui réponds-je en lui ébouriffant la fourrure.

Lorsque Flash se met alors en marche, nous la suivons, curieuses de découvrir où elle vit, et aussi parce que nous avons hâte de dormir, surtout autre part que par terre ou sur un banc !

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Dim 3 Juil - 23:24

À ma proposition, Kate accepte avec joie. Elle rigole un peu en me disant de préparer le canapé aux poils de Moon. Intérieurement, ça me fait rire. Puis, elle se lève d'un bond et empoignant son sac, m'annonce qu'elles aussi sont très fatiguées. Elles m'attendent donc dehors, me plantant gentiment sur place. Je prends ma tête entre mes mains, soufflant quelques instants. Puis, glissant au barman que je payerai la tournée en heures supplémentaires, je me lève péniblement. Une fois dehors, l'air frais me revigore un peu. Me donnant le courage nécessaire pour rentrer chez moi. Moon et Kate m'attendent. Cette dernière me dit un peu théâtralement :

-Après toi.

Sur quoi, maitre et chien baillent en même temps. Ce qui m'arrache de nouveau un petit rire. Cette complicité... extraordinaire ! Je peux vous garantir que les poils de Moon vont rester longtemps sur mon canapé ! Comment oublier ces deux personnages atypiques ? Je me mets en marche et le duo me suit de près. Je marche cependant lentement. La tête me tourne encore et je n'ai pas très envie de me retrouver de nouveau les quatre fers en l'air. Nous marchons quelques minutes côté à côté. Dans l'air frais du soir, malgré le quartier chaud que nous traversons. Puis enfin, nous arrivons devant un immeuble plutôt bien entretenu, par rapport au reste.  Je me tourne vers Kate et lui dis taquine :

-J'espère que les marches ne sont pas tes ennemies.

Nous y engouffrons et commençons à monter les escaliers. L'ascenseur étant casser comme elles peuvent le constater. On entend des gens hurler, surtout des femmes. Des pleurs d'enfants et des couples qui s'enguelent. Oui, mon quartier est malheureusement parfois trop animé. D'ailleurs, j'en parle à Kate avec un air sincèrement désolé :

-Désolée pour tous les bruits. Ce sera un peu plus calme là-haut. Je suis au dernier étage.

Je reprends ma montée. La tête qui tourne, le souffle court. Pendant ma terrible ascension, je repense à la soirée. Jennifer et Jacob... c'est les noms des deux connards qui m'ont pourris la vie. J'aimerai tellement le leur faire payer... oh mais ce que je vais faire ! Quand j'aurai dégriser du moins... parce que là... je suis capable de rien.

Finalement, nous arrivons enfin au dernier palier, qui, comme je l'avais prévu, est beaucoup plus calme. Je reprends mon souffle en compagnie de mes camarades,
Essayant de chasser les tâches noires qui me cachent la vue. On vient quand même de s'enfiler 6 étages ! Bref, je m'avance vers le nº20, tout au bout du couloir. Je m'arrête devant ma porte en bois vert, tout ternis et cherche la clef dans mes bottines. Malgré la sombre luminosité, je la trouve enfin et la mets dans la serrure. Cependant je constate que la porte est ouverte. Je fronce les sourcils. Je suis certaine de l'avoir fermée en partant ce n'est pas mon genre d'idioties ! Il doit y avoir quelqu'un qui a crocheté la serrure. Et j'en connais un qui excelle dans ce domaine. On voit bien sur ma tête qu'il y a un problème. Je glisse doucement à Kate, chuchotant presque :

-Je vais voir quelque chose à l'intérieur. Je vous ferez signe d'entrer ne vous en faites pas. Je ne vais pas vous claquer la porte au nez !

Ma voix se veut assurée, mais ce n'est pas du tout le cas. Kate et Moon restent dehors pendant que je rentre dans mon deux pièces. C'est un peu le foutoir, comme d'habitude, mais je sais bien qu'il y a quelqu'un... je referme doucement la porte derrière moi. Je souffle un peu. La tête commence à retourner, me donnant un horrible vertige. Je m'approche dans le noir de ma petite table près du canapé et allume ma petite lampe. J'entendais légèrement son souffle alors je ne suis absolument pas surprise de trouver Jacob assit sur mon canapé, me regardant avec un sourire pervers. Celui-ci me balance :

-Salut Flash. Ça fait un bail !

Je croise les bras sur ma poitrine et lui rétorque :

-Une semaine précisément. Qu'est-ce que tu fous chez moi et qui t'a donné l'autorisation de crocheter ma serrure ?!
-On se calme ma belle ! Je suis venu chercher le matos de Jen'. Tu sais qu'elle a réussi à rentrer aux Beaux-arts ?
-C'est mon matos !!! Tu n'y touches pas ! Et qu'est-ce que ça peut me foutre ? Tu veux me rendre jalouse c'est ça ?!

Après un soupir, il pose le sac où tout ce que j'ai de plus précieux se trouve et il se lève. M'imposant son immense carrure. Il me glisse, me caressant la joue :

-C'est pas vraiment comme si tu vais le choix... Flash. Je sais que tu es incapable de faire quoi que ce soit sans nous... avoue-le. Et pardonne-nous... regarde-toi ! Tu fais pitié à être bourrée ainsi !
-Jamais je vous pardonnerai !

Je me dégage de son étreinte et lui fous une gifle qui me fit le plus grand bien. Il reste comme ça quelques instant. Ses long cheveux noirs masquant son regard turquoise avec son visage tendu sur le côté. Je le hais ! Je les hais !

-Oh Flash Flash Flash... tu ne me laisses pas le choix !me crie-t-il alors.

Je n'ai pas le temps de bouger qu'il m'enserre la taille de toutes ses forces et qu'il me plaque sur le canapé. Sa bouche s'empare de la mienne tandis que je suis encore sonnée du choc. Aucuns désires ne me traversent... plus comme avant. J'essaie de me dégager mais je n'y arrive pas avec ma minuscule force de bourrée. Il en rit un peu et commence à soulever mon tee-shirt. C'est alors qu'il commet l'erreur de se redresser juste un peu. Me laissant de l'air pour hurler à pleins poumons :

-KATE !!!

J'ai le temps d'apercevoir sa surprise pointée d'amusement. Tandis que moi je souris dangereusement... d'un sourire bourré et lucide à la fois. C'est un homme mort.
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Lun 4 Juil - 12:41

Nous marchons à son côté ; l'air est frais et la nuit est calme. Nous arrivons finalement devant un immeuble, apparemment bien tenu, surtout comparé aux ruines qui l'entourent. Moon remue la queue d'un air admiratif devant le grand bâtiment, et j'aurais bien fait de même si j'en avais une. C'est bien la première fois qu'on pénètre dans une bâtisse aussi... luxueuse ? Hm, bref. Flash se tourne vers moi et lance d'un ton taquin :

- J'espère que les marches ne sont pas tes ennemies.

J'ai un sourire amusé et une pensée compatissante pour Moon, qui n'aime pas les escaliers. Elle jette un regard bougon à la pancarte "hors-service" qui barre l'entrée de l'ascenseur puis commence à monter dans un soupir. Je me mets à sa hauteur et je lui dis avec un sourire :

- Allons, ne t’en fais pas, ce ne sera pas long.

Soudain, nous entendons des cris de dispute, des pleurs d’enfants, des femmes hurler. Moon, dont l’ouïe est plus développée, pousse un petit gémissement plaintif, ce à quoi Flash semble répondre, bien qu’elle soit tournée vers moi :

- Désolée pour tous les bruits. Ce sera un peu plus calme là-haut. Je suis au dernier étage.

Ce à quoi Moon répond par un autre gémissement désespéré. J’ai un petit rire en voyant sa mine boudeuse.

- Il FALLAIT que ce soit au dernier étage, hein ?
- C’est peut-être ton karma. Tu sais, à force de pisser sur les chaussures des gens ?


Moon me répond en me tirant abondamment la langue, ce qui m'arrache un pouffement amusé. Pendant ce temps, Flash semble fatiguer : elle est pâle et se tient le crâne. Je lui dis d’une voix basse de s’arrêter si elle en a besoin, mais elle ne semble pas m’entendre et poursuit son ascension. Lorsque nous arrivons enfin au dernier étage, elle souffle quelques instants tandis que Moon renifle partout en s’en donnant à cœur joie. Il fait sombre mais frais. Flash, l’air d’aller un peu mieux, s’approche de la porte et fronce les sourcils. Je me fige en apercevant la serrure. Crochetée. Tout ça me rappelle de mauvais souvenirs. Moon retrousse les babines sur ses crocs blancs et pousse un petit grondement.

- Quelque chose ne va pas, Kate.
- C’est ta raison ou ton instinct qui te fait dire ça ?
- Les deux.

Alors c’est sérieux. L’instinct de Moon ne la trompe jamais. Flash elle-même semble nerveuse et me chuchote :

- Je vais voir quelque chose à l'intérieur. Je vous ferai signe d'entrer, ne vous en faites pas. Je ne vais pas vous claquer la porte au nez !

Je n’ai pas le temps de lui dire d’attendre qu’elle est déjà à l’intérieur, en train de doucement fermer la porte. Moon ne tient pas en place. Ses oreilles sont plaquées en arrière et chaque parcelle de sa fourrure est hérissée. Elle croise mon regard et nos esprits se fondent l’un dans l’autre. Je ressens ce qu’elle ressent, et inversement, et j’ai l’impression que tout mon être me hurle « DANGER ». J’ai accessoirement accès à sa vision nocturne, ce qui n’est pas déplaisant. Nous nous retenons de bondir à l’intérieur pour rejoindre Flash.

- On doit lui faire confiance, Moon. C’est encore chez elle.


Moon se résigne mais je sens bien que son angoisse augmente. Ses grondements se font plus sourds, et ses crocs se dévoilent de plus en plus. Même moi, mon instinct me dit que ça ne va pas. Ma main rentre dans ma veste et se crispe sur le couteau que j’y tiens caché. Soudain, l’ouïe de Moon, que je perçois aussi, semble détecter des éclats de voix.

- Elle n’est pas seule, Kate.
- Alors tiens-toi prête.

Quelques secondes s’écoulent, les éclats de voix sont bien moins distincts, et la tension est à son comble. Tout mon corps est tendu, et je sais que Moon aussi. Nos cœurs battent la chamade à l’unisson. Soudain, un grand cri déchire le silence du dernier étage, nous faisant sursauter.

- KATE !!!

Flash !
Sans une once d’hésitation je pénètre dans l’appartement, fais tomber mon sac de mes épaules pour qu’il ne m’encombre pas et dégaine mon couteau, tout cela vivement et dans un silence parfait. J’aperçois enfin la scène et Moon et moi l’analysons en une seconde. Un garçon se tient au-dessus de Flash, l’immobilisant. Par terre, un sac rempli d’affaires de peinture. Mais c'est le sourire du garçon qui fait jaillir ma fureur et la rage bestiale de Moon. Tu vas morfler, salopard. En un bond, je suis derrière lui et, saisissant le col de son vêtement, le jette au sol, l’arrachant de Flash. L’effet de surprise, combiné à ma rapidité d’action et à la force que j’ai malgré les apparences, ne lui laisse pas le temps de réagir et il s’écrase sur le dos. Le ‘‘wouuuuufff’’ qu’il pousse m’indique que tout l’air de ses poumons s’est échappé. J’en profite. Je me jette sur lui et lui frappe violemment le torse de mes genoux, puis reste sur lui, l’immobilisant sous mon poids. D’une main j’agrippe ses joues comme si je voulais lui arracher la bouche du visage et serre ; il ne peut pas parler, et pour respirer correctement après tout ça, bon courage mon cochon. De l’autre main je pose la lame de mon arme sur sa jugulaire. Moon, quant à elle, se tient tout près de son visage, poussant des grondements à glacer le sang, les crocs découverts, bavant presque sur son front. Un berger allemand furieux qui se poste juste à côté de votre crâne, ça a de quoi faire peur au plus courageux des hommes.  
Tout cela n’a duré que deux secondes. La main crispée sur le couteau, j’appuie légèrement sur sa gorge et susurre d’une voix froide vibrante de fureur :

- Écoute-moi bien, espèce d’enfoiré, je sais pas ce que t’es venu foutre ici, mais t’as commis la plus grosse erreur de ta vie. Tu n’es pas le bienvenu ici.

Son regard se fait presque amusé, ce qui attise ma colère et j’entaille sa gorge d’un geste vif. Le sang coule. La blessure n’est pas profonde, mais ça doit déjà être douloureux. Soudain, il commet la seconde plus grosse erreur de sa vie. Son bras gauche n’étant pas bloqué, il tente de me frapper pour se libérer.
Crétin.
Moon est bien plus rapide que lui et elle, elle est furieuse et elle a des crocs. À peine commence-t-il d’esquisser son geste que Moon tient son bras entre ses crocs et le mord. Elle mord le plus fort qu’elle peut, et oui, elle pourrait lui arracher le bras si elle le souhaitait. Mais tout ce qu’elle veut, c’est le faire payer. L’humaine Flash est une bonne personne. Et elle va faire regretter à cette enflure ce qu’il a essayé de lui faire. Le sang gicle, mais elle n’arrête pas, oh non surtout pas. Elle veut lire la souffrance sur son visage. Elle mord, elle broie, elle déchiquète. Le bras n’est bientôt plus qu’un amas de chair ensanglanté, mais elle ne le lâche pas. Elle attend mon signal. De mon côté, je tiens sa bouche plus fermement pour étouffer ses hurlements de douleur. Et ça marche plutôt bien, je dois dire. Il tremble presque. Je fais un léger signe de tête et Moon laisse tomber le bras, ou plutôt ce qu’il en reste, au sol. Ses crocs ne sont plus blancs, mais rouges, tout comme ses babines. J’ai un léger sourire. Mais pas un gentil sourire, un sourire sadique et furieux. Je m’emploie à l’empêcher de respirer, jusqu’à ce qu’il suffoque. Je lui glisse alors d’une voix menaçante et comme dédoublée, comme si Moon, à travers mes paroles, s’exprimait aussi, comme si nous n’étions plus qu’une seule et même personne, ce qui est peut-être bien le cas en ces instants :

- Aujourd’hui, on va être gentilles et te laisser partir vivant. Mais si tu t’approches encore de Flash, si tu la touches, si tu lui parles, tu es un homme mort. Pigé ? On te retrouvera et on te fera jaillir les entrailles. Alors tiens-toi loin d’elle.

Puis Moon recule de quelques pas, toujours les crocs dévoilés et toujours en poussant ses grondements. Je me relève également. Il reste au sol quelques secondes, inspirant l’air si précieux qu’il lui manquait, avant de se relever, le visage déformé par une grimace de souffrance. Il me lance un regard furibond. Il me tient tête, il nous tient tête. Troisième erreur. J’esquisse un sourire cruel tandis qu’en esprit je dis à Moon d’une voix mielleuse :

- Tu te rappelles ce que tu as dit, dans la boîte, à propos de mordre des noix ? Eh bien, amuse-toi.


Dans un grognement terrifiant et ravi, Moon se jette vivement sur le garçon et le mord violemment à l’entrejambe. Furieusement, jusqu’à ce que le sang gicle. Et cette fois, le hurlement sort de sa bouche. Il a l’air de souffrir, me dis-je intérieurement. Mais je ne ressens aucune compassion pour lui. Moon presse une dernière fois sa mâchoire puissante sur les petites noix brisées puis s’écarte d’un bond avant qu’il n’ait l’idée de la frapper. J’agite mon couteau. La lumière frappe la lame d’un éclat meurtrier. Je lance d’une double voix furibonde :

- Dégage. Va-t’en d’ici avant qu’on ne change d’avis.

Il nous jette un regard. Et cette fois, il est effrayé et il a mal. Moon me transmet en esprit ce qu’elle sent. L’odeur nauséabonde de sa peur emplit la pièce. Elle pousse un aboiement de rage qui le fait enfin détaler, la main intacte qui lui reste couvrant la partie de son pantalon déchirée et sanglante. Moon sort pour s’assurer qu’il est bien parti, puis revient et pousse un petit hurlement lupin de victoire. C’est un beau hurlement, doux et rassurant. Je lui ébouriffe un peu le pelage en lui lançant mentalement des félicitations puis sors un mouchoir de ma poche et nettoie la lame de mon couteau. Je me tourne vers Flash. Elle semble un peu sous le choc alors je ne dis rien, lui laissant le temps de digérer les choses. J’avise ensuite la mare de sang qui recouvre le sol. Puis je regarde Moon. Avec son pelage ébouriffé, ses crocs rouges, ses babines retroussées et ses yeux fous, elle me ferait peur si je ne la connaissais pas. Elle arque un sourcil amusé et m’envoie une image mentale de moi. Je ne suis pas mieux, avec mes cheveux en bataille, ma main crispée sur mon couteau dont la lame est encore rougie, et les éclaboussures de sang qui constellent mon visage. J’ai un grand sourire, auquel Moon répond par son beau sourire canin, en étirant légèrement les babines et en remuant la queue, les oreilles dressées et les yeux brillants. La nervosité, la tension qui vient de s'effacer d'un coup, nous donnerait presque envie de rire. On est bizarres, on est terrifiantes, mais on est deux. Un drôle de couple composé de deux bestioles étranges et effrayantes. Je me penche vers elle et lui caresse tendrement le dos. Puis je jette un autre regard au sol trempé de sang et, avisant la salle de bain, récupère une éponge mouillée et commence à nettoyer. Une fois le sol propre, je prends une petite serviette et entreprend de débarbouiller Moon, puis moi-même. Une fois toutes deux propres, nous nous asseyons au sol, près du canapé. Je pose délicatement ma main sur le bras de Flash et, cette fois de ma voix normale, bien plus douce et amicale, lui demande :

- Ça va, tu n’as rien ?

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Lun 4 Juil - 18:23

Pendant les deux secondes où j'ai senti un poids se soulever de moi. Je me suis sentie libre. Libre de tout. Libre de détester ses propos... je ne suis pas incapable. Je suis capable de tout... et ce soir, j'ai été capable de trouver deux âmes qui m'ont sorti de ma déprime. Deux âmes qui m'ont sauvé.

C'est allé trop vite pour que je comprenne quoique ce soit. Mes sensations sont tétanisées par l'alcool et la peur. Les menaces de Kate ne sont qu'un lointain écho. Mais je sens leur méchanceté. J'arrive à peine à dodeliner la tête dans leur direction et je la retourne vers la porte, dégoûtée. Après plusieurs minutes à vivre au ralenti, je vois Jacob se relever. Je perçois à peine ses expressions qui tiennent tête à Kate. Avant de l'entendre hurler, Moon lui mordant dans les parties génitales. Peu à après, le sang qui tapisse mon appartement se met à être nettoyer. Je suis toujours semblable à un zombi. Kate pose alors sa main sur mon bras et je sursaute revenant à la réalité :

-Ça va, tu n'as rien ?

Je n'ai pas envie de lui répondre en riant. J'ai envie de me venger à ma façon. Je secoue la tête pour lui faire que je n'ai rien, les rassurer. Je lui souffle un merci ému, puis me lève en direction de la porte grande ouverte. Je fais signe à Kate et Moon de me suivre dans le couloir. Comme je m'y attendais, Jacob claudique vers les marches en gémissant de douleur. Je m'écrie alors, me foutant de déranger les voisins :

-Hey Jacob ! Oublie pas de dire à Jennifer de bien se planter aux Beau-arts ! Ses toiles ne valent rien du tout ! Quand à toi, tu baises super mal ! Et pour finir, j'ai pas besoin de loques comme vous à mes côtés. Une seule se suffit à elle même !

Sur quoi je chope Kate sous les yeux de Jacob et l'embrasse furtivement sur les lèvres. Je me tourne vers lui avec un regard froid, vengeur. Et d'une voix autoritaire reprends :

-Fou le camp connard. Si vous osez remettre les pieds chez moi, vous êtes des personnes mortes.
-Tu sais pas à qui tu parles Flash ! Moi et mes gars on viendra vous saigner jusqu’à ce qu’il ne reste plus une goutte de sang en vous ! Ensuite, j’te baiserai, mais pourra rien me dire ! Et toi la blonde ! Avec ton stupide cabot ! Vous serez dévorées par les poissons.

Il éclate d’un grand rire fourbe. Je le fixe, le regard dénué de sentiments. Même dans la douleur, il reste fier. Je place ma main sur le côté, faisant signe à Kate de me laisser régler cette affaire. Je reprends, menaçante :

-Je crois que la leçon ne t’a pas servie Jacob ? Je vais mettre ça au clair tout de suite alors…

Je prends une petite pointe de flèche dissimulée dans un repli de ma bottine droite. Elle ne l’aperçoit pas étant occupé à rire bêtement. J’inspire un grand coup avant la lancer à travers le couloir. Elle fuse comme le vent. Ne laissant qu’un long sifflement derrière elle. Jusqu’à arriver à la hauteur de la porte de sortie, juste devant laquelle Jacob se tient. Elle vient se ficher dans le mur à deux millimètres au-dessus de sa tête. Il s’arrête de rire perturbé et dévisage un peu béat la pointe enfoncée juste à ses côtés. Je lui dis :

-Si tu oses t’en reprendre ne serait-ce qu’à l’une d’entre nous, les autres te tueront sans hésiter. Et moi-même je ne me louperai pas, pas comme maintenant. Tu ne m’en croyais pas capable ? Maintenant tu l’es.

Il pensait essayer de me briser le moral. Même si il savait que Moon ou Kate aurait pû l'achever. Mais il pensait pas que cela pourrait venir de moi. J'ai blessé son orgueil, plus profondément qu'il ne le laisse paraître et Kate ainsi que Moon m'y ont aidé. Je tourne les talons, Kate et Moon sur mes pas et après qu’elles soient rentrées, je claque la porte et la ferme à double tours. Je soupire de soulagement. Posant délicatement la tête sur la porte avant de commencer à pleurer à chaudes larmes. Si je n’avais pas été bourré, la pointe de flèche aurait directement été se loger dans son cerveau. J’aurai alors assassiné quelqu’un de sang-froid. De ça par contre, je ne m’en croyais pas capable. Je me tourne alors vers es deux sauveuses et leur sourie chaleureusement en gagnant mon canapé sur lequel je m’affale. J’ai bien vu les blessures monstrueuses qu’elles lui ont laissé, mais pourtant je n’aperçois nulle part du sang… à part sur les deux concernées justement. Kate a dû gentiment nettoyer. Je lui fais d’ailleurs signe de venir s’asseoir si elle en a envie. J’entame alors :

-Je… je suis désolée de vous avoir entraîné dans cette sombre histoire toutes les deux… sincèrement. Je suis aussi tellement désolée d’avoir dû t’embrasser Kate… je voulais tellement me venger de lui… d’elle… que… que j’ai réagi sur l’instant ! Je ne voulais vraiment pas je suis navrée ! Je ne me pensais même pas capable de réellement le tuer !

Sur quoi les larmes redoublent d’intensité. Pourquoi ? Pourquoi les merdes ça arrivent qu’à moi depuis que je suis née ?! Je n’en peux plus…

-Je… je veux juste être normale…et avoir des amis et une famille comme tout le monde… murmurais-je.

C’était le cas. C’est ce que je désire depuis des années. Kate et Moon vont m’en vouloir maintenant…
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Lun 4 Juil - 19:46

Flash secoue la tête. Elle a toujours l’air un peu sonnée, mais au moins elle est consciente. Elle me souffle un petit « merci » ému auquel je réponds par un sourire. Elle se lève, ce qui me surprend, et se dirige vers la porte d'entrée. Je la suis, un peu interloquée. En bas des escaliers, j’aperçois le petit merdeux aux yeux de fouine qui claudique en gémissant, le bras déchiqueté et les noix quelques peu ensanglantées. Je doute qu’il en retrouve un jour un usage normal. Flash lui crie alors d’une voix forte :

- Hey Jacob ! Oublie pas de dire à Jennifer de bien se planter aux Beaux-arts ! Ses toiles ne valent rien du tout ! Quand à toi, tu baises super mal ! Et pour finir, j'ai pas besoin de loques comme vous à mes côtés. Une seule se suffit à elle-même !

Moon jette un regard au dit Jacob puis lui tire la langue en grondant. Elle me demande, cherchant une punchline :

- Hé bah Jacob… c’est… ça rime avec… euh… hum Kate, une idée ?
- …Ça rime avec Bob ?
- Mouais, laisse tomber les rimes en fait.
- Il y a peut-être moyen de…


Soudain, interrompant brutalement notre dialogue, Flash me prend par le cou et… m’embrasse. Sur les lèvres, oui. La mâchoire de Moon semble subitement se décrocher et je sens mes joues chauffer. D’accord, là je ne comprends plus rien. Flash se détache de moi et se tourne à nouveau vers Jacob pour lui crier un chapelet d’autres injures. Je ne les entends pas, occupée que je suis à ruminer cette histoire de baiser et à répondre à Moon :

- Est-ce que Flash vient tout juste de… te faire ce que vous, les humains, faites quand vous êtes amoureux ?
- Il semblerait. N’y attache pas trop d’importance, à mon avis c’était simplement…
- T’es toute rouge !
lance-t-elle, goguenarde.
- Je t’interdis de mentionner ça à nouveau ! Et ne me coupe pas la parole comme ça !
- Oui maman !

Jacob, que Moon appelle désormais ‘‘Le Castré’’ pour une raison évidente, furieux, se met à cracher son venin depuis la cage d'escalier, tandis que mes joues reprennent leur couleur normale :

- Tu sais pas à qui tu parles Flash ! Moi et mes gars on viendra vous saigner jusqu’à ce qu’il ne reste plus une goutte de sang en vous ! Ensuite, j’te baiserai, mais pourra rien me dire ! Et toi la blonde ! Avec ton stupide cabot ! Vous serez dévorées par les poissons.

Je ne réponds rien, me contentant d’hausser un sourcil. Je suis loin d’être impressionnée par ces pseudos menaces pitoyables. Surtout venant d’un gars à qui Moon vient de mettre une sacrée raclée. Ce gars, d’ailleurs, se met à rire. Pfff, et puis quoi encore ? Les menaces, le « rire diabolique »… Il se prend pour quoi, un méchant de dessin animé ? Pathétique. Moon pousse des aboiements rageurs depuis le seuil, lui déversant une flopée d’injures colorées et très imagées que je ne citerai pas.

- Arrête, Moon, ce crétin ambulant n’en vaut pas la peine.

Moon recule de quelques pas en ronchonnant, tandis que Flash me fait signe de la laisser faire. Je me retire donc et me contente, accroupie, de caresser la fourrure hérissée de Moon, hors de la vue du Castré. Elle est furieuse et rage contre elle-même de ne pas lui avoir aussi mordu le visage. Je tente d’apaiser sa colère :

- Allons ! Dis-toi que tu l’as tellement amoché qu’il sera complexé toute sa vie durant.
- Par son bras ?
- Pas que !
- La prochaine fois, je lui arrache les oreilles et le nez,
gronde-t-elle.
- Il n’y aura pas de prochaine fois, Moon. Franchement, tu crois qu’il reviendrait se faire amocher davantage ?
- Crétin comme il est, il serait capable.
- Alors dans ce cas, on lui arrachera les oreilles, le nez, et ce qui lui reste de noix. D’accord ?
- Je suppose que c’est une bonne idée,
acquiesce-t-elle avec un sourire.

Pendant ce temps, Flash claque la porte violemment et la ferme à clé avant de pousser un profond soupir. Et de fondre en larmes. Décidément, cette nuit s’avère être bien mouvementée. Elle nous jette un regard et nous fait un grand sourire à travers le rideau de ses larmes, puis s’affale sur son canapé, toujours en pleurs. Je viens m’assoir à son côté et je pose la main sur son épaule. De son côté, Moon pose sa patte sur le genou de Flash en haletant gentiment, la langue pendante. Flash prend la parole, entrecoupée par les hoquets et les reniflements dus à ses larmes :

- Je… je suis désolée de vous avoir entraînées dans cette sombre histoire toutes les deux… sincèrement. Je suis aussi tellement désolée d’avoir dû t’embrasser Kate… je voulais tellement me venger de lui… d’elle… que… que j’ai réagi sur l’instant ! Je ne voulais vraiment pas je suis navrée ! Je ne me pensais même pas capable de réellement le tuer !

Ses larmes se font encore plus abondantes et elle lâche dans un hoquet, désespérée :

- Je… je veux juste être normale…et avoir des amis et une famille comme tout le monde…  


Ces dernières paroles me fendent le cœur. Parce que je les ai déjà prononcées. Parce que j'ai déjà ressenti ce qu'elle ressent. Je lui fais un grand sourire compatissant pour cacher les souvenirs douloureux qui remontent à la surface et lui réponds dans une totale sincérité d’une voix douce emplie de malice :

- Allons, te laisse pas abattre par cet abruti ! C’est plus qu’un uni… brachiste ? – Aucune idée de comment ça se dit – bref, il n’a plus qu’un bras et quant à ses burnes, c’est plus qu’un plat de hachis à emporter ! Quoi qu’il en soit, t’as pas à t’en faire pour nous. En disant cela, je passe mon bras sur les épaules de Moon qui lance un jappement plein d'énergie. On en a vu des vertes et des pas mûres, alors c’est pas ce petit eunuque sans cervelle qui va nous atteindre ! Et pour le baiser, oublie ça, c’était rien.

Moon éclate de rire dans mon esprit et me lance d’une voix moqueuse :

- C’est ça ! Et les lamas sont des chameaux !
- La ferme, boule de poils.
- C’était ton premier baiser, c’est pas grave d’embrasser mal la première fois,
ajoute Moon sur un ton railleur.
- Tu veux vraiment finir en carpette, ma parole ! je lance ironiquement.

Moon rit de nouveau puis grimpe maladroitement sur le canapé et s’allonge en posant son museau sur la cuisse de Flash. J’ajoute à l’intention de mon amie en larmes, d’une voix plus douce :

- Tu dis que tu veux être normale, mais au fond, personne ne l’est. On est tous différents.

Je croise son regard larmoyant et je baisse un peu les yeux en poussant un soupir. Des souvenirs surgissent dans mon esprit, comme des fragments de rêve brisés et je souffle d’une voix où pointe un chagrin que je tente de refouler tant bien que mal :

- Mais je sais ce que tu ressens.


Je relève la tête ; mon ton se fait plus déterminé et je lui lance en lui serrant l’épaule affectueusement :

- Te laisse pas abattre, Flash. T’es bien plus forte que ça.

Moon ponctue ma phrase par deux aboiements brefs et enjoués ; elle relève la tête, puis sans bouger le reste de son corps du canapé, donne un grand coup de langue baveux à Flash, un grand coup de langue qui va du menton jusqu’au front. En voyant son expression, son visage dégoulinant de bave et ses cheveux complètement décoiffés par le coup de langue de Moon, je ne peux pas m’empêcher de m’esclaffer.

Hors RP:
 

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mer 6 Juil - 17:10

-Allons, te laisse pas abattre par cet abruti ! C’est plus qu’un uni… brachiste ? – Aucune idée de comment ça se dit – bref, il n’a plus qu’un bras et quant à ses burnes, c’est plus qu’un plat de hachis à emporter ! Quoi qu’il en soit, t’as pas à t’en faire pour nous. On en a vu des vertes et des pas mûres, alors c’est pas ce petit eunuque sans cervelle qui va nous atteindre ! Et pour le baiser, oublie ça, c’était rien, me rassure Kate.

Je sèche rageusement mes larmes. Kate a des paroles rassurantes. Mais elle ne sait pas de qui elle parle. Ses mots me font tout de même esquisser un sourire, même si je sais que nous sommes loin d’être en sécurité maintenant. Je suis contente qu’elle oublie le baiser. Cela me rassure. Soudain, Moon semble « rire » et essaie de grimper sur le canapé et sa gêne me fait légèrement pouffer. Elle pose sa belle tête sur ma cuisse après bien du labeur pour venir sur mon vieux sofa.

- Tu dis que tu veux être normale, mais au fond, personne ne l’est. On est tous différents, reprend Kate. Elle croise mon regard où brille encore des larmes et continue : Mais je sais ce que tu ressens.

Je sens comme un chagrin dans sa voix. Je ne sais pas ce qui la ronge, mais ce ne doit pas être beau. Elle redresse alors la tête et me serre affectueusement l’épaule tandis que d’une voix déterminée me dit :

- Te laisse pas abattre, Flash. T’es bien plus forte que moi.

Moon aboie alors deux fois. Mais joyeusement. Sans que j’ai le temps d’esquisser le moindre geste cette dernière lève la tête et lèche le visage. Mon visage dégouline de bave de chien et mes cheveux visibles sont désormais plus en bataille qu’ils ne l’étaient déjà. Je reste seconde pétrifiée, ne comprenant pas encore que je me suis faite agressée par l’amour de Moon. Et puis quand je réalise enfin ce qui me m’arrive en voyant Kate rire je me jette gentiment sur Moon et essuie sa bave sur ses poils en lui faisant ce qui se rapproche de chatouilles. Après quelques secondes de « torture » où la chienne se tord dans tous les sens, je la relâche et ma déprime revient. Mais cette fois-ci je ne pleure plus. En soupirant je réponds à Kate :

-Cela je le sais Kate. Je sais qu’il n’en vaut pas la peine. Mais tu ne connais rien de mon passé, c’est pour ça que je dis que j’aimerai être comme tout le monde. Pouvoir avoir des gens que j’aime et qui ne me lâche pas. Même un animal tu sais ! Comme toi et Moon ! Mais ça n’a jamais été possible… comme tu dis, tout le monde est différent…

Je fais une pause pendant laquelle j’enlève mon bonnet. Dévoilant le dessus de ma tête et une plume bleue dans mes cheveux. Qui était cachée sous mon bonnet. J’ébouriffe un peu ces derniers et dégage la vue de mon œil droit. Je caresse la tête de Moon de nouveau sur mes genoux et reprend :

-Quand j’ai rencontré Jacob la première fois, il m’a violé aussi. Pourquoi est-ce que je lui ai pardonné ? Parce que je suis stupidement tombée amoureuse de mon agresseur, je serre les dents et mon poing libre et continue : J’l’ai rencontré lors d’une soirée un peu spéciale. C’était une soirée entre clans ou gangs si tu préfères. Et Jacob a… a un de ses clans en ville. C’est, c’est pour ça qu’il… parlait de nous saigner. Vous ne vous êtes pas attaqué à n’importe quelle personne les filles. Aucunes de vous n’est en sécurité ici maintenant. Vous devriez quitter cette ville après le shooting demain. Enfin si il tient toujours…

Sur quoi je leur adresse un petit sourire. Je me lève doucement et m’étire en baillant. Douloureuse. Je me dirige vers mon lit au fond de la pièce et m’affale dessus. Je demande à moitié, la bouche enfouie dans les draps :

-Vous faîtes quoi alors les filles ? Avant que je m’endorme comme une merde ?
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mer 6 Juil - 18:33

Flash réplique alors à grand coup de chatouilles. Moon se retrouve bientôt allongée sur le dos, à se tortiller dans tous les sens en hurlant de rire :

- Non pitié, pas ça !! Aaaaaaaah, pas le ventre, pas le ventre !


J'éclate de rire devant sa détresse face aux mains qui la chatouillent de partout. Puis Flash se redresse, libérant Moon qui halète, encore secouée de petits hoquets de rire. Flash pousse un gros soupir ; elle semble profondément chagrinée. Elle me répond d'une voix fébrile :

- Cela je le sais Kate. Je sais qu’il n’en vaut pas la peine. Mais tu ne connais rien de mon passé, c’est pour ça que je dis que j’aimerais être comme tout le monde. Pouvoir avoir des gens que j’aime et qui ne me lâchent pas. Même un animal tu sais ! Comme toi et Moon ! Mais ça n’a jamais été possible… comme tu dis, tout le monde est différent…

Elle s'interrompt un moment et retire son bonnet, dévoilant une petite plume bleue accrochée à ses cheveux, qu'elle ébouriffe l’instant d’après.

- Tiens, comme quoi tu n’es pas la seule à t’ébouriffer la tignasse ! lance Moon pour détendre l’atmosphère.

Je lui jette un petit regard songeur ; elle baisse les oreilles, comprenant que le moment n’est pas aux boutades ou aux blagues bon enfant. Flash passe alors la main dans sa fourrure et elle ferme les yeux, ravie de ces caresses. Mon amie aux cheveux bleus continue alors ses explications :

- Quand j’ai rencontré Jacob la première fois, il m’a violée aussi. Pourquoi est-ce que je lui ai pardonné ? Parce que je suis stupidement tombée amoureuse de mon agresseur. J’l’ai rencontré lors d’une soirée un peu spéciale. C’était une soirée entre clans, ou gangs si tu préfères. Et Jacob a… a un de ses clans en ville. C’est, c’est pour ça qu’il… parlait de nous saigner. Vous ne vous êtes pas attaquées à n’importe quelle personne les filles. Aucunes de vous n’est en sécurité ici maintenant. Vous devriez quitter cette ville après le shooting demain. Enfin s’il tient toujours…

Elle nous fait un petit sourire tandis que Moon et moi échangeons un regard sérieux.

- Ce crétin est chef de meute ? grogne ma compagne.
- Il semblerait, je réponds, songeuse et un poil inquiète.
- On peut les battre, Kate. Il a peut-être sa meute qui le suit, mais toi, tu as tous les animaux des alentours qui t’aideront.
- Je ne sais pas Moon.

En lui disant cela, je me frotte machinalement le pied droit. Moon le remarque et fronce les sourcils.

- Kate, ne t’inquiètes pas. Elle désigne mon pied d’un mouvement de menton. Tout ça, c’est du passé. Tu étais jeune, et seule, à cette époque. Maintenant, tu sais te battre et tu es bien plus forte et entourée qu’autrefois.

Je relève les yeux et croise le regard assuré de ma plus chère amie. Elle se rapproche de moi et enfouit son museau humide dans mon cou ; elle sent aussitôt que je tremble légèrement. Ce Jacob, bien qu’il ne soit qu’un imbécile facile à défaire, me rappelle en tous points quelqu’un. Quelqu’un que je préfèrerai grandement oublier. Quelqu'un dont j'ai une peur bleue.

- Fais-moi confiance, murmure Moon. Si ce crétin ose lever la main sur toi, je le tue.

J'entoure son encolure de mes bras et la serre avec force, refoulant les larmes associées aux souvenirs. Des images me reviennent, des images que j’avais enfouies au fin fond de mon esprit. J’entends de nouveau leurs voix, leurs rires, leurs paroles. Et je le revois, lui. Avec son affreux sourire. Moon se retire de mon cou et plante ses beaux yeux bleus dans les miens :

- Je te le promets, un jour, je le retrouverai. Je le retrouverai et je le dévorerai vivant. Elle fait une pause et ajoute avec un grand sourire plein de crocs : En commençant par ses noix.

Cela réussit à m’arracher un léger sourire et je la serre dans mes bras de plus belle tandis que mes larmes s'estompent et disparaissent peu à peu de mes yeux. Pendant ce temps, Flash s’est affalée sur un petit lit au fond de la pièce et lance, d’une voix étouffée par les draps dans lesquels sa tête est enfouie :

- Vous faites quoi alors les filles ? Avant que je m’endorme comme une merde ?

Je regarde Moon. En croisant son regard, je retrouve toute mon énergie et ma carapace extérieure se reconstruit, empêchant quiconque de percevoir mes tourments. Moon hoche la tête d’un air grave. Je me lève alors d’un bond et lance avec force :

- Pas question d’annuler quoi que ce soit à cause de cet abruti fini !


Moon, debout à mes côtés, pousse plusieurs aboiements puissants et déterminés, et lorsque je reprends la parole, c’est une fois de plus une voix dédoublée qui s’échappe de mes lèvres, fruit de tout le courage et de l’adrénaline que Moon me transmet en esprit dans ces instants :

- Il a peut-être son gang, mais nous, on est une meute soudée ! Et on ne reculera pas. S’il le faut, on se battra, et on le vaincra !

Je m’approche du lit sur lequel Flash est allongée et ajoute d’une voix froide et dure, doublée elle aussi de toute la fureur silencieuse de Moon :

- On le fera payer.


On le fera payer.
Cette phrase, qui s’est échappée de mes lèvres sans que je puisse l’empêcher, je ne sais si elle concerne vraiment Jacob. Peut-être que non, au fond. Peut-être est-ce Moon qui a parlé à travers moi, qui a exprimé son profond désir de me venger, de venger ce qu’il m’a fait. Et tout compte fait, ce n’est pas plus mal. Je baisse les yeux pour regarder Moon. Sourcils froncés et regard dur, elle a l’air d’une tueuse. Une tueuse froide et déterminée, sans pitié. Elle pousse un grondement sourd et lâche dans un aboiement sonore empli de haine :

- Je le ferai payer, Kate. Je t’en fais le serment.

Elle se tourne vers Flash et ajoute dans un grognement à son intention, bien qu’elle ne puisse pas l’entendre :

- Lui et Jacob. Je les ferai payer tous les deux.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 7 Juil - 17:47

- Pas question d’annuler quoi que ce soit à cause de cet abruti fini ! s’écrit Kate avec un dynamisme surprenant tandis que Moon aboie, elle reprend : il a peut-être son gang, mais nous, on est une meute soudée ! Et on ne reculera pas. S’il le faut, on se battra, et on le vaincra !

Cette dernière réplique m’arrache un doux sourire et alors que je leur souhaite bonne nuit, je me laisse tomber dans les bras de Morphée. J’entends alors un écho de la voix soudain glaciale de Kate résonant dans mon esprit :

- On le fera payer.

L’étau de l’alcool et de la fatigue se resserre et je m’endors fermement.

J’ouvre doucement mes yeux en grognant tandis que les fins rayons de soleil m’éblouissent. Je mets un certain temps avant de me remémorer la soirée d’hier. Je me pince et étouffe un petit gémissement lorsque je me rends que ce n’est pas un rêve. Je me lève et aperçois Kate et Moon en train de dormir sur le canapé. Je sourie doucement. Ces deux m’épatent… je suis bien contente qu’elles ne m’aient pas abandonnée en pleine nuit ! Je fais le moins de bruit possible en me dirigeant vers la salle de bain. Je ferme doucement la porte et ne me regarde même pas dans le petit miroir, sautant plutôt dans la douche pour me décrasser. Cela achève de me dégriser de l’horrible soirée d’hier soir. Un verre qui traîne dans la salle de bain me sert quand même de récipient pour l’aspirine. Que je déglutis lentement en sortant de ma douche. Je sèche mes cheveux dans une serviette et m’habille d’un jean et d’un débardeur blanc avec écrit « I’m free » de toutes les couleurs dessus. Je renfile mes bottines et y recache deux petites pointes de flèches au cas où. Je ne fais plus confiance à personne maintenant, connaissant presque tout le gang de Jacob. Même si je sais que la menace viendra de l’ombre… je soupire. Une dure journée qui s’annonce aux côtés de mes nouvelles amies.

Je sors de la salle de bain et prépare le petit-déjeuner en attendant le réveil de mes deux invitées. Lorsque celle-ci se levèrent enfin nous prenons le petit-déjeuner ensemble et après s’être préparées partons en direction du petit parc. Sur le chemin nous sommes plutôt silencieuses. Lorsque nous arrivons enfin au par cet au pied du cerisier, je mets à regarder le décor avec attention. Comme en transe. Le magnifique cerisier est doucement bercer par le vent. Ses pétales roses s’échappent avec lenteur des branches pour se poser sur la terre battue, illuminé entre temps par le soleil déjà haut dans le ciel. Je sourie légèrement en finissant de parcourir l’herbe basse de mes yeux perçants. Je n’aime pas la luminosité actuelle. Je me tourne vers Kate et Moon et leur dit d’une voix grave, naturelle :

-Bon ! J’ai une mauvaise nouvelle pour vous… la lumière pour prendre les photos ne sera la plus belle que ce soir au crépuscule. Donc, il nous reste environ huit heures à combler. Que voulez-vous faire pendant ? Je suis ouverte à toutes les options !

Je sourie à pleine dents. Cela doit leur faire bizarre de me voir comme ça alors qu’hier j’étais en pleine dépression. Personnellement, j’évite de penser à la seconde partie de soirée, avec Jacob. Ce qu’il m’a obligé à faire est impardonnable. Embrasser Kate, les obliger à faire couler le sang pour moi et surtout, ne pas hésiter à le tuer. Alors lorsque je le croiserai de nouveau, car c’est certain, je le tuerai. Ou du moins j’essaierai. Mais ça, ce sera quand Kate et Moon ne seront plus là. En attendant, je contemple ce duo dont la complicité me faire frissonner. Quels sentiments traverseront les futures photos et toiles ?
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Jeu 7 Juil - 22:17

Quelques secondes plus tard, sa respiration se fait profonde et basse. Flash s'est endormie. Moon s'ébroue et chasse de nos esprits respectifs les idées noires qui y tournaient peu avant. Elle attrape le drap de Flash et lui pose sur le dos, maladroitement et complètement de travers. Mais... l'intention est là. Je retire ma veste, mon pantalon et mes chaussures. Quoi qu'il arrive, je garde toujours mon t-shirt et mes chaussettes. A moins de les enlever volontairement. Mais je n'aime pas dévoiler mon pied droit et mon dos ; ça m'attire toujours des regards et j’entends bien les murmures que les gens échangent à mon sujet. Je pousse un profond soupir et m'allonge sur le canapé. Moon s'étire en bâillant longuement, puis saute sur le canapé à son tour et s'allonge de tout son long sur moi, posant sa tête dans le creux de mon cou, tandis que ma main vient se poser sur son échine. Nous restons quelques minutes ainsi, immobiles et silencieuses, scrutant la pénombre calme et rassurante du petit appartement.

- Kate ?
- Oui, Moon ?
- Une fois cette histoire de shooting photo terminée... on devra dire adieu à cette ville. Et à Flash.
- Je sais.
- Tu crois qu'on pourrait lui proposer... de nous accompagner ?
- Moon qu'est-ce que...
- C'est vrai, elle est malheureuse ici ! Et puis avec le Castré qui la harcèle... Elle n'aime pas sa vie, ça se sent. Avec nous, elle pourrait peut-être retrouver le sourire et être enfin heureuse.
- Moon... Elle ne comprendrait pas. Si nous lui parlons de l'endroit que nous cherchons, nous devrons tout lui dire à propos de nous. De mon don. Je n'ai pas envie qu'elle finisse par tourner comme tous les autres.
- Elle n'est pas comme eux, tu le sais. Et je pense qu’elle pourrait comprendre. Après tout, elle a probablement grandi comme toi.
- J’en doute, Moon,
je murmure d’un ton amer.
- Kate… Je parlais de l’orphelinat.
- ...
- De toute façon, le choix te revient. Ce n'était qu'une suggestion.

Moon enfouit plus profondément son museau dans mon cou et ferme les yeux.

- Bonne nuit, Kate.
- Bonne nuit, Moon.


Elle s'endort presque aussitôt, tandis que je reste éveillée, méditant ses paroles, pesant le pour et le contre de sa proposition. Mais ma peur fait pencher la balance du côté contre, bien que j'apprécie vraiment Flash et qu'elle soit l'une des premières personnes à m'accueillir à bras ouverts chez elle comme elle l'a fait. Finalement, dans un soupir fatigué, je ferme les yeux et coule dans le sommeil comme une pierre.


Lorsque je me réveille, je n’ouvre pas les yeux tout de suite. Savourant en silence le confort du canapé et la chaleur que me procure Moon, qui est encore endormie si j’en crois les sensations émanant de son esprit et sa respiration. J’entends peu à peu des bruits qui me semblent un peu lointains, mais je sais que ça doit être Flash, qui s’est réveillée avant nous. Soudain, une odeur me parvient. Une odeur de nourriture. La truffe de Moon remue doucement dans mon cou, me chatouillant irrésistiblement, et elle ouvre des grands yeux, réveillée brutalement par la faim et l'odeur alléchante qui s'échappe de la cuisine. Je l’écarte de mon cou en pouffant de rire. Elle se lève et descend d’un bond du canapé. Elle s’ébroue, s’étire, puis fonce comme une fusée en direction de la cuisine.

- Au menu, bacon et œufs ! me lance-t-elle en se léchant les babines avec délice.
- Quelques baies en guise d’amuse-gueule ? je demande en m’étirant, encore un peu dans les vapes du sommeil.

Depuis la cuisine, Moon pousse un aboiement approbateur. Je récupère donc la petite bourse de cuir où sont rangées les baies et rejoins Moon et Flash dans la cuisine. Cette dernière s’est changée complètement depuis hier, à l’exception peut-être de ses bottes. Lorsqu’elle me sert une assiette œuf-bacon, je glisse sans hésiter le bacon à Moon - en expliquant bien à Flash que je suis végétarienne -, qui se fait un plaisir de l’avaler goulûment, puis je dépose quelques baies dans son assiette, non sans en prendre quelques unes pour Flash et moi. Le déjeuner est simple, rapide, et particulièrement silencieux. Je mange peu, comme toujours, tandis que Moon préfère s’empiffrer beaucoup plus que d’habitude, profitant du luxe du petit déjeuner que la vie à l’extérieur ne prodigue pas tous les jours.
Puis nous sortons. Nous arrivons au petit parc que Moon avait repéré hier, puis Flash nous entraîne jusqu’à un cerisier en fleurs. Ses branches s’agitent doucement, secouées par une petite brise qui, d’après Moon, « fleure bon le printemps ». Les rayons du soleil percent par endroits le dôme formé par le haut de l’arbre, et des centaines de pétales s’échappent, portés quelques instants par le vent, avant de se poser délicatement au sol. C'est magnifique. Tout simplement sublime. Moon, ravie, se met à courir, tentant de rattraper chaque pétale avant qu’il ne touche le sol. Son enthousiasme de chiot fait naître un sourire attendri sur mes lèvres, tandis que Flash plisse les yeux, étudiant attentivement notre entourage et l’arbre auréolé d’une lueur rosée lumineuse. Elle se défait de ses observations pour se tourner vers moi et affirmer d’une voix grave :

- Bon ! J’ai une mauvaise nouvelle pour vous… la lumière pour prendre les photos ne sera la plus belle que ce soir au crépuscule. Donc, il nous reste environ huit heures à combler. Que voulez-vous faire pendant ? Je suis ouverte à toutes les options !

Ses lèvres s’étirent sur un sourire radieux, ce qui fait plaisir à voir, sachant l’état dans lequel elle se trouvait hier soir. Je jette un regard à Moon, qui poursuit toujours les pétales avec un entrain débordant.

- Tu as une idée, Moon ? Je veux dire, à part pourchasser des fleurs toute la journée ?
- Ce sont des pétales de fleurs ! Bien plus petits et difficiles à attraper.
- Bon, merci quand même de ton aide.


Je réfléchis un peu puis réponds d’une voix teintée d’amusement :

- Eh bien, on pourrait… je ne sais pas… tu pourrais peut-être nous faire visiter la ville ? A moins que tu n’aies une autre idée derrière la tête ?


~
PARTIE DE NASHI’/FLASH

Je regarde un peu partout autour de moi avant de voir une affiche colorée qui attire mon regard. Je souris et réponds :

- Si tu veux, la ville est grande et regorge de mystères.

RETOUR SUR LA PARTIE DE YEN/KATE
~

Trois bonnes heures plus tard, nous avions arpenté nombre de rues et ruelles, vu de nombreux bâtiments et jardins, et visité plusieurs galeries d’art, sujet qui passionne manifestement Flash. Personnellement, j’avais trouvé ça beau et suivi les œuvres avec intérêt, mais Moon, moins enthousiasmée, avait simplement grogné que c’était « joli mais fichtrement ennuyeux ». Puis nous nous posons dans un petit parc public ; je prétexte le calme et le beau temps, mais en réalité c’est pour que Moon, qui en a ras les pattes de marcher pour aller à des galeries d’art, fasse une pause. Je m’assois dans l’herbe et Moon s’allonge à côté de moi en posant sa truffe sur l’herbe.

- Dis, Kate ?
- Oui ?
- T’aurais pas envie de jouer un petit air, par hasard ?
- Hmm peut-être, je ne sais pas. Pourquoi ?
- Il n’y a personne, et j’adore t’entendre jouer. Et tu avoueras que le moment s’y prête bien.


Je regarde autour de moi. Effectivement, le parc est vide. Bizarre, pour une si belle journée. Mais bon, c’est vrai que dans ce calme plat, une petite musique douce serait agréable. Je me penche donc vers mon sac et en sors ma flûte. C’est une flûte de Pan, sculptée dans du bois d’aulne. Sur les tubes sont peints des rubans colorés, et à l’extrémité droite de la flûte pend un petit pompon rouge et or. A sa vue, Moon redresse la tête, oreilles tendues, et remue énergiquement la queue, impatiente et ravie. Je la porte doucement à mes lèvres et commence à jouer un petit air doux empreint de nostalgie. ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Bon faut imaginer ça en flûte quoi x3)
Plusieurs petits oiseaux se posent sur les branches des arbres environnants avec des pépiements réjouis. Eux qui sont les maîtres des chants et des musiques, je suis toujours très flattée lorsque l’un d’entre eux accorde de l’intérêt à mes petites performances. Lorsque s’achève le morceau, les dernières notes semblent résonner dans l’air et Moon, langue pendante, me dit d’une voix douce :

- C’était beau.
- Merci.

Je lui caresse gentiment la tête avec un sourire reconnaissant puis Moon et moi fermons les yeux, profitant de ce beau moment, et espérant qu’il dure encore. L’air est si doux, avec le soleil timide, les fleurs et les oiseaux chantants. Je m’applique à retenir ces magnifiques instants. Ils sont si rares.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Ven 8 Juil - 12:41

Trois bonnes heures ont passé, durant lesquelles j’ai fait visiter la ville à mes deux nouvelles compagnes. Et aussi beaucoup de galeries d’art ! Kate et moi sous sommes extasiées devant toutes les œuvres. Puis nous retournons au petit parc où nous devons prendre les photos. Le soleil n’est pas encore au bon endroit, donc je ne dis rien et m’assois aux côté de Kate et de Moon. Cette dernière s’est allongée près de sa maitresse. C’est tellement mignon. Je souris subtilement et sors discrètement un calepin et un crayon à papier de ma sacoche où j’ai mis le matériel nécessaire à la journée. C’est alors que Kate sort, à ma grande surprise, une flûte de Pan. Elle est toute petite et très colorée. Un pompon rouge doré volète en son bout. Moon se redresse, les oreilles tendues, la queue remuant vivement. Cela me fait pouffer de rire. Cette connexion est impressionnante ! En tous cas, la chienne à l’air de bien connaitre cette flûte… Kate doit bien savoir en jouer ? On va tout de suite le savoir…

Lorsqu’elle joue les premières notes, ma surprise laisse place à un indicible calme. Puis, l’air doux commence à m’inspirer et durant les quelques minutes de jeux, je laisse l’inspiration guider mon crayon. Lorsque les dernières notes s’achèvent et pénètre l’air de ses dernières mélodie l’esquisse aussi se termine. Je souris devant le mini chef-d’œuvre et l’arrache proprement de mon calepin. Kate et Moon ont les yeux fermés, se reposant de la dure marche de la journée. Les oiseaux pépient dans le cerisier qui perd toujours ses pétales au-dessus de nos têtes. La lumière commence à se faire correcte pour nos photos. Je range mon calepin et crayon puis me laisse tomber dans l’herbe. La feuille dans la main droite. Elle essaie de s’échapper de mon étreinte. Je songe alors, à tous ce qui met arrivé depuis le début de la semaine. Je n’aurai jamais pensé rencontrer deux personnes aussi merveilleuses que Kate et Moon… malheureusement, je sais que nos chemins vont bientôt se séparer. Pour leur sécurité c’est mieux, mais pour la mienne… ce n’est pas vraiment le cas. Jacob et Jennifer vont se lancer à ma poursuite et l’un comme l’autre va bien un jour me le faire payer. Et puis, comme vais-je rentrer aux Beaux-Arts moi ? L’argent n’est, et ne sera jamais là. Même si le don et l’envie y est. Et puis je ne vais pas rester toute ma vie dans cette maudite boîte de nuit à servir des ivrognes tous les soirs. Je pousse un long et profond soupire. Quand je regarde Kate et Moon, elles semblent si loin de tout, si libre de la société… mais tiens ! J’viens de me rappeler un truc hier soir avant de m’endormir. Lorsque Kate me parlait à un moment, j’ai l’impression en y songeant maintenant que sa voix… n’était pas toute seule. Comme si il y en avait une autre… je fronce les sourcils avant de secouer la tête. L’alcool a encore dû me jouer un tour. Enfin… même si il y avait quelque chose en elle à ce moment cela ne ferait pas peur. J’ai toujours aimé le surnaturel. Un sourire fend mon visage en deux tandis que je me remémore mon premier souvenir avec les morts. J’ai déjà joué à des jeux dangereux et parler aux morts. J’en garde plutôt de bons souvenirs, car j’ai toujours était respectueuse avec eux. Ils m’ont laissé tranquille après. Contrairement à Jacob et Jennifer… pire que des pots de colle ceux-là !

Je me redresse doucement et m’élance de ma voix grave, habituelle :

-Tu joues très bien Kate. C’est tellement mélodieux… ça m’a inspiré. Tiens.

Je lui tends le morceau de papier sur lequel elle peut enfin se contempler. J’ai hâte de voir la tête qu’elle va faire devant son portrait ! En effet, je l’ai dessiné pendant qu’elle jouait. Moon ne tient couchée à ses côtés et on peut apercevoir des oiseaux voler autour d’elle, comme charmer. Bon, c’est vrai que j’ai rajouté quelques petits trucs. Comme un cerf, une biche, un sanglier et d’autres animaux habitant les bois. Kate et Moon se tiennent au sommet d’une petite colline et les autres animaux sont leur auditoire. Tout en bas, j’ai écrit : « La jeune fille à la flûte ». C’est banal mais joliment stylisé. Je jette un coup d’œil aux oiseaux dans le cerisier, ils regardent avec envie la flûte de Pan de Kate. Comme s’ils voulaient un nouvel air à chanter. Je ris un peu et pointant les oiseaux du doigt dis :

-Je crois que tu as de potentiels fans ! Si tu leur rejouais un autre morceau avant que le shooting, l’artiste ? La lumière va bientôt être parfaite !

Je me lève et m’époussètent un peu avant de prendre mon appareil photo dans ma sacoche. Je sourie, insouciante. Je n’aurai pas dû l’être en croisant le regard de glace de la fille cachée derrière un autre arbre du parc vide.
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Ven 8 Juil - 15:56

La voix de Flash perce doucement le calme de l’après-midi :

- Tu joues très bien Kate. C’est tellement mélodieux… ça m’a inspiré. Tiens.

Je rouvre les yeux et la remercie tandis qu’elle me tend une feuille de papier. Moon se redresse pour regarder par-dessus mon épaule.

- Hé mais… c’est toi ! lance-t-elle d’un ton enjoué.
- Et toi ! j’ajoute en riant, apercevant également Moon sur le dessin.

Nous y sommes toutes les deux. Moon couchée à mon côté, moi jouant de la flûte. Nous sommes posées sur le haut d’une colline, entourées d’oiseaux et en contrebas, on aperçoit plusieurs animaux qui semblent former les spectateurs. Le trait est léger et précis. C’est très beau, peut-être même encore plus que tous les tableaux des galeries d’art que nous avions visitées. Moon pousse des aboiements ravis. Elle est bien de mon avis. C’est un fabuleux cadeau que Flash nous fait là… Tellement que j’en ai presque les larmes aux yeux. Je ne peux pas détacher mes yeux du crayonné, m’attardant sur chaque détail, sur chaque trait. C’est… magnifique. Vraiment. Tout en bas, dans une écriture calligraphiée, « la jeune fille à la flûte ». J’ai un sourire ému. Flash me désigne du doigt les oiseaux qui sont toujours dans le cerisier. Leurs pépiements enthousiastes résonnent dans mon esprit, me complimentant et me demandant de continuer à jouer. Flash lance en riant :

- Je crois que tu as de potentiels fans ! Si tu leur rejouais un autre morceau avant que le shooting, l’artiste ? La lumière va bientôt être parfaite !

Je lui jette un regard surpris tandis qu’elle se lève en empoignant un appareil photo. Voyant qu’elle prépare son matériel en souriant, j’attrape mon sac pour ranger le petit chef-d’œuvre là où il ne sera pas abîmé. Je sors donc mon carnet de voyage. Assez petit, comme un carnet de croquis, avec une reliure sombre et une couverture lustrée. Ce carnet est mon bien le plus précieux avec mes instruments. Dedans sont rangés des souvenirs de nos voyages à Moon et moi, des photos et bien d’autres choses. Comme toujours lorsque je l’ouvre, je m’attarde quelques secondes sur la première page, où est affichée une photo particulière. La seule photo que j’ai de mes parents. Je contemple un instant leurs visages paisibles et leurs sourires heureux, puis je tourne les pages jusqu’à une feuille vierge où je colle vivement le dessin de Flash, puis je prends un petit crayon pour y inscrire quelques détails à côté, sur Flash et les évènements récents. Puis je referme mon carnet et le range précieusement dans mon sac. Puis je me lève à mon tour et lance :

- Contente que ça t’ait plu ! Mais quoi que tu puisses dire, l’artiste ici, c’est toi. Ce dessin est magnifique, vraiment. Merci beaucoup, ça me touche beaucoup.

Moon pousse un aboiement sonore et ravi, histoire que je ne l’oublie pas. Je ris et ajoute en glissant mon bras sur son dos :

- Ça nous touche beaucoup !

Puis je me relève et, regardant les oiseaux, m’incline cérémonieusement et lance en riant :

- Eh bien, si vous insistez, Vos Altesses !

Je range ma flûte, et sors de mon sac mon deuxième instrument de prédilection : le violon. Mon violon, celui que j’ai hérité de ma mère, est plutôt petit, fabriqué dans un bois rougeâtre. Je me mets en position, réfléchis quelques instants puis commence à jouer. ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])Moon, enthousiaste, bat la mesure de sa queue. Puis peu à peu, la musique prend le dessus, me faisant oublier tout le reste. Je me laisse emporter par les notes, et je commence à danser, tournant sur moi-même, les yeux fermés. Moon, qui partage mon esprit, ressent la même ivresse et se laisse emporter à son tour. Elle danse à présent à mes côtés, tournant, sautant, se dressant sur ses pattes. Les oiseaux pépient avec encore plus d’entrain, et j’ai l’impression que la nature toute entière danse avec nous. Le vent nous entoure, sifflant mélodieusement à nos oreilles, et les pétales volètent autour de nous. Au fil des minutes, la musique ralentit, et peu à peu s’estompe. Je retire mon violon de sous mon menton et le range de nouveau dans mon sac, encore grisée par la musique qui continue de valser dans mon esprit. Moon halète, langue pendante, fatiguée mais ravie. D’habitude, c’était ce genre de prestations qui nous permettaient de gagner notre pain, mais elles restaient pour nous un vrai bonheur. Je m’allonge dans l’herbe, les mains sous la tête, afin de reprendre un peu mon souffle.
Moon, elle, est comme hypnotisée par un pétale qui vient de se poser sur sa truffe. Lorsqu’il tombe finalement au sol, Moon pousse un aboiement énergique et retourne à son jeu d’attrapage des pétales, la queue s’agitant vigoureusement. Après avoir enfin repris mon souffle, je me redresse un peu et lance à Flash d’une voix enjouée :

- Bon alors, ce shooting photo ? Qu’est-ce qu’on doit faire ? C’est toi la chef !

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Ven 8 Juil - 20:32

- Contente que ça t’ait plu ! Mais quoi que tu puisses dire, l’artiste ici, c’est toi. Ce dessin est magnifique, vraiment. Merci beaucoup, ça me touche beaucoup, elle se relève puis en s’inclinant devant les oiseaux dit : eh bien, si vous insistez, Vos Altesses !

Un pouffement monte de ma gorge. Son humour n’est pas que sarcastique. Je rougis un peu devant un tel compliment et lui un murmure un « merci » gêné en passant la main dans mes cheveux découvert. Je remarque que les oiseaux pépient de joie, comme si ils avaient compris ce que Kate leur disait. Je chasse ces pensées étranges de ma tête et reporte mon regard sur la jeune fille. A mon grand étonnement, elle sort un petit violon au bois tirant sur les rouges. Son sac est si grand que ça ? Kate se met donc à jouer du violon. Très vite, l’air envoutant fait son charme et Kate ainsi que Moon commence à tourner sur elles-mêmes. Enfin, pour Kate. Moon lui tourne autour. Je me laisse à mon tour emporter dans cette ivresse. Ce vent, cette musique, elle me fait tout oublier. Elle chasse mes obscures pensées. Elle ne laisse que de la joie. Elle me laisse libre… bon, j’avoue j’prends quelques photos vite fait.

La musique prend fin et le soleil me ramène à ce pourquoi nous sommes sous ce cerisier. Les photos. Je me retourne vers les filles pour quitter l’éblouissant soleil et les voie toutes les deux allongées. Tandis qu’elles reprennent leur souffle. Moon qui est orientée vers moi se voit attaquer par un pétale qui a pris possession de sa truffe. Je pouffe de rire et m’accroupit vite fait pour prendre une photo. Lorsqu’il tombe enfin, Moon aboie avec une énergie de chiot qui me fait pouffer de rire. Kate se redresse alors un peu et me dit d’une voix enjouée, qui me fait presque bizarre par rapport à hier soir :

- Bon alors, ce shooting photo ? Qu’est-ce qu’on doit faire ? C’est toi la chef !

Je souris mystérieusement et leur dit :

-Vous voulez vraiment que je sois la cheffe ? Vous allez en baver les filles !

Je ris un peu et leur donne les directives à suivre pour la prochaine demi-heure. Course autour du pommier, cache cache. Moon attrapant un bâton, des poses solitaires et des câlins. Beaucoup de câlins ! Sous toutes les formes. Lorsque je pris la dernière photo alors que le soleil se cache pour de bon je m’assois dans l’herbe en m’essuyant le front. C’était physique pour elle, mais pour moi aussi qui devait me mettre à la hauteur de Moon pour tout de suite me lever, leur courir après et j’en passe ! Mes lèvres arpentent un sourire bienveillant tandis que je parcours vite fait la centaine de photos prisent.

-Et bien les filles, je vous annonce que vous allez être ma prochaine source d’inspiration pour les six prochains mois !

Je ris un peu et tout en songeant je leur dis, un peu émue quand même :

-J’voulais vous dire merci aussi. Pour tout… le coup du bar, de Jacob, du shooting, de la musique et de l’inspiration que vous m’avez provoquée. Vous ne pouvez pas savoir comment vous m’avez aidé à remonter la pente en l’espace de quelques heures. Je… je ne suis pas comme ça avec les autres… alors, juste merci de m’avoir fait découvrir cette part de moi… qui est quelqu’un de libre et joyeuse…

J’attrape Moon qui n’est pas très loin de moi et la caresse affectueusement. Je reprends un peu moins émotive :

-Je supose que nos chemins ne vont pas tarder à se quitter… alors je veux juste vous dire que vous êtes toujours les bienvenues sur mon canapé et que la prochaine fois il y aura de la viande et des baies au p’tit-dèj ! Et si jamais vous voulez dormir chez moi cette nuit, c’est toujours possible.

Mon ton se veut joyeux, mais en fait, il est vrai que je suis triste. Elles ont été un mince rayon de soleil dans ce que je vis en ce moment, mais assez pour m’éblouir.
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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Ven 8 Juil - 21:36

Flash a un étrange sourire et lance d'une voix énigmatique :

- Vous voulez vraiment que je sois la cheffe ? Vous allez en baver les filles !

J’arque un sourcil surpris pendant que Moon s’arrête quelques instants de pourchasser ses pétales pour dévisager Flash, langue pendante et oreilles dressées. Cette dernière rit un peu, puis le shooting photo commence pour de bon. Au programme, courses-poursuites, cache-cache et au moins une centaine de positions différentes ! Lorsque les prises se terminent, le soleil commence à lentement disparaître derrière l’horizon, et nous sommes toutes épuisées. Enfin, sauf Moon. Elle, elle n’est jamais fatiguée. À peine le shooting photo terminé, elle se met à se rouler dans l’herbe grasse en tentant d’attraper les pétales dans sa gueule. Je suis assise dans l’herbe, la regardant faire en me demandant comment elle peut avoir autant d’énergie, et Flash près de moi semble feuilleter le répertoire des photos prises dans la dernière demi-heure. Elle a un grand sourire ravi et lance :

- Et bien les filles, je vous annonce que vous allez être ma prochaine source d’inspiration pour les six prochains mois !

Moon se relève et pousse plusieurs aboiements enthousiastes avant de nous rejoindre, le pelage tout ébouriffé et recouvert de brins d’herbe et de terre humide.

- Tu t’en es encore mis partout, je remarque en soupirant.
- Oui, juste pour le plaisir que me procure une séance de toilettage par tes soins !

Je m’allonge sur l’herbe avec un soupir résigné tandis que Flash a un petit rire puis dit d’une voix où pointe une émotion palpable :

- J’voulais vous dire merci aussi. Pour tout… le coup du bar, de Jacob, du shooting, de la musique et de l’inspiration que vous m’avez provoquée. Vous ne pouvez pas savoir comment vous m’avez aidée à remonter la pente en l’espace de quelques heures. Je… je ne suis pas comme ça avec les autres… alors, juste merci de m’avoir fait découvrir cette part de moi… qui est quelqu’un de libre et joyeuse…

Elle tend le bras vers Moon, qui s’approche avec joie, et lui fait nombre de caresses tandis que je médite ses paroles avec une pointe de culpabilité. Et dire qu’on va devoir partir… La discussion que j’avais eue la veille au soir avec Moon me revient en tête et je me crispe un peu. Bien sûr, ce serait formidable de parcourir le monde aux côtés de Flash, de l’emmener avec nous. Mais ce serait trop compliqué… Comment pourrait-elle communiquer avec Moon ? Comment pourrait-elle comprendre où nous allons ? Nos motivations, aucun souci, elle comprendrait. Mais cet endroit, si spécial… Non, elle nous rirait au nez. Et puis, comment lui expliquer que je connais cet endroit ? Il faudrait alors lui parler de ma connexion si particulière avec Moon, et tous les autres animaux. Il faudrait lui parler de nous, de nos passés. Il faudrait tout lui raconter. Et c’est bien la dernière chose que j’ai envie de faire. Sans cesser de câliner Moon, Flash poursuit d’un ton étrange, comme si elle se forçait à paraître enjouée :

- Je suppose que nos chemins ne vont pas tarder à se quitter… alors je veux juste vous dire que vous êtes toujours les bienvenues sur mon canapé et que la prochaine fois il y aura de la viande et des baies au p’tit-dèj ! Et si jamais vous voulez dormir chez moi cette nuit, c’est toujours possible.


J’ai un sourire ému, mais la culpabilité continue de m’étreindre. Surtout à cause du regard suppliant de Moon qui ne quitte pas mon esprit. Je lève les yeux vers les nuages. Teintés de rose et de violet par les couleurs du soir, ils défilent lentement, étrangers qu’ils sont à toute l’agitation humaine. Je réponds d’une voix calme :

- En effet, nous devrons bien repartir un jour et continuer notre voyage.

Moon pousse un gémissement plaintif en me jetant un regard larmoyant. Sans détourner le regard des nuages effilés, je soupire :

- Moon, s’il te plaît, ne rends pas cela plus dur que ça ne l’est déjà.
- Kate…
- Je sais que tu veux qu’elle vienne avec nous. Mais tu sais aussi pourquoi j’hésite.
- Oui, je le sais. Mais prends le temps d’y réfléchir un peu plus, s’il te plaît… C’est une décision difficile, j’en ai conscience, mais je t'assure, Flash est quelqu'un de bien. Tu peux lui faire confiance, tu sais.
- Contrairement à toi, je ne peux pas connaître ses pensées. Et c'est une humaine. Dois-je te rappeler ce que tu me dis souvent à propos des humains ?
- Ne retourne pas cet argument contre moi, Kate ! Toi aussi tu en es une, et je te confierai ma vie. Certes, tu as une patte, enfin, un pied dans le monde animal. Mais tu restes une humaine, comme Flash. Tous ne sont pas diaboliques, ça je le sais depuis longtemps.
- D'accord, merci, je suis au courant ! Mais peut-être que j'en ai assez de croire aux belles paroles. On dit aussi que les enfants sont mignons et innocents... Ah ! La belle fadaise que voilà !
- Kate... Flash n'est pas comme eux. Et elle est adulte.
- ...
- S'il te plaît, réfléchis-y un peu plus longuement.
- Très bien, tu as gagné ! On n’a qu’à rester une nuit de plus. Mais une seule.


À ces mots – plutôt à ces pensées –, Moon se lève d’un bond en poussant plusieurs aboiements frénétiques, ravie de ma ‘‘petite défaite’’, puis vient lécher plusieurs fois le visage de Flash avec une fougue renouvelée. J'ai un léger sourire devant sa mine déconfite puis lance en me redressant en position assise, d'un ton que je veux gai bien que je sois encore songeuse :

- Mais je dois avouer que ta proposition de petit-déjeuner est très alléchante ! Si tu es d’accord, nous sommes partantes pour rester une journée de plus.

Moon, pour me remercier de finalement accepter, se jette sur moi et me couvre rapidement le visage de bave à grands coups de langue. Je l’écarte gentiment en riant un peu, et me tourne vers Flash pour lui faire un grand sourire. Moon pousse un petit jappement excité et se met à sautiller un peu partout sous mon regard amusé, mais toujours pensif. Comment pourrais-je un jour lui révéler notre secret ? Mais ce qui m'effraie le plus, c'est d'imaginer sa réaction. J'ai déjà vu ce que causait la découverte de mon pouvoir par d'autres personnes... Et pour rien au monde je ne veux revivre ça.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mar 12 Juil - 18:47

- En effet, nous devrons bien repartir un jour et continuer notre voyage.

Je baisse la tête un peu triste, car cela reste tout de même la vérité. Moon gémit, comme si elle n'avait aucune envie de partir. Puis après quelques réflexions, Kate reprend :

[i]- Mais je dois avouer que ta proposition de petit-déjeuner est très alléchante ! Si tu es d’accord, nous sommes partantes pour rester une journée de plus.[/]

Moon semble très ravie de la décision de Kate. Celle-ci se jette sur elle pour la couvrir de léchouilles baveuses. Ce qui me fit rire aux éclats et même légèrement pleurer. Je réponds :

-Contente de vous savoir à mes côtés au moins une nuit de plus. Cela vous dit que l'on reste encore un peu ici ? Ce calme olympien est bien rare...

Je fixe alors le cerisier. Cette poésie qu'il dégage, si subtile, si parfaite... elle m'envoute. Des souvenirs me reviennent alors. Je suis déjà venue ici. Lorsque j'étais qu'une gamine de deux ou trois ans. Ma mère me tenait la main et elle m'a amené ici après une journée rien que pour moi. On s'est posées dans l'herbe, comme à cet instant. Et je me suis endormie sur ses genoux. Quand je me suis réveillée, dans la nuit, il n'y avait plus personne. Même si j'ai crié, cherché. En bref, je me suis retrouvée à l'orphelinat. Alors en contemplant cette beauté, j'éprouve aussi un mal être, une douleur sourde. Et toutes ces émotions, le cerisier les a aussi enregistrées. Je chasse les mauvais souvenirs qui remontent à mes yeux comme des moustiques qui te piquent. Ces moments de ma vie devrait rester enfoui au fond de moi.

Je regarde Kate, la dévisage. Quel est son passé à elle ? Quelles souffrance a-t-elle enduré elle et Moon ? Je suis curieuse de le savoir, mais à la fois respectueuse. Respectueuse en sachant que parfois l'ancien fait mal, et n'aime pas remonter à la surface. Mais cette curiosité grandissante l'emporte. Alors je dis simplement avec un grand sourire :

-Dis moi Kate, vous venez d'où vous deux ? Et comment vous vous êtes connues ? On voit rarement un duo comme vous par ici.

Mais je reprends vite fait comme une excuse d'un passé douloureux :

-Excuse-moi si je suis impolie. Je n'ai pas l'habitude d'essayer de découvrir des gens...

C'est très maladroit de ma part, mais c'est dit. Et ma curiosité demande à être satisfaite au plus vite. Cependant... je n'ai pas envie de perdre mes deux nouvelles amies si vite... fais donc attention sur le terrain glissant de la mémoire Flash. Il est dangereux.
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mar 12 Juil - 22:33

Flash rit avant de lancer d'une voix douce :

- Contente de vous avoir à mes côtés au moins une nuit de plus. Cela vous dit que l'on reste encore un peu ici ? Ce calme olympien est si rare...


J'acquiesce en hochant silencieusement la tête, savourant le calme si pur et admirant une fois de plus le cerisier qui trône devant nous. Il a l'air paisible d'un bon roi, comme s'il veillait sur le parc et sa tranquillité, entourant de ses branches et de ses innombrables pétales les frontières de son royaume naturel. Moon s'approche de moi et, me forçant à m'allonger de nouveau, pose gracieusement sa tête sur mon ventre. Je ferme les yeux, laissant les délicieux parfums de fleurs m'enivrer. Moon fait de même et murmure d'une voix paisible :

- Tu crois qu'il y a des cerisiers, là où nous allons ?
- J'en suis persuadée.
- Aussi beaux et avec d'aussi bonnes odeurs que celui-ci ?
- Probablement.


Moon n'ajoute rien, mais je sens bien la phrase qui lui brûle les lèvres. Ou l'esprit, peu importe.
« Si seulement Flash pouvait venir et en profiter également... »
Je ne réponds pas, me contentant de pincer les lèvres en une moue agacée. Combien de fois va-t-elle encore m'en rabâcher les oreilles ? J'ai un souffle exaspéré, et Moon me lèche la main avec un air amusé.
Soudain Flash brise le silence, faisant inexorablement basculer l'équilibre si parfait de l'ambiance crépusculaire.

- Dis-moi Kate, vous venez d'où, vous deux ? Et comment vous vous êtes connues ? On voit rarement un duo comme vous par ici.


Je me fige et serre les dents. Evidemment. Il fallait qu'elle pose ces questions, hein ? Il fallait qu'elle pose le doigt pile là où ça fait mal. Et là, non contente de poser son doigt, elle appuie sur la plaie ouverte de par son ton avide. Avide de savoir et de curiosité. Pourquoi, au nom de tous les dieux quels qu'ils soient, fallait-il qu'elle demande ça ? En plus, il fallait qu'en le demandant, elle arbore un grand sourire. Comme si un sourire pouvait faire passer n'importe quelle parole, n'importe quel acte pour quelque chose de gentil, d'amical. Son sourire me crispe deux fois plus. Elle ajoute rapidement d'un ton presque penaud :

- Excuse-moi si je suis impolie. Je n'ai pas l'habitude d'essayer de découvrir les gens...

Mon corps entier est crispé, à présent ; on est bien loin de mon attitude détendue et relaxée de toute à l'heure. Une minute passe, une minute interminable pendant laquelle je reste figée, les mains crispées, les yeux fixés sur les nuages impassibles, caressant l'espoir fou, l'incroyable illusion, qu'elle oublie ce qu'elle vient de dire, et qu'elle change de sujet comme si de rien n'était. Mais elle semble attendre, prête à boire mes paroles, à se jeter sur elles comme un rapace fond sur sa proie, puis à les retourner contre moi. Mon mal être s'accentue et mes yeux papillonnent dans le ciel, à la recherche d'un quelconque mensonge, de n'importe quel alibi qui me permettrait de changer de sujet. Je ne veux pas parler de ça. Jamais. Et à personne. Moon, ressentant mon malaise, me dit d'une voix douce :

- Elle n'a pas de mauvaises intentions, Kate...
- Je me fiche de ses intentions.
Ma voix est sèche et saccadée, et mon ton est aussi tranchant que la lame de mon couteau. Elle n'a jamais appris que la curiosité est un vilain défaut ? Pas question que je lui réponde.
- Kate... Elle t'a parlé de son passé, preuve qu'elle a confiance en toi. Elle veut juste apprendre à te connaître plus amplement... Et elle vient de s'excuser, en plus. Tu ne peux pas lui en vouloir. Allons, s'il te plaît, réponds lui quelque chose.


Je reste statique plusieurs secondes, sous le regard insistant de Moon. Mais là, ce n'est plus seulement mon obstination à ne pas répondre qui cause mon silence, ce sont les souvenirs. Tous les souvenirs, tous les plus violents, les plus tristes. Ils m'assaillent, tournent dans mon esprit, me rejettent à la figure tout ce que je tente de repousser depuis tant d'années. Je décide de parler à Flash, tout de même. Mais hors de question de tout lui déballer comme ça, d'une traite. Je ne suis pas prête. Alors je mens. Bon d'accord, pas vraiment. Disons tout du moins que je lui fais une version raccourcie. Très raccourcie. Lorsque je prends finalement la parole, ma voix est froide et sèche, « comme un bout de bois gelé », dirait Moon :

- Mes parents sont morts quand j'étais bébé, alors j'ai grandi en orphelinat. Quand j'en ai eu assez, je me suis enfuie ; j'ai rencontré Moon au détour d'un chemin, et depuis on court les routes ensemble.

Flash a probablement senti dans ma voix mon hésitation et mon malaise. Elle a peut-être même compris que j'étais loin de tout lui dire. Bah, peu importe. Elle en sait déjà suffisamment sur mon passé. Elle n'a pas besoin de tous les détails douloureux qui vont avec. Caressant d'une main tremblante et crispée la tête de Moon qui me regarde avec un air triste, j'ajoute d'une voix toujours tendue et d'un ton toujours aussi sec :

- Quant à Moon, elle a aussi perdu ses parents. Ses maîtres étaient des putain de déchets qui la battaient. Puis ils l'ont abandonnée, et c'est là que je suis tombée sur elle. On ne s'est plus quittées après.

En fait, ce n'est pas tout à fait vrai. Nous nous étions séparées pendant un temps après notre rencontre, puis, après quelques... péripéties dirons-nous, nous nous sommes alliées et nous sommes devenues amies. Non, plus que des amies, des sœurs. Des compagnes d'âme.
Les beaux yeux azur de Moon sont noyés de chagrin ; les souvenirs la font souffrir, elle aussi. Elle pousse un petit gémissement de chiot effrayé, puis vient placer son long museau sous mon menton. Je passe mes mains dans sa fourrure dans un geste lent et tendre. Nous fermons les yeux, refoulant les souvenirs, nous réconfortant l'une l'autre. Bien des gens diraient qu'il est inutile de ressasser le passé, que c'est derrière, que ça ne compte plus. D'un côté, nous souhaiterions tout oublier, mais le passé, ce cher passé que nous haïssons tant, ne cesse de nous retomber dessus, par tous les moyens. Et de l'autre, l'oublier, l'abandonner, c'est abandonner nos origines ; c'est abandonner aussi les bons moments, aussi rares fussent-ils. Je rouvre les yeux et, sans même regarder Flash, murmure d'une voix amère, vibrante de rage, de chagrin, de haine et de douleur :

- Mais... C'est la vie, pas vrai... ?


Cette phrase, ''c'est la vie'', je ne me rappelle pas combien de fois on me l'a répétée. Inlassablement, comme si cela justifiait tout. Tous ces gens indifférents, tous ces adultes qui s'en fichaient éperdument et qui se contentaient de me jeter à la figure d'une voix agacée que ''c'est la vie''. Comme si c'était normal, comme si cela arrivait à tout le monde, comme de trébucher ou de se cogner le gros orteil. Comme si ce n'était pas grave. Comme si on pouvait tout effacer d'un simple geste. Mais alors, si c'est si simple d'oublier et de passer outre... Si ce n'est rien, si c'est si peu important... Alors pourquoi... Pourquoi ai-je toujours aussi mal ?

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mar 12 Juil - 23:53

Et merde... j'ai encore dit un truc qu'il fallait pas ! Kate se crispe, laissant un long et gênant silence s'installer. Ce que je peux être conne parfois ! J'vais perdre ma seule amie à cause d'une curiosité rassurante ! Je soupire, les dévisageant, allongées. Comme d'habitude, j'ai enfoncé des portes ouvertes sur des accès restreints. Kate rompt alors le silence, après ce long malaise. Elle est aussi sèche qu'elle doit me cacher des choses :

- Mes parents sont morts quand j'étais bébé, alors j'ai grandi en orphelinat. Quand j'en ai eu assez, je me suis enfuie ; j'ai rencontré Moon au détour d'un chemin, et depuis on court les routes ensemble, elle fait une pause hésitante et reprend : Quant à Moon, elle a aussi perdu ses parents. Ses maîtres étaient des putain de déchets qui la battaient. Puis ils l'ont abandonnée, et c'est là que je suis tombée sur elle. On ne s'est plus quittées après.

J'arque un sourcil interrogateur. Elle me ment. Elle est mal à l'aise, froide. C'est douloureux. Mais je sais ce que ça fait. Je me mords la lèvre, fortement. Si fort quand le sang perle alors sur ma bouche, mes lèvres rosées. Un voile brumeux me cache soudainement la vue. Comment ont-ils osé m'abandonner ? Comment ? J'entends Kate murmurer rageusement, comme ailleurs :

- Mais... C'est la vie, pas vrai... ?

Non. Non j'ai refusé d'y croire alors que tout le monde clamait le contraire. J'ai refusé de me plier à leurs foutues règles. Je voulais être libre, avoir une famille. Je jalouse alors Kate. Sa famille elle l'a trouvé elle... dans Moon. Moi qui j'ai eu en retour ? Un pervers et une salope. Je me lève, les larmes inondant mes joues. Masquant la véritable version des choses. Que je peux être conne... égoïste et encore pleins d'autres défauts. Je me précipite sur le cerisier, rageant, criant, pleurant. Et une fois que je suis sur lui, je le frappe, m'écorchant les mains sur l'écorce si dure. Je saigne mais je m'en fiche. Je hurle alors :

-Pourquoi elle m'a laissé ici ?! Hein ?! POURQUOI ?!! Pourquoi dans ce lieu si calme... si beau... c'est si frustrant d'être seule depuis tout ce temps...

Ma voix se meurt dans un écho, un sanglot, et je m'écroule aux pieds de l'arbre. Pleurant à chaude larmes. Je me tourne alors vers Kate et je lui dis :

-Accepte mes sincères excuses Kate. Je suis tellement stupide de t'avoir posée cette question alors que... j'ai vécu une partie de cette situation. Et encore, toi tu as la chance de savoir tes parents six pieds sous terre... c'est égoïste... mais moi je sais qui ils sont. Je me souviens de leurs visages. Et toi, tu as quelqu'un... quelqu'un que tu ne pourras jamais remplacer...

Je fronce alors les sourcils. Me rappelant soudainement les mots de Kate. Moon aussi a perdu ses parents. Elle a été battue... mais... si Kate l'a rencontré au détour d'un chemin, comment peut-elle savoir que les parents de Moon ont rejoint les siens ? Et puis pourquoi est-ce que je me prends la tête ? Alors que je suis en train de voir disparaître sous mes yeux les deux seules amies que j'ai réussi à me dénicher ?

Je me laisse tomber dans l'herbe, savourant le vent sécher mes larmes tout en me laissant mes yeux rouges de tristesse. Je soupire et me laisse rouler jusqu'à elles. Je suis franche, trop franche. Alors assume ce rôle jusqu'au bout Flash. Une fois près d'elles je caresse doucement Moon. Puis je me lance, perçant le regard de Kate :

-Mais je sais maintenant... ce n'est pas la vie. Si tu laisses tout ces connards te le dirent, alors ils te dicteront tous tes faits et gestes. Comme une vulgaire pièce dans un jeu d'échec. Mais tu sais quoi, si tu prends juste la peine de penser le contraire, tu te révoltes, et ces connards tombent bien bas. Ce n'est pas la vie... comment expliquerais-tu que tu me mens à cet instant alors ? Comment m'expliquerais-tu que tu connaisses la vie de Moon alors que tu l'as rencontré après la mort de ses parents si tu ne te rebellais pas contre ce que te disais ces connards ? Tu n'es pas le genre de fille à te soumettre Kate, ça se voit dans ton regard.

Je fais une pause, la fixant avec une franchise blessante, ainsi que ma douleur. Je me fiche qu'elle s'en moque, je veux juste lui montrer que moi aussi je souffre. Alors j'ajoute :

-Mais tu sais quoi ? Libre à toi de me mentir. Tu te protèges après tout. Enfin vous vous protégez.

Je me lève et ramasse mon sac. En le tapotant doucement et je leur lance :

-Je rentre chez moi. Encore merci beaucoup pour les photos. J'aurai jamais dû poser ces questions alors encore une fois excuse-moi. Ça a dû te refroidir ce discours, alors je comprendrais que je ne vous vois pas arriver chez moi ce soir... je... enfin... la porte est toujours grande ouverte.

Je ferme les yeux et me retourne vite fait dans la direction de mon appart. Que je suis conne... j'ai foutu en l'air la seule amitié qui commençait à cause de ma curiosité et ma franchise. J'essuie rageusement les larmes qui perlent sur mon visage, juste pour que les futurs passant ne voient pas la faiblesse me consumer.
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Yéyé

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Mer 13 Juil - 13:45

Lorsque Flash se lève, ses joues sont trempées de larmes rageuses. Mais je le vois à peine, enfermée que je suis dans mon propre chagrin. Elle s'élance alors vers le cerisier et martèle son tronc de coups de poings puissants et furieux, à s'en déchirer la peau si douce des paumes. Moon ouvre des grands yeux chagrinés en voyant le sang qui perle sur ses mains. Moi je la regarde d'un air presque neutre, et je me déteste pour ça. Elle souffre, elle aussi. Pourtant, je me dis que le mieux est d'encore de la laisser évacuer. Alors je la laisse faire, tout en tentant mentalement de rassurer les oiseaux alentours, inquiets qu'ils sont de voir Flash frapper ainsi leur beau cerisier avec tant d'ardeur et de colère. D'ailleurs, Flash ouvre la bouche et commence à crier, hurler même, d'une voix brisée par le chagrin :

- Pourquoi elle m'a laissé ici ?! Hein ?! POURQUOI ?!! Pourquoi dans ce lieu si calme... si beau... c'est si frustrant d'être seule depuis tout ce temps...

Je ne bouge pas, me contentant d'écouter sa fureur d'un air songeur. Moon est presque en panique, chagrinée et terrorisée devant la rage folle de Flash. Elle pousse des aboiements, la suppliant d'arrêter. Mais bien sûr, elle n'est pas comprise.

- Laisse-la s'énerver, si ça lui fait du bien,
lui dis-je d'une voix calme.
- Pas question ! Parce que cela ne lui fait pas du bien. Ca la détruit, à l'intérieur. Ressasser le fait qu'elle a été abandonnée... ce n'est pas sain. C'est mauvais, très mauvais pour elle.

Flash s'écroule alors au pied du cerisier, comme abattue par le profond chagrin qui la hante. Elle se tourne alors vers moi et plonge ses yeux larmoyants dans les miens pour dire d'une voix hoquetante :

- Accepte mes sincères excuses Kate. Je suis tellement stupide de t'avoir posée cette question alors que... j'ai vécu une partie de cette situation. Et encore, toi tu as la chance de savoir tes parents six pieds sous terre... c'est égoïste... mais moi je sais qui ils sont. Je me souviens de leurs visages. Et toi, tu as quelqu'un... quelqu'un que tu ne pourras jamais remplacer...


Elle a raison et tort à la fois. En effet, j'ai Moon. Et jamais elle ne saurait être remplacée par qui que ce soit. Mais je connais le visage de mes parents, je sais ce qu'ils m'ont légué, je sais qu'ils m'aimaient. Et même si je ne les ai jamais vraiment connus, ça fait tout de même très mal. Moon, elle, pousse un gémissement plaintif en posant la patte sur son bandana froissé. Je lui jette un regard triste et lui caresse le dos lorsque je sens le chagrin l'envahir. Elle aussi se souvient de ses parents. Elle sait à quoi ressemblait sa mère, et elle a connu son père, avant qu'il ne meure tragiquement.
Flash s'est un peu ressaisie ; elle s'assoit lourdement dans l'herbe et laisse les éléments sécher ses larmes. Les oiseaux, le plumage ébouriffé par l'angoisse, reviennent prudemment se poser sur le cerisier pour s'assurer qu'il n'est pas blessé. Flash roule sur l'herbe et se rapproche de nous ainsi. Je lui jette un regard. En ces instants, je suis confuse, déchirée entre mes propres souvenirs, les souvenirs de Moon, et la souffrance évidente de Flash. Je ferme les yeux pour me remettre les idées en place, sans succès. Les différentes émotions se mélangent dans ma tête ; le chagrin, la peur, la colère, la compassion, l'empathie, le désespoir. Je sens la main de Flash sur le pelage ébouriffé de Moon. Cette dernière étouffe un sanglot et vient doucement lécher la joue de Flash avant de s'allonger sous ses caresses.

- Mais je sais maintenant... ce n'est pas la vie. Si tu laisses tous ces connards te le dire, alors ils te dicteront tous tes faits et gestes. Comme une vulgaire pièce dans un jeu d'échec. Mais tu sais quoi, si tu prends juste la peine de penser le contraire, tu te révoltes, et ces connards tombent bien bas. Ce n'est pas la vie... comment expliquerais-tu que tu me mens à cet instant alors ? Comment m'expliquerais-tu que tu connaisses la vie de Moon alors que tu l'as rencontré après la mort de ses parents si tu ne te rebellais pas contre ce que te disaient ces connards ? Tu n'es pas le genre de fille à te soumettre Kate, ça se voit dans ton regard.

Aussitôt, je viens plaquer mes mains sur mes oreilles. Les seuls mots qui tournent dans mon esprit et qui brûlent d'être hurlés sont « la ferme ». Ses paroles, ses belles morales, tout ça fait remonter les souvenirs de nouveau, et la colère, la soif de vengeance m'étreignent l'estomac. Que croit-elle donc ? Que je n'ai jamais essayé de me battre, que je ne me suis pas rebellée ? J'ai déjà essayé, plusieurs fois. Et ça n'a fait qu'empirer les choses. Et que croit-elle donc lire dans mes yeux ? Dans ces foutus yeux qui sont même pas fichus d'être de la même couleur ?! Moon, qui comme toujours sent mon tourment, pousse un petit gémissement et me dit d'une voix douce :

- Kate, ils sont très beaux, tes yeux...
- Tu ne sais pas ce que tu dis !


Ma voix est emplie d'une rage sourde, et Moon l'a bien senti. Elle baisse les oreilles et me fixe d'un air attristé. Flash prend la parole à nouveau ; elle aussi me fixe.

- Mais tu sais quoi ? Libre à toi de me mentir. Tu te protèges après tout. Enfin vous vous protégez.

Là, je retire mes mains de mes oreilles. Je n'ai pas menti. J'aurais pu lui raconter que lorsque mes parents sont morts, j'étais adolescente, et que je me suis retrouvée aussitôt à la rue. Mais non, je lui ai bien dit que cela avait été mon choix, que j'avais vécu en orphelinat et que je n'en avais plus pu. Mais qu'elle pense ce qu'elle veut. Moon a la gueule bée ; elle n'aime pas les disputes, aussi calme que soit le ton employé. Elle se dresse entre nous deux, aboie, gémit, jappe. Elle sourit, sort sa langue, tire ma manche et le pantalon de Flash. Mais aucune de nous n'y fait réellement attention. Lorsque Flash ramasse son sac, Moon pousse un grondement sourd, et tente de le récupérer avant elle, pour l'empêcher de partir. Mais trop tard, Flash l'a déjà, et elle tourne les talons en disant d'une voix basse :

- Je rentre chez moi. Encore merci beaucoup pour les photos. J'aurais jamais dû poser ces questions alors encore une fois excuse-moi. Ça a dû te refroidir ce discours, alors je comprendrais que je ne vous vois pas arriver chez moi ce soir... je... enfin... la porte est toujours grande ouverte.


Lorsqu'elle disparaît de notre vue, Moon n'y tient plus et pousse un long hurlement de loup. Un hurlement déchirant, empli du chagrin d'une séparation, si fort qu'il est certain que Flash l'ait entendu. Puis elle se tourne vers moi et me demande entre deux sanglots de chien malheureux d'un ton de reproches :

- Pourquoi tu n'as rien fait ? Pourquoi tu ne l'as pas empêchée de partir ? Pourquoi...?
- Je... Je n'en ai aucune idée.

Je détourne le regard. Ma colère semble envolée je ne sais où, mais j'ai trop peur qu'elle refasse trop surface, alors je me tais. Je n'ai pas envie de crier après Moon. Elle le sent et, après avoir jeté un regard dans la direction qu'a prise Flash, me dit d'une voix douce :

- Prends le temps d'y réfléchir, d'accord ? Je vais essayer de la rattraper. Il y a peut-être encore moyen de nous excuser.

Je ne réponds rien mais acquiesce en faisant un petit hochement de tête. Moon me donne un coup de langue amical sur la main puis s'élance sur les traces de Flash, coupant temporairement notre connexion mentale, me laissant totalement seule dans le parc, recroquevillée sur moi-même.

Moon court sur le chemin de l'appartement de Flash, sur la piste de son odeur. Jamais elle n'aurait imaginé les voir, elle et Kate, se disputer ainsi. Certes, elles avaient toutes deux souffert par le passé, mais elles devraient s'entraider, pas se crier dessus. Une petite voix lui chuchote que c'est la nature humaine, mais Moon refuse de l'écouter. Elle sait qu'il y a du bon dans Kate et Flash. Beaucoup de bon, mais elles n'en ont probablement pas conscience. Soudain, Moon aperçoit Flash, qui marche d'un pas soutenu devant elle. Elle a l'air terriblement fatiguée. Elle la rattrape aussitôt et lui fait la fête, en se dressant sur ses pattes pour lui lécher le visage. Puis, après de longues secondes de joyeuse bonne humeur, elle s'assoit juste devant elle, comme pour l'empêcher de passer. Elle sait que Flash a toujours moyen de l'ignorer, mais elle sait aussi qu'elle est capable de comprendre. Alors elle reste assise devant elle, à soutenir gravement son regard. Finalement, elle se lève et vient se frotter contre les jambes de Flash avec force, manquant de la faire tomber. Puis elle pousse deux aboiements brefs et jette un regard vers la direction du parc, avant de regarder de nouveau Flash. Elle espère, non elle prie, pour que Flash comprenne. Qu'elle et Kate sont allées trop loin, qu'elles n'auraient pas du se battre ainsi, que les excuses sont encore possibles. Qu'une amitié peut être sauvée.

Je suis assise dans l'herbe, les bras entourant mes genoux, la tête baissée. Des larmes coulent sur mes joues. Cela faisait longtemps que je n'avais pas laissé ce flot destructeur se déchaîner. Mais je n'ai pas la force de lutter, aujourd'hui. Alors je reste là, à pleurer de manière pathétique. Jamais l'absence de Moon ne m'a autant laissée vide et creuse. Je pleure jusqu'à ce que les larmes se tarissent. J'ai l'esprit vide, je ne pense plus. Une fois les larmes séchées, je lève la tête vers le ciel assombri du soir. Les quelques étoiles luisent faiblement. Je ferme les yeux, imprimant leur image derrière mes paupières, puis lentement, d'une voix rauque et brisée d'avoir tant pleuré, je commence à chanter. Tout ce qui me passe par la tête, tout ce qui me fait du bien. La berceuse que le père de Moon lui chantait la nuit venue, une chanson que j'apprécie et qui me semble appropriée en cet instant (hors RP : si vous voulez des références, la chanson en question est la superbe The Grey, de Icon for Hire ^^) et enfin, le chant clair et profond de Caanlumil, les paroles si mystérieuses et belles de ce chant légendaire parmi les canidés. Peu à peu, ma voix se défroisse, et les sanglots et les hoquets semblent lointains. J'ai toujours probablement les yeux rouges et gonflés, les joues rougies, mais plus rien dans ma voix n'indique que j'ai pleuré. Lorsque le chant de Caanlumil s'achève, j'entends au loin le hurlement de Moon. Un hurlement profond et grave, le hurlement du chant d'un chien qui y met tout son cœur. Elle m'a entendue, par esprit ou par oreilles, et me réponds.
Le chant, la ferveur de Moon dans cette chanson si particulière qui nous tient tant à cœur... ça m'a redonné courage. Je me lève, ramasse mes affaires et sors du parc. La nuit est belle, et éclairée par les étoiles, la lune, les lampadaires défaillants de la rue. Je marche vite, je cours presque, dans la direction que Moon m'indique. Et je la vois enfin. A côté de Flash, éclairée par la lueur jaune et froide d'un réverbère ; ses yeux d'azur brillent. Elle s'élance vers moi avec un hurlement de joie et je m'accroupis pour la prendre dans mes bras. Puis je me relève, sans cesser de la caresser, et, le regard fuyant de gêne, lance à Flash un peu maladroitement :

- Désolé pour toute à l'heure. Je n'aurais pas dû... Je n'ai jamais voulu qu'on se dispute. J'étais... aveuglée par... tout le reste. J'ai été égoïste, bornée et stupide, j'en suis sincèrement désolée.

Je plonge mes yeux dans les siens. Je ne sais pas si j'ai eu les mots justes, mais j'ai été franche, et c'est ce qui compte, non ? Je me penche vers Moon et lui caresse la tête, en espérant que Flash finira par me pardonner. Moon arbore un sourire radieux, heureuse que j'aie finalement décidé de faire un pas en avant pour m'excuser. Elle me lance un regard rayonnant et me murmure en esprit un mot, un seul, empli de toute son émotion :

- Merci.

En retour, je passe tendrement ma main dans son cou et elle ferme les yeux d'aise.

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MessageSujet: Re: Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD   Dim 17 Juil - 15:28

J’entends un chien hurler à la mort, dans mon dos. Je n’ai aucun mal à deviner Moon, étant triste de mon soudain départ. Comment ai-je pu partir comme ça ? Des larmes inondent mon visage, l’une des deux m’apprécie à ce que j’entends. Ce hurlement me déchire le cœur, déjà bien lourd du passé. Je me mêle alors aux gens, qui passent à mes côtés indifférents à ma douleur. Mais comment ne pourraient-ils ne pas l’être ? Je suis quoi en fait hein ? Juste une pauvre gamine qui a été abandonné par une mère sans aucunes explications. A part le départ de mon père, ma mère et moi vivions heureuses, sans soucis. Alors pourquoi ? Pourquoi est-elle partie ? Pour… ce que je suis ? En vrai je ne suis pas tout à fait normale… tout le monde croit que es cheveux est la suite d’une coloration mais il n’en ait rien. Je suis née avec ces cheveux bleus électriques. Je n’ai jamais cherché à savoir pourquoi et si c’était mes origines… en fait… je ne sais rien de moi. J’étais trop jeune pour y songer. Et maintenant cette frustration et colère et retombée sur Kate. Peut-être ne mentait-elle pas finalement ? Mais qu’importe, le mal est fait, je me suis excusée et ça lui a fait ni chaud, ni froid. Elle et Moon partiront bientôt et m’oublieront. Et moi je serai de nouveau seule, incapable de faire ce que je veux et torturée par un mec qui couche aussi avec sa sœur.

Je marche déjà depuis un bon moment. Je vois déjà se profiler le bâtiment où je réside lorsqu’un éclair noir passe à mes côtés et se plante devant moi en me faisant la fête. Je sourie tristement. Moon est bien gentille mais elle ne devrait pas être là. Je reste plantée sur le trottoir dont la population diminue. Moon essai de me lécher le visage et je ne résiste pas. Puis elle se plante devant moi. Voulant m’empêcher de passer. Finalement elle revient à la charge en se frottant avec force contre mes jambes et alors elle aboie et regarde le parc. Que cette chienne est intelligente ! Elle sait que Kate et moi nous sommes criées dessus. Je m’accroupis pour me mettre à sa hauteur et la caresse. Mais finalement, je m’assois par terre et lui enserre le cou, y pleurant à chaude larmes.

-Si tu savais Moon… comment je m’en veux. Je n’aurai jamais dû parler de ça à Kate… je… je connais cette douleur en plus. Que je suis égoïste ! Pardonne-moi Moon

Je ne sais pas combien de temps je reste à pleurer dans le pelage de Moon mais une fois que les larmes se tarissent enfin je me relève en la caressant doucement. La nuit est là désormais. La pollution lumineuse m’empêche d’apercevoir la voie lactée qui doit être magnifique. J’aperçois un banc sous un lampadaire et je m’y rends pour réfléchir un peu car je suis perdue. Moon reste à mes côtés. Puis soudain, Moon se met à hurler. Un chant profond, empli d’une chose mystique, ancestrale. Emue, je dévisage Moon entamer ce long chant qui doit couler dans ses veines depuis des millénaires. Puis au détour d’un coin de rue, je la vois. Kate s’avance en courant et Moon s’élance en hurlant de joie. Kate s’accroupit et la chienne saute dans ses bras. Puis, maladroitement, fuyant mes yeux Kate me dit :

- Désolé pour toute à l'heure. Je n'aurais pas dû... Je n'ai jamais voulu qu'on se dispute. J'étais... aveuglée par... tout le reste. J'ai été égoïste, bornée et stupide, j'en suis sincèrement désolée.

La surprise m’empare, je ne m’attendais pas à cela. Je bafouille :

-Je…euh… c’était aussi de ma faute Kate. Je suis… désolée.

Je fixe ses beaux yeux vairons et l’observe caresser Moon avec un amour illimité. Je sourie devant ce magnifique duo. Elles ont dû bien se trouver. Je me lève en essuyant les dernières larmes et lui demande :

-On rentre ?

Peut-être que Moon a sauvé une amitié finalement. Si c’est le cas, jamais je ne pourrai la remercier assez.
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Quand la déprime te frappe, est-ce que une âme charitable te quérie à chaque fois ? (PV Yéyé) -18 ans s'abstenir XD
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